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Sarazvati : Happy Kali YugaDoit-on faire confiance à un groupe dont la pochette représente une invasion d'extraterrestres dont les soucoupes ressemblent à des pots de chambre, et les vaillants sauveurs de la Terre à des clones de Goldorak, nourris aux soupes amaigrissantes ? Un groupe dont le logo fait penser à un dollar et qui voudrait nous faire croire que Sarazvati est "une structure supra-nationale spécialisée dans l'export de légumes géants, qui a recourt à la sous-traitance, que ce soit en faisant appel à des girafes surdouées ou à des lièvres unijambistes".
Et qui nous rappelle que nous vivons dans l'ère du kali yuga, l'âge de fer, connu comme étant l'âge des conflits et devant s'achever prochainement par la destruction totale de l'humanité. Happy kali yuga constituerait très certainement une bonne bande-son à cette invasion apocalyptique déjantée et illuminée, version moderne des parodies de Godzilla.
Happy kali yuga, c'est un peu le disque qui aimerait convaincre les amateurs d'indie-rock d'envahir les dance-floors. Lorgnant ostensiblement de l'autre côté de la Manche dans les jupons des grands pourfendeurs de la brit-pop, les quatre Lillois utilisent les samples pour booster leur électro-rock, qui doit autant à Cake, qu'à Beck ou Gorillaz.
Sarazvati pioche allègrement dans un répertoire de sonorités et de riffs aguicheurs de la culture rock de monsieur tout le monde. Bien entendu, dialogues et bruitages de science-fiction fournissent la matière première à ce disque, qu'on aurait presque tendance à prendre pour une parodie. S'il ne fallait en donner qu'un exemple, cela serait certainement "Oysters". Porté une rythmique qui nous rappelle nos cinq ans et notre époque batterie-casseroles, et un chant maniéré à l'extrême, le titre est traversé par une voix off yaourt. "Qu'est ce que tu dis, quoi, tu es fou ?", lance le chanteur d'une voix de fausset efféminé.
Avec Sarazvati, difficile de savoir sur quel pied danser. Avec ses mélodies accrocheuses, et qui si elles ne vont pas révolutionner le genre, s'avèrent plutôt efficaces, Sarazvati s'aventure sur des sentiers déjà bien labourés. Certainement un peu trop racoleur pour les puristes, mais plaisant.

Anne
Décembre 2005

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