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Qu'est ce que c'est, en fait, que la Ruda Salska ? Un groupe de potes qui jouent du ska ? Et bien non ! ! C'est donc une formation pratiquant le rock 'n' roll ? Non plus ! la Ruda Salska, c'est un peu tout ça à la fois ! 50% rock, 50% ska pour le bonheur de tous ! Le gang de Saumur flanqué de 8 musicos est avant tout fait pour la scène qu'ils côtoient depuis des années, bien avant que toute cette hype autour du reggae et de ses dérivés ne revienne à la " mode " ! A l'instar des Marcel et son orchestre et de Sinsemilia, la Ruda a connu toutes sortes de galères et d'aventures avant d'obtenir cette reconnaissance en signant sur le label Yelen à la suite du 2ème album du groupe L'art de la joie. A force de tournées incessantes et de morceaux dévastateurs, la Ruda Salska est décidément un des représentants majeurs de la scène reggae ska actuelle en France.

Interview : La Ruda Salska, l'interview aux Vieilles Charrues (juillet 2000)

La Ruda Salska / Chronique LP > Dans la vapeur et le bruit

La Ruda : Dans la vapeur et le bruit (CD) On ne va pas se le cacher, la Ruda est un groupe qui s'est forgé une réputation sur la route. Les mectons ont bouffé du kilomètre, joué sur des centaines de scènes, et rendu fou des milliers de spectateurs. Pour avoir vu la formation une bonne dizaine de fois (si ce n'est pas plus), j'ai toujours été impressionné par ce coté énergique développé par le grand orchestre de la Ruda. Avec l'expérience acquise durant toutes ces années, les angevins ne sont pas blasés et ont besoin du "live" pour (sur)vivre. Alors, il n'est pas étonnant de voir sortir par Wagram un double album live, Dans la vapeur et le bruit, double galette qui résume presque à elle seule toute la vie de la Ruda. Il est vrai qu'en 2000 les gaziers avaient déjà sorti un LP live, la Ruda Salska en concert. Et alors, les Stones en sortent un disque live après chaque tournée (belle comparaison, je parlais pas pour la zik mais pour la notoriété !). Soyons sérieux, Dans la vapeur et le bruit tombe à point nommé pour un groupe qui a déjà quatre albums studio à son actif en douze ans d'existence, et pour un chroniqueur qui a prêté le précédent live du groupe et qui ne l'a jamais récupéré. Les dernières tournées pour les deux précédents albums qu'on avait qualifié de plus "posés" ont tout de même été jouissives, et ce nouveau live permet de retranscrire ce qu'est la Ruda en 2005 : un groupe de rock.
Enregistré au Chabada à Angers pendant trois jours en décembre 2004 (ça va les jambes narvalo ?), la Ruda a fait coup double en gravant sur galette une sorte de best of le plus rock possible et en filmant leurs prestations confinées dans un dvd agrémenté d'un dvd bonus retraçant la vie d'un groupe en tournée, en stud', la vie d'un groupe de rock quoi ! En ce qui concerne le disque, double en l'occurrence, remarquons le travail soigné du livret et des covers. Photos absolument magnifiques de notre ami Steward Ravel, émo glammeur à ses heures perdues et excellent photographe. Du gros travail. En on en oublierait presque la musique. Impossible vous répondrais-je. Le disque bastonne véritablement. Franchement, on s'y croirait. Le son est très très bon, l'énergie est perceptible, le public gueule tout le long (comme en concert, comme en vrai quoi !) les guitares sont tranchantes, la rythmique est béton, les cuivres apportent un truc en plus, surtout sur les derniers morceaux de 24 images/seconde. Evidemment, on trouvera toujours quelques petits défauts par ci par là (les refrains au chant sont parfois un peu bancals comme sur "Affaire de famille" ou "24 images/seconde", mais voilà, c'est du brut, un condensé de sueur, des amplis qui poussent dans le dos, des sauts sur scène et des mimiques diaboliques, alors). Il faudra attendre le septième titre "24 images/seconde" pour souffler un peu et entendre le groupe lâcher un peu de pression avec un titre plus calme que les précédents ("Le bruit du bang", "Profession détective", "Pensée malsaines", ...). Puis, c'est reparti avec des titres ultra rock ("Tant d'argent...", "Le pieux et la potence"), ultra speed ("Le prix du silence", le génialissime "Orange" ska en studio et punk rock en live !), ultra punk ("L'eau qui dort" : mais pourquoi pas de duo avec Destiny Childs sur ce disque ?) ou bien ultra classes ("Naouel", peut être une de leurs meilleurs chansons). Le groupe ne pouvait tout de même pas sortir ce disque sans des morceaux "ska" ("Trianon") qu'ils exécutent avec beaucoup de talent. Mais se même à moi ce sentiment bizarre : merde, la Ruda est un groupe rock. Ils ont réussi à imposer preque naturellement dans leur jeu et dans l'interprétation de leurs anciens morceaux ce coté rock et absoudre leur image de groupe ska "festif" (qui pour moi n'a jamais joué dans ce registre, au même titre que les Marcel). Alors que se termine tout en finesse le premier disque, il est temps d'enfourner le deuxième objet tout rond et tout fragile avec, en ouverture, encore un morceau figurant dans mon top cinq, "L'odyssée du réel", exécuté une fois encore tout en finesse et en retenue. Les cuivres sont magiques, tous les musiciens jouent le morceau comme si c'était le dernier qu'il jouait de leur carrière. Avec classe. Auquel succède le bordel organisé du "Stadio", lui aussi titre originellement ska et joué avec des guitares tranchantes. Grosse patate dans l'interprétation. Le reste ne lâchera pas la pression ("Carnet d'une égérie", "Paris en bouteille", "L'art de la joie","Histoires improbables"). Le seul dommage est peut être de terminer ce deuxième disque avec "Louis", dernier morceau qui n'est pas déplaisant mais que je ne trouve pas à la hauteur des précédentes compos rock du groupe. Mais bon, c'est un avis personnel qui n'engage que moi.
En tout cas, pas de doute possible, la Ruda nous gâte avec ce double album qui retranscrit avec brio ce qu'est le groupe en "vrai" : humain, naturel, puissant et talentueux. En attendant de voir les images dans une prochaine chronique !

La Ruda Salska / Chronique LP > 24 images/seconde

24 images/seconde On l'attendait ce foutu disque. En tout cas, pour avoir suivi l'actualité du groupe assez régulièrement grâce aux newsletters du groupe, les amateurs de la troupe de la Ruda (fini le Salska !) comme moi ont su patienter avec des infos et des humeurs des morceaux. Ils avaient prévenus, ils ont tenu parole, les gars de la Ruda 2004 seront rock ou ne seront pas. Alors oui, c'est vrai, on peut être étonné de la tournure des évènements pour un groupe qui a démarré en claquant pas mal de titres festifs, notamment sur le premier album, mais il faut se rendre à l'évidence que 24 images/seconde est un album logique. Logique et puissant. Puissant et tripant. Tripant et...juste. Alors, tout de suite, mettons de coté les éventuelles reflexions de retournage de veste ou opportunisme vers un style qui semble revenir en force. Et intéressons nous aux brûlots servis par les huits angevins. Premier constat, et de taille : le rock de la Ruda est burné. Burné au niveau des guitares, qui prennent énormément d'ampleur sur ce disque ("Paris en bouteille", "Pensées malsaines", le punk "l'eau qui dort" et bien d'autres !!!). La batterie joue le jeu du punk et de la puissance, ça frappe fort et c'est ce qu'on aime. la Ruda réussit à nous faire suer alors que la tournée n'a pas encore débuté. Et c'est bien une des premières fois que ça arrive. Ensuite, et deuxième bonne surprise, les cuivres ne font pas de remplissage. Non pas que ce fût le cas auparavant, mais à l'écoute des bombes de 24 images/seconde, on a l'impression que les sax, trombone et autre trompette sont d'une cohérence incroyable avec les autres instruments. C'est flagrant et c'est carrément intelligent. Tous les instruments sont mixés à égalité, et paradoxalement, c'est comme ça que chacun d'entre eux se distingue des autres. Concernant la prod et le son, bien sûr, rien à redire là dessus, tout est nickel. Mais ce disque n'est pas seulement rock à sens unique. Evidemment, le groupe explore quelques pistes dansantes et en contre temps, comme pour le très Skatalites "Chanson pour Sam" d'une justesse et d'une finesse jouissive, et autres skas comme "L'époux des rancoeurs " proche d'une bonne humeur à la Babylon Circus ou le très léger "Tonio". Bref, rock ou ska reggae, la Ruda restera toujours la Ruda. Vif comme l'éclair et léger comme une plume, qui sait triturer les Les Paul et caresser la caisse claire sans jamais perdre en crédibilité. L'ensemble a été épuré, ça fait du bien, retour aux racines dans le plus simple appareil. Et le groupe explore également des pistes très interessantes, très ambiantes comme pour le merveilleux "Naouël", à l'intro electro très mysterieuse et au refrain béton rock. Une grande réussite. Seul petite ombre au tableau, le choix du premier single pas très représentatif de ce disque. Peut être pour rechercher un nouveau public. Enfin, tout ceci n'est qu'un détail par rapport à un disque d'une qualité indéniable à la maturité bien huilée. Bien sur, je ne parle pas des textes, ils sont toujours aussi irrésistibles, et plus besoin de livret pour comprendre tous les poèmes de Pierrot. Que demande le peuple? Des concerts à la hauteur de la qualité de cette galette. Et ils vont nous en servir, des concerts puissants. Je suis pas devin, mais je le sais. C'est la Ruda, merde !!!

