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Où doit-on mettre Revok ? Dans la catégorie "metal" ou dans la catégorie "rock"... la question mérite d'être posée, à tort ou à raison (il y en aura toujours un pour dire "oui mais voyez-vous...") on a tranché et rangé le combo parisien aux côtés des Houston Swing Engine et autres Tomahawk (deux groupes pour lesquels on pouvait s'interroger)... Revok donc, un groupe composé de membres de Gameness, Belle Epoque et Goo Goo Blown (le bonhomme), donnant dans un mélange noise (post)-hardcore rock des plus rugueux, crasseux et radical. A fleur de peau, les six franciliens ne se bercent pas d'illusion, ne se la jouent pas et préfèrent que leur musique parle pour eux. Après Bicarbon amalgamate et Program medics and cathode clinics deux EP's parus en 2005, Revok passe à la vitesse supérieure et signe à l'été 2007 sont premier album : Bad books and empty pasts via Rejuvenation Records (Microfilm, Belle Epoque, Do you compute).

Revok / Chronique LP > Bunt auf grau

Revok - Bunt auf grau 4 ans d'attente pour un nouvel album, c'est foutrement long. Surtout qu'à l'époque, les Revok avaient mis tout son petit monde O.K et K.O avec Grief is my new moniker. Le groupe re-débarque avec Bunt auf grau via notamment Music fear Satan. Verdict après 10 écoutes ? Mouais, Revok, c'était mieux avant, il y un air de déjà vu dans c't affaire et on peut comprendre les commentaires un peu acerbes et définitifs à l'égard de cette sortie sur la blogosphère. Verdict après 20 écoutes ? On valide haut la main et on ne comprend plus les commentaires un peu acerbes et définitifs sur la blogosphère. Bref, il va falloir le mériter ce Bunt auf grau pour en saisir toutes les subtilités et l'essence. Enfin, la dynamite plutôt parce c'est bien de hard dont il s'agit.

Le premier titre, "Old marrow", fait figure de rouleau-compresseur et de carte de visite classe, une belle alternance et cohabitation de fureur/moments mélodiques. Trois minutes 58 suffisent pour que le "your anger dissipate" raisonne, Revok règle ton cas et te rappelle que s'il y a un patron du genre en France, c'est vers eux qu'il faut regarder... La suite n'est pas en reste avec "Polluted ideas" dont le chant clair ressemble à du Mastodon tandis que le mid-tempo "Eroded mind" caresse l'auditeur dans le sens du poil avec du Revok tout craché mais néanmoins excellent. "Dear worker", c'est l'inverse, le titre défonceur de portes par excellence, à la limite du grindcore, étonne et fait figure de perle noir dans un ensemble extrême mais toujours assez finement tourné vers la mélodie. C'est d'ailleurs une des clés de la réussite de cet album : un savant équilibre entre le clair et l'obscur, entre la virulence et la mélodie, entre le chant clair et le chant à gorge déployée.

Revok arrive facilement à choper et renouveler l'attention, à varier les surprises pour ne pas lasser. A titre d'exemple, l'ambiant "Equilaterra" ou l'intro de "Perfection is a sin" peuvent paraître des pistes/phases assez anodines au départ mais prise dans la globalité de Bunt auf grau, elles permettent à l'auditeur de ne pas définitivement se noyer dans la monotonie du 'core.

Revok / Chronique LP > Grief is my new moniker

Revok - Grief is my new moniker Quatre ans ont passé depuis Bad books and empty pasts, paru chez Rejuvenation Records/Denovali, mais Revok n'est pas oublié. Il est même attendu au tournant après ces années de silence discographique relatif (le groupe a quand même sorti un split 7'' avec Pneu l'an dernier), au moment de sortir son deuxième album, via Music fear Satan cette fois. Grief is my new moniker est son nom et, alors que les membres du groupes se démultiplient depuis quelques années au sein de nombreux projets parallèle (Brume Retina, Do you compute, Les Fragments de la Nuit...), le groupe revient aux affaires les guitares acérées comme jamais.
"Mile end" et son noisecore rampant, riffing lestant de plomb des structures complexes s'efforçant de calmer des penchants tendant inexorablement vers une noirceur palpable, une densité extrême, guitares râpeuses, hurlements qui déchirent la partition, Revok livre une prestation de haute volée, envoyant dans les enceintes une première rafale de compos abrasives et sauvages qui s'abandonnent dans une violence aussi corrosive que malsaine (l'éponyme "Grief is my new moniker", "Tunnel"). Les instruments s'entrechoquent, les éléments se déchaînent ("To serve more"), les complaintes maladives se succèdent et le sextet développe un peu plus son cocktail rock/noise/hardcore jusqu'à nous perdre dans le dédale émotionnel d'"Ephemerol skies".
Musique d'écorchés vifs, l'oeuvre de Revok instille chez l'auditeur un sentiment de rage insidieuse, de colère froide depuis trop longtemps refoulée. Magnifiée par une production parfaitement en phase avec l'écriture d'un groupe, celle-ci explose sur des titres de la trempe d'un "Caught in the shelter" (brut et viscéral) ou "Constellation of black holes" déversant sur nos membranes auditives tuméfiées des litres de cette mélancolie douloureuse qui transpire par tous les pores de ce Grief is my new moniker aux effluves rock/(post)-hardcore assumées. Et le groupe de démontrer sans l'ombre d'un doute qu'après l'implacable coup de force de son premier album, réédite l'exploit avec une efficacité assez redoutable. Bluffant.

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Revok / Chronique LP > Bad books and empty pasts

revok_bad_books_and_empty_pasts.jpg Bad books and empty pasts, est de ces albums qui ne prennent pas de gants pour nous emmener vers les ténèbres... Les premières secondes du premier titre du premier essai discographique de Revok évoquait le film Scanners de David Cronenberg (le groupe tenant son nom en hommage au patronyme de l'un des personnages du film), ce disque est un peu le prolongement de ce travail, de cette démarche complètement indépendante, voire jusque-boutiste. Et pour cause, Bad books and empty pasts est une oeuvre dense et passionnelle, une hydre musicale à neuf têtes, tranchante, déviante et saturée. Dès "Bills pay pills", premier morceau de l'album, le ton est donné, le décor planté dans un labyrinthe mental, au coeur d'un dédale musical se caractérisant par l'absence de véritable échappatoire, la musique noise-rock/post-hardcore de Revok happe l'auditeur pour ne plus jamais le relâcher.
Guitares tendues, un ensemble extrèmement compact et massif, des riffs noise-rock obsédants, des vocaux hurlés qui prennent directement aux trippes, le groupe ne fait pