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Biographie > RQT quoi ? ah N.... ok

"Projet solo post-rock, rock minimaliste à deux balles avec canapé lounge posé en haut du mont Fuji" (sic), RQTN est une entité menée par Mathieu Artu (ex-Atheist Prayer), adepte d'un post-rock évanescent sertis de mélodies feutrées. Collaborant notamment avec Greg Hoepffner (ex-Notion Aura, Radius System, Time to Burn), RQTN signe sur le label Swarm of Nails Records (Einna, Torn in my pride...), via lequel sort un premier EP : We were... we are au printemps 2008.

Interview : RQTN, rIqTnW (Juin 2008)

RQTN / Chronique LP > Monolithes en mouvement

RQTN - Monolithes en mouvement Ecrire... composer. Coucher sur papier ses états d'âme, des instantanés de vie, mettre en musique les émotions qui nous assaillent de toutes parts, se laisser porter par elles et en extraire ce substrat sonique que l'on façonnera patiemment dans son coin avant de le dévoiler à ses semblables. L'écriture comme un miroir émotionnel, ces quelques instants extatiques au cours desquels, l'inspiration jaillit sans que nous puissions réellement la provoquer... encore moins la contrôler. En écoutant Monolithes en mouvement, difficile de ne pas se dire que tout RQTN est déjà dans ces quelques lignes. Un premier disque long-format après deux EPs qui déjà, avaient levé le voile sur un éventail des possibles d'une rare élégance. En toute subjectivité, on appelle aussi ça le talent...
Disque de noctambule insomniaque porté par des mélodies effleurant l'âme de ses harmonies veloutées, des jeux de silence savoureusement ouatés avant que les arrangements intelligemment distillés ne viennent délicatement ouvrir la porte de l'imaginaire, Monolithes en mouvement suit fidèlement le cheminement de ses prédécesseurs, tout en évoluant. Presque comme si de rien n'était. Panoramique, dépouillée du moindre artifice et pourtant patiemment ciselée, la musique de RQTN raconte une histoire. De celle que l'on ne peut évoquer avec des mots mais plutôt des silences, toute en retenue, surtout lorsqu'elle verse, sans fausse pudeur dans l'explosion intimiste. Se laissant naturellement aller, tout en se dissimulant paradoxalement derrière des titres elliptiques à interprétation variable.
Une poésie des sens, une mélancolie douce et sensorielle à la légèreté qui contraste avec les Monolithes du titre, une musique effectivement en mouvement(s), amples, gracieux et qui parviennent sans effort à arrêter le temps. En laissant se mouvoir ses compositions comme un grand maître déplacerait ses pions sur un échiquier, RQTN offre au mélomane le plaisir de l'accompagner dans sa quête d'absolu musical. Une invitation à l'errance onirique le temps de neuf morceaux qui viennent ne former plus qu'un sur une feuille blanche désormais noirci de notes et silences fugitifs et éphémères. Une partition d'une rare maîtrise artistique. Nouveau chapitre d'une oeuvre rare que l'on espère inachevée, le premier album long-format du projet RQTN en appelle donc fatalement d'autres. A suivre...

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RQTN / Chronique EP > RQTN

RQTN EP A l'origine prévu pour être une collaboration de Mathieu, celui qui se cache derrière les quatre lettres de RQTN, et Florent, vocaliste d'Einna, finalement avortée, ce nouvel EP est finalement tout aussi instrumental que We were... we are d'où la tentation assez prévisible de se dire qu'il va forcément manquer quelque chose à cet effort éponyme... Et pourtant, il n'y a aucun suspens. En trois titres, RQTN démontre que l'on est dans l'erreur. Dès "Hope", l'émotion qui se dégage des arrangements à cordes nous submerge littéralement . Mélodies à fleur de peau, progressions harmoniques subtilement distillées, un clavier qui fait émerger des sensations rares, le ressenti est unique et la cinégénie, peu commune. Ambiances comme sorties du temps, un morceau crépusculaire, une lueur d'espoir à travers la nuit... une vraie pépite que l'on rêverait de voir figurer sur une bande-son de court ou long-métrage.
Après un tel coup d'éclat, difficile de retrouver la lucidité nécessaire pour parler de la suite et notamment "The edge". RQTN est en prise directe avec notre âme, faisant l'air de rien voyager notre esprit à travers les limbes d'une mélancolie feutrée. Instrumentations qui oscillent en permanence entre clair et obscur, écriture raffinée, le temps semble désormais suspendu au bon vouloir de Mathieu, comme figé sur une ligne invisible nous guidant à travers le brouillard nostalgique qui enveloppe la musique du projet. Quelques touches électro, une dominante post-classique et toujours ses rêveries solitaires qui nous transportent dans un autre monde. Troisième et dernier acte de cet effort avec "Wires", petite merveille électro/classique baignant dans un halo de douceur désenchantée avant que quelques éclairs lumineux et électriques ne viennent boucler la boucle. Définitivement ? Où ira RQTN après cet EP... on ne sait pas encore exactement, l'avenir du projet étant actuellement suspendu aux désidérata de son géniteur. Dans l'immédiat, on se contentera donc d'attendre... et d'espérer...

