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Biographie > Heavy stoner crossover

Si Kyuss avait décidé de se payer un petit crossover avec Clutch, qui aurait lui-même picolé pas mal avec Led Zep, Soundgarden et Stone Temple Pilots, pour finalement finir la nuit avec Down, sans doute que l'on aurait abouti à quelque chose de vraiment cool. Par chance, Jesse Leach, l'ex-gueuleur de Killswitch Engage (ou KSE pour les intimes que nous sommes, sic) a eu la riche idée de se lancer dans un projet ressemblant trait pour trait à notre petite intro. Et le résultat mérite largement que l'on y pose les deux tympans et plutôt deux fois qu'une... car bien que méconnus de ce côté de l'Atlantique, les ricains de Seemless proposent rien moins qu'un véritable crossover entre stoner bluesy alcoolisé et heavy metal crasseux, pour un résultat qui ne peut que s'attirer les faveurs des amateurs du genre. Après un premier album éponyme en 2005 en forme de coup d'essai, le combo remet le couvert l'année suivante avec le choc frontal "What have we become", le gros pavé dans la marre d'une scène nord-américaine trop souvent à genou devant les émo-kids acnéiques toujours prêt à faire vibrer le tiroir-caisse.

Seemless / Chronique LP > What have we become

Semless : What have we become Seemless et son alliage addictif de stoner blues ambiancé et de heavy metal qui tabasse est sans aucun doute la grosse mandale rock (hard) du moment. Car on ne va pas tourner cent sept ans autours du pot, leur deuxième galette est une bombe. De celle que l'on attendait pas forcément d'autant qu'à l'origine, le groupe ne semblait pas forcément pour tailler des croupières aux cadors du genre, mais plutôt destiné à n'être que le sympathique side-project d'un ex-KSE. Imaginez un peu : encore un énième combo se revendiquant "stoner-metal" depuis que ses membres ont décidé après une beuverie de mélanger un bon cocktail "high energy" se voulant bien frais mais qui ne donne finalement que dans le réchauffé rapidement lassant... c'est un peu ce que l'on pouvait craindre de Seemless. En somme, tout pour aiguiser la lassitude du chroniqueur devant une énième sortie donnant dans le genre "rock power-burné" mais guère efficace sinon complètement inoffensif. Soit, mais ça c'était avant la dépose délicate de What have become sur la platine CD... et donc le choc frontal avec un groupe qui en a sous le coude... voir un peu en dessous.
"In my blood", premier acte de la démonstration. Hurlements rageurs, riffs sulfuriques, batterie bulldozer, structures basiques mais refrains guerriers, le tout dans une ambiance très "stoner-metal", ce premier titre débroussaille à la tronçonneuse et le groupe se charge de planter le décors dès les premiers secondes. En clair, ça va chier. Ici on n'est pas là pour rigoler mais pour se prendre une grosse rafales de riffs dans les gencives, le tout arrosé d'une bonne rasade de whisky pur malt pour ne plus rien sentir après. La suite sera du même tonneau. Avec des brulôts stoner metal comme "Cast no shadow" ou le single "Eyes of a child", Seemless mélange allègrement vocaux hardcores et refrains mélodiques pour nous servir un distillat aussi puissant que salvateur ("Seven", "Maintain"). N'oubliant pas de baigner son album dans une atmosphère caniculaire à souhait (le bluesy "... things fall apart"), le groupe fait parler les décibels et s'il n'innove que très rarement, reste toujours ultra-efficace... Guitares aiguisées, production énormissime, compo simples mais massives, What have we become, est une compilation de tueries power stoner-metal taillées dans le marbre, à l'interprétation sans faille. Pour faire court, en live, ça doit déboîter des rotules. En tous cas, sur CD, c'est déjà foutrement jouissif. Après la collision transversale El Caco il y a quelques jours, on n'en demandait pas plus, Seemless met le paquet et rafle la mise. Veni, vidi... et vici.