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Biographie > Rot, peau, pot, rose

Sous le nom Ropoporose se cache Pauline (chant, clavier, guitare et percussions) et Romain (batterie, chant, chœurs), un très jeune duo frère-sœur originaire de Vendôme, la ville qui accueille les Rockomotives, un festival dont la programmation a souvent de bons échos. Profitant de la facilité d'habiter sous le même toit et d'avoir des parents mélomanes, le duo tente une formation en reprenant du Girls. C'est la Bérézina totale mais ce n'est que partie remise puisqu'ils se prennent en main pour composer, expérimenter, se trouver, tout en usant des disques de Sonic Youth, Shannon Wright et Arcade Fire. Sans jamais dévier de leur objectif - jouer, jouer, jouer et rejouer - ils partent enregistrer localement leur premier album, Elephant love, chez un certain Pierre Lambla. Ce dernier sort le 26 janvier 2015 chez Yotanka (Kid Francescoli, Zenzile, Von Pariahs).

Interview : Ropoporose, Interview en famille (avril 2017)

Ropoporose / Chronique LP > Kernel, foreign moons

Ropoporose - Kernel, foreign moons Deux ans presque tout pile après un disque inaugural encourageant qui posait les bases d'un pop rock alternatif à la fois somptueux et nerveux sentant bon l'esprit de la jeunesse à plein nez, Ropoporose a remis le couvert cette année avec Kernel, foreign moons. Quelle ne fut pas ma surprise de voir apparaître le mot "kernel" dans ce titre, dans le sens où j'associais souvent, à tort ou à raison, ce duo de frère et sœur à un autre duo plus connu et plus expérimenté, celui de Peter Kernel. Peut-être simplement parce que le chant de Pauline m'évoque celui de Barbara et que leurs rocks, bien que quand même différents malgré des influences communes, s'acclimatent parfaitement au mélange de mélodies et de soubresauts électriques. En réalité, d'après Romain le batteur, "Kernel" représente le cœur, le noyau autour duquel tournent les satellites ("foreign moons") qui en dérivent et s'y rattachent, une façon de définir en image la musique de son groupe et de montrer la relation qu'entretiennent les morceaux de ce nouvel album entre eux.

Ces douze titres préparés sur une période de trois ans jusqu'à l'entrée en studio avec Thomas Poli (guitariste de Dominique A et Laetitia Shériff) restent logiquement dans l'esprit d'Elephant love, tout en essayant de s'en extirper par moments. En effet, Ropoporose est autant capable de visiter des territoires impavides ("Skeletons", "Fishes are love" ou "Barking in the park" joué avec un home swinger conçu pour l'occasion par son inventeur Yuri Landman) que de muscler ses structures rythmiques comme l'intenable "Guizmo" ou, au contraire, de les rendre plus raffinées comme sur la très jolie "Moon". Vous l'aurez compris dès que vous aurez écouté cette œuvre sensible, parfois sonique (comme Sonic Youth ou le Blonde Redhead d'un passé révolu) qu'est Kernel, foreign moons, cette fantasmagorie de couleurs sonores va vous filer la chair de poule par ses ondes frêles, ou vous donnez l'envie de chalouper dans tous les sens. Et puis aussi et surtout, donner une bonne bouffée d'oxygène à tous ces nostalgiques de musique rock fabriquée par des gens entiers, talentueux, modestes, libres et indépendants. On a déjà hâte d'entendre la suite !

Ropoporose / Chronique LP > Elephant love

Ropoporose - Elephant love Le premier contact que j'ai eu avec Ropoporose a été scénique. Ca remonte à la dernière édition du festival de La Ferme Électrique cet été et la prestation fut pour le moins laborieuse, du moins au départ, pour se terminer comme elle aurait dû commencer, à savoir de belle manière. Pas super convaincu dans la façon de l'exprimer (avec des réglages urgents à effectuer sur la justesse vocale de la miss), la musique me plaisait tout de même. L'idée de jouer à deux avec des boucles de guitares enregistrées en direct pour pallier l'absence d'instrument supplémentaire, le truc qui peut se révéler assez vite casse-gueule sans maîtrise ; ces effluves d'indie-pop juvéniles et bricolées qui laissent un sourire bête et émerveillé quand elles traversent les oreilles... Bref, il ne me manquait plus que d'écouter leur premier album Elephant love pour asseoir mon opinion sur ce groupe qui mérite tout de même que l'on s'y intéresse un tant soit peu. Pourquoi ? Parce qu'ils ont été approchés puis signés sur la sérieuse écurie Yotanka Productions (Kid Francescoli, Zenzile, Von Pariahs) et que les relais effectués dans la presse ont globalement été très encourageants.

Le webzine aux longues oreilles va se ranger aussi du côté des avis positifs. Premièrement parce que, l'air de rien, Ropoporose se défend super bien, son style à la fois furibond et fragile, est accrocheur. Difficile donc de passer son chemin. De plus, les dix titres d'Elephant love sont des appels constants à la nostalgie - l'influence de Sonic Youth étant très présente - et les mélodies pleines de mélancolie qui en découlent constituent le moteur créatif de ce disque. Dès lors, comment ne pas succomber à "Day of may" ou la sublime "Whu-whu" ?
Deuxièmement, parce qu'il y a une exigence musicale déjà très présente pour des artistes aussi jeunes qui tentent, comme leurs grands frères et sœurs de Peter Kernel, de jouer la carte des guitares saillantes et de réveiller les foules (la suite "Empty-headed"/"Elephant love"). Certains arrangements sonores et utilisations d'instruments, comme le mélodica et le xylophone sur "40 slates", corroborent cette exigence envers eux-mêmes et cette volonté de proposer du contenu varié et de qualité.

Il y a bien d'autres raisons d'écouter ce disque, mais cela prendrait surement plus de lignes, alors on vous laisse découvrir et faire vos propres avis sur cette petite féerie pop qu'est Elephant love, qui démontre qu'avec du boulot et sans complexe, on peut vraiment faire les choses bien, surtout quand l'adolescence n'est qu'un récent souvenir. A bon entendeur.