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RQTN / Chronique EP > We were... we are

rqtn_we_were_we_are.jpg Il y a trop de formations évoluant dans ce courant musical que l'on appelle "post-rock", c'est une évidence. Au fil des mois (années?), on s'est retrouvé dans une configuration où les groupes se clonaient eux-mêmes jusqu'à n'en plus finir. Pourtant au milieu de cette myriade de formations plus ou moins similaires, on découvre parfois quelques pépites qui émerge d'une masse difforme d'entités sans âme... Des groupes qui, à l'image d'un 65daysofstatic ou d'un Cecilia::Eyes, parviennent à se défaire d'une étiquette trop encombrante pour dévoiler une musique aux infinies possibilités et à l'élégance aussi précieuse qu'envoûtante. RQTN est de ceux-là. 4 lettres, un premier EP qui fait le pont entre passé et présent, un We were... we are qui offre à son auditeur quelques cinq compositions oscillant entre post-rock évanescent et ambient stratosphérique à la Eluvium. Et dès les premières secondes, "Morning and handwritten letters" nous plonge en vase clos dans une bulle musicale aux instrumentations subtiles, aux mélodies feutrées et sonorités enfantines.
Des arrangements à cordes orchestrés avec retenue là où la plupart auraient sorti la cavalerie pour s'enflammer dans des crescendo épiques. Un premier titre qui évoque autant Sigur Ros qu'Explosions in the Sky, une puissance émotionnelle rare, RQTN a.k.a Mathieu Artu livre en guise de galop d'essai, un véritable coup de maître. Plus classieux dans l'esprit, "Of course, they all died" poursuit l'exploration d'un univers post-rock céleste et langoureux dans lequel on s'aventure en suivant l'insatiable soif d'arrangements délicats dont fait preuve l'architecte de ce We were... we are. "She left me when I was in the battlefield", titre à la mélancolie à fleur de peau renvoie à au visuel de cet EP, déployant une mélodie déchirante qui s'empare de notre être, alors sur le champ de bataille, sous une pluie battante. Et un seul mot : sublime. Si la musique de RQTN est parfois enfantine, Mathieu n'en fait pas moins preuve d'une maturité remarquable, livrant avec "All my feelings were fake" un titre vibrant où la confusion des sentiments laisse place à une lucidité plus réaliste, même si par conséquent, plus douloureuse. Certaines belles histoires se terminent mal, We were... we are est empreint de cette nostalgie à l'intensité émotionnelle rarement égalée où les images surgies de notre inconscient nous renvoient quelques réminiscences douloureuses. En duo avec Greg Hoepffner, décidément dans tous les bons coups (outre sa collaboration avec Mathieu, il est la moitié de Radius System et officie également au sein de Time to Burn), "Passing out in front of us" se fait l'écho des blessures du passé, de ces cicatrices pas encore renfermées que l'on a parfois tant de mal à enfouir sous les souvenirs... Un morceau ambient post-rock sur lequel, quelques lignes de chant font leur apparition, illuminant de leur grain de voix (on pense à Justin Broadrick période Jesu) des mélodies shoegaze raffinées. Il nous semble parfois distinguer l'ombre de My Bloody Valentine, Mathieu sachant très bien apprivoiser ses influences pour les confiner dans des morceaux à l'écriture d'une intemporelle délicatesse. Alors que notre âme s'embrase dès la première écoute, We were... we are impose RQTN comme une véritable révélation. Chapeaux bas.