La Ruda Salska / Chronique LP > Passager du réel

la ruda salska : passager du réel Parler d'un nouvel album de la Ruda Salska est toujours difficile pour moi. Car en tant que franc admirateur de ce groupe, j'ai peur de ne jamais être objectif. Mais à l'écoute de Passager du réel, pas de doute : c'est une grande claque dans la gueule que m'administre ce skeud. Non, ce disque n'est pas un art de la joie bis ou une pale copie du prix du silence. Rien de tout ça. la Ruda ne pouvait pas refaire les mêmes albums. La nouvelle production a en fait un point commun général à tous les albums studios de la bande de Saumur. La classe ! Et ouais, Passager du réel est un album de toute beauté, et ce à plus d'un titre. D'un point de vue général, la production est énorme, mais c'est normal quand on passe chez Andy Lyden, responsable du son de U2, Marley ou nos Wampas. En plus du son, les compos et la Ruda en général sont plus matures. Pour la première fois, tous les textes chantés sont compréhensibles sans le livret. Une multitude de petits trucs qui font de cet album une belle réussite. la Ruda maîtrise les ambiances comme cet "Odyssée du réel", qui délivre progressivement tous les instruments des musiciens de Saumur, sorte d'introduction où la machine infernale se met petit à petit en route. De nouvelles sonorités accompagnent le retour de la Ruda, disons des sons plus "pop", sans pour autant perdre l'énergie du rock et la finesse du ska. "L'empire du moi" en est une magnifique illustration : tempo très doux, puis une rage qui s'installe démontrée par des cuivres reconnaissables entre 1000 ! Tout l'album sera une succession de titres qui ont mariné dans une marmite avec une potion secrete façon Ruda Salska. Sans vouloir abuser, je suis persuadé que chaque chanson de cet album est un titre à forte personnalité qui dégage le petit truc pour en faire un single, bien que la démarche du groupe ne soit pas dans ce sens. Non, la Ruda Salska n'a pas viré dans le coté obscur de la chanson commerciale, la Ruda a tout simplement évolué et apporté quelque chose à son ska rock déjanté qu'il à joué pendant des années. Passager du réel recueille des brûlots synonyme de slam en live, tels "Histoires improbables" ou surtout "carnet d'une égérie" d'une puissance caractéristique aux productions de L'art de la joie. Les traditionnels morceaux ska avec des guitares qui volent à 100 à l'heure et des cuivres survoltés sont bien sur de la partie, comme "La comédie à la française" où le style de la Ruda Salska s'impose comme une référence dans le genre ou "Profession détective", très polar dans les textes et la musique. la Ruda ne joue pas qu'avec l'énergie, elle est assez expérimentée pour se risquer, avec brio, à des morceaux plus posés aux ambiances plus cool. Et là, ça fait mouche ! "Indianapolis" apporte ce petit coté de calme, feutré, quelquefois mélancolique. Toujours rock 'n' roll, la Ruda a réussi son virage vers des morceaux plus murs, plus leger comme "Héros cherche aventure", "Des tambours et des hommes" ou "Les maux dits", certainement plus accessible pour un nouveau public mais néanmoins super efficaces. Tout cela sonne car la Ruda Salska reste la Ruda, le groupe de Saumur sur la route et dans la galère depuis 7 ans, le groupe qui a sué le maillot en jouant toujours au taquet. Et puis il y a la magie Ruda, ce style qui est reconnaissable dès la première mesure. Mention spéciale dans ce disque pour Pierrot et ses textes d'une splendeur irréprochable. Chaque phrase, chaque mot a un sens, on se sent traversé par multitudes émotions à la lecture des paroles d'un bonhomme qui, sans crier gare, s'impose véritablement comme un des meilleurs dans son domaines en France.
Dansant, posé, intelligent, rythmé, voilà quelques qualificatifs qui reviennent pour partager e quelques mots les sensations que j'ai ressenti à l'écoute de ce très abouti 3ème album studio de la Ruda Salska. Il n'y a rien d'autres à dire. C'est à vous de savourez. Fermez les yeux et laissez vous transporter dans l'odyssée du réel !

La Ruda Salska / Chronique LP > la Ruda Salska en concert

la ruda salska en concert Automne 2000, le froid est de retour, le ciel gris prend ses marques. Pourtant, un rayon de soleil fait sa place sur les platines : un disque plein de chaleur et d'incandescence à la photo de cette pochette rouge symbolisant le feu : la Ruda Salska en concert ! Putain, CE disque tant attendu par ce groupe qui a la réputation extraordinaire de cadors des planches !! L'intro commence, comme pendant le Razzia Tour et le Narvalo Tour, avec le thème de "Rock ska goods" revisité par un accordéon ! ça chauffe, la transpiration sera de mise ! Car même si ce n'est qu'un disque, il suffit de fermer les yeux pour se retrouver dans une salle de concert où la Ruda a tout explosé. "Imperator", qui est devenu maintenant "L'instinct du meilleur", est un instrumental qui signale l'arrivée du grand Orchestre de Saumur ! Que c'est bon tout ces rythmes endiablés ! "la Ruda Salska vous salue et vous remercie d'avance pour le bordel que nous allons foutre ensemble vous, nous, ensemble dans cette putain de salle !" le ton est donné et c'est parti pour 74 minutes de ska et de rock gratinés et énergiques ! On rentre dans le vif du sujet avec "Barton Killer" plus ska que jamais ! La batterie tape, la basse est fluide, les grattes s'enflamment et les cuivres nous mettent à genoux ! Ca continue avec "Selon", toujours du deuxième album de la Ruda, intro cuivrée, batterie endiablée, c'est partie pour la fête. "Que le bon l'emporte" enfonce le clou pour notre grand plaisir. Dédicace à Nanard Ménez : "musique, générique, rocksteady", la Ruda développe. Encore une histoire de gangster qui se termine mal et l'excellent "Prix du silence", l'histoire du taulard qui aura sa vengeance : rock et ska font bon ménage et la puissance du live renforce l'aisance du groupe à évoluer dans plusieurs ambiance. La preuve en est encore faite avec "Unis" contre tous ces cons qui n'aime que leur pays. Chanson antifasciste du deuxième opus, "le Gauche" alterne encore rock lourd et ambiance feutré . Yes ! S'ensuit "numéro 23" très jazzy, "tant d'ar$ent dans le monde" et son rock ska efficace, "l'art de la joie", toujours avec cette fougue de tout vouloir bousculer sur son passage . "Orange" et son refrain fédérateur ("mélangeons nos cultures, pratiquons l'ouverture"), ainsi que "le devoir de mémoire" culminent avec leur esprit antifasciste. La pression baisse un instant avec "taper la manche" et ses rythmes ska reggae débordant sur le ragga... "Petit morceau de ROCK 'N' ROLL" sur le thème de la propension à un groupe comme La Ruda d'enflammer les planches, "L'école des sous sols" achève l'auditeur et le spectateur avec sa cadence élevée. Le gang de la Ruda Salska continue avec "Trianon", ska entraînant. Le disque se termine avec l'énergie du grand "Bruit du bang" qui ouvrait L'art de la joie et qui ferme ce live de fort belle manière. Pour fermer la boucle, encore un instrumental agrémenté de quelques slogans.
Auditeur, ramasse tes dents, tu viens de te rendre compte que la Ruda Salska vient de te mettre une claque incroyable, et non, tu ne pourras pas t'en remettre, c'est terminé, la Ruda Salska est en toi ! L'énergie développée par ce skeud est incroyable, et la prochaine tournée consécutive au prochain LP studio est attendue comme jamais !

La Ruda Salska / Chronique LP > L'art de la joie

la ruda salska : l'art de la joie Printemps 1999, alors que les beaux jours reviennent, la Ruda sort son deuxième disque intitulé L'art de la joie. Le groupe, à force de tourner sans cesse et avec l'expérience d'une première production, a mûri et c'est tant mieux. 1ère constatation, le son : il est nettement plus proche de l'esprit "live" du groupe. La batterie claque fort, les cuivres sont énormes et les guitares incisives. Comme l'explique le chanteur Pierrot, la Ruda Salska a pour caractéristique de jouer une musique mélangeant le rock et le ska. Et c'est vrai qu'avec ce disque et ce son beaucoup mieux travaillé, on se rend compte que la formation passe d'un rock très lourd à un ska très festif et ce avec beaucoup d'aisance. C'est ainsi que le disque ouvre avec un "bruit du bang" super musclé avec de grosses guitares et des cuivres omniprésents. Puis la pression est maintenue avec "Selon", titre très ska qui oblige l'auditeur à danser n'importe où il se trouve. "Que le bon l'emporte" et "Rien venir" jouent sur ce contraste rock-ska. Puis vient l'hymne anti-capitaliste de l'album, "Tant d'argent dans le monde" qui mélange au sein du morceau du rock et du ska, et ce avec une fluidité déconcertante. L'harmonie et la cohérence sont de mise. Et l'auditeur est ensuite replongé dans l'époque où Paris s'appelait encore Paname et où les truands avaient la rose au costume, à la grande époque du banditisme : "Du rififi chez les branques" avec ses textes Audiardiens nous livre un ska très fin et léger. La fête, toujours la fête avec "l'affût du ram-dam" et ses rythmes chaloupées et rentre dedans à bloc ! S'ensuit un ska teinté de jazz nommé "numéro 23". "Toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé ne serait que pur coïncidence" : "Le gauche",c'est l'histoire de Catherine Mégère la fasciste sur un tempo entraînant et basculant dans un ska très lent !! C'est ça la Ruda Salska : une musique festive et débordante d'énergie accouplée à des textes forts et graves, comme pour créer une sorte de contradiction, et ainsi mieux faire ressortir ces contrastes qui se combinent ici à merveille. "L'art de la joie", le bien nommé, le ska flirtant une nouvelle fois avec le rock lourd ("la joie ne s'enferme pas...non ! la joie ne s'enferme pas, elle fait don puis s'en va, elle n'appartient qu'à qui la croit"). Le morceau le plus festif pour des textes correspondant bien au groupe, c'est "l'école des sous-sols", où l'histoire du live sous un fond de rock 'n' roll et de bonne humeur assurée ! ("...Au royaume des slam et larsen ...et que le feu prenne !"). "Anathème" développe encore la recette miracle du grand orchestre de la Ruda Salska, mais le clou de ce disque réside inévitablement dans ce magnifique "Barton killer" qui clôture cet album, sur un tempo hyper rapide fondé sur le ska. Les histoires d'amour tumultueuses de Barton sont entrecoupées d'un solo de sax puissant, pour finir sur un rythme jazzy plus que précis dans un tempo si différent du début du morceau que la réussite est complète !
L'art de la joie est un album plus que réussi, avec une production à la hauteur du groupe qui prouvera par de multiples concerts que ces chansons méritent le détour !

La Ruda Salska / Chronique LP > Le prix du silence

la ruda salska : le prix du silence C'est en 1996 que sort Le prix du silence, album auto-produit et distribué par Tripsichord. Après une introduction très orientale, le gang annonce la couleur du rythme et de l'énergie : "Orange", véritable hymne antifasciste et fédérateur à souhait ("mélangeons nos cultures, pratiquons l'ouverture") Déjà, le ton est donné et on peut s'attendre à des morceaux rentre dedans et à des textes intelligents ! Suit "Stadio" et l'histoire d'un match de foot sur un rythme d'enfer mené par le ska et la distorsion. "Taper la manche" ou les galères d'un musicien, emboîte le pas, et c'est le grand "Prix du silence" qui fait rentrer l'auditeur dans la transe. "Le prix du silence" est un retour à la grande époque du banditisme, l'époque où les balances sont récompensé par la mort ("se taire, surtout ne pas dérailler sinon c'est le prix du sang"). Un seul titre en anglais sur cette album et c'est un pur ska traditionnel "Roots ska goods" Encore une fois, le ska et le rock alternatif font bon ménage sur cette nouvelle chanson appelant au rapprochement des peuples devant la connerie humaine, "Unis" ("soyons solidaires, soyons unis et faisons face"). S'en suivra "Trianon", hymne à leur cantine du coté de Saumur où il fait bon aller, "See Paname and die", le mi-ska mi-reggae teinté de funk, "frères Volfon " et l'énorme "Devoir de mémoire" en rapport à la seconde guerre mondiale et à ses conséquences que l'on a vite fait d'oublier ("attention car sinon hier sera demain"). En tout 10 titres qui, paradoxalement à son aspect musicalement festif, abordent des thèmes très sérieux et réfléchis, ainsi que des dialogues et des ambiances à la Audiard. Le son, légèrement amélioré grâce à la remasterisation de l'album par Yelen lors de sa réédition, renforce l'idée que l'album a été enregistré avec les moyens du bord mais la bonne tenue des titres fait oublier ce petit inconvénient. C'est roots et c'est ce qu'on aime.