Né en 1999 du côté de Chicago sur les cendres du groupe 88 Fingers Louie, Rise Against sort rapidement une première démo (Transistor revolt, 2000), ce qui lui vaut de signer chez la référence du punk-rock nord-américain qu'est Fat Wreck Chords (Against Me!, NOFX, No Use For A Name...), ce sans même avoir assuré un seul show. Un label via lequel le groupe sortira ses deux premiers albums (The unravelling, 2001 et Revolutions per minute, 2003). Deux succès que le groupe met curieusement à profit en changeant de crèmerie et en se retrouvant, non sans quelques péripéties, chez Geffen Records, filiale d'Universal, par le biais de laquelle ils publieront pas moins de quatre albums studio entre 2004 et 2011 Siren song of the counter culture (2004), The sufferer & the witness (2006), Appeal to reason et Endgame (2011). Connu pour ses prises de position straight edge et son attitude écolo, le groupe a également à son actif quelques gros cartons dans les charts, son The sufferer & the witness ayant été notamment écoulé à près de 440 000 copies rien que sur le territoire nord-américain.
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En matière de punk rock mélodique nord-américain, Rise Against, c'est un peu le haut du panier. Pas moins de six albums qui se sont vendus par centaines de milliers, des tournées sold-out et une sacrée réputation scénique, ce groupe-là n'a rien d'un fair-valoir et son débarquement sur les pages du webzine aux longues oreilles à l'occasion de son dernier-né Endgame, était donc fatalement inévitable. D'autant que dès le premier titre, les américains attaquent fort avec un "Architects" porté par une fougue rock/punk contaminatrice et une sacrée puissance de feu, mise en exergue par une production aux petits oignons. On appelle ça une mise à feu réussie.
La suite, c'est un single presque trop évident mais quand même bien efficace, "Help is on the way", rythmiques bondissantes et refrains taillés pour haranguer la foule, forcément, ça tourne en heavy rotation sur les ondes US. Facile. Chez Rise Against, on ne se pose pas de questions, on envoie la sauce direct. Une recette simple, un savoir faire éprouvé et un certain talent pour écrire des chansons à la fois passe-partout et plutôt bien ficelées, le groupe maîtrise son sujet et assure le coup sans trop ciller ("Satellite"). Puis de manière assez prévisible, ça finit par se gâter pour le groupe signé à ses débuts chez Fat Wreck Chords. L'ensemble devient de plus en plus facile d'accès, apparemment calibré et débarrassé de la moindre aspérité pour vendre... et puis vendre encore. Résultat, des titres clairement poussifs et sentent le réchauffé ou la chute de studio du précédent album réenregistrée pour l'occasion ("Make it sop (September's children)", "Survivor guilt").
Et si on est à des années lumières de l'esprit des Dead Kennedys, on n'est pas encore chez Green Day et les américains réussissent encore à placer en douce des titres clairement rock'n'roll, punk et sauvages entre deux morceaux bien radiophoniques, parce que bon... quand on est sur une major, on n'a pas non plus des tonnes de choix artistiques possibles devant soit. "Broken mirrors" et surtout l'excellent "Midnight hands" viennent donc compenser les quelques pièces les plus discutables de cet Endgame, insufflant à l'ensemble assez d'électricité pour dynamiter un ensemble par ailleurs bien trop policé pour être complètement crédible. Surtout quand le groupe commet "Wait for me" ou "This is letting go", autant de morceaux mainstream et radiophoniques qui font inexorablement dérailler l'album en le plaçant sur une voix de garage. Quand il y en a un ça va, c'est quand il y a en a trop que ça coince. Bref, tout juste la moitié des titres à garder, le rester à jeter. Heureusement, les thèmes abordés eux, sont à la hauteur de l'esprit punk du groupe, du reste connu pour ses engagements politiques (ils étaient montés clairement en première ligne contre la deuxième guerre en Irak). Pour la peine, on est gentils, on leur file donc la moyenne. Mais pas plus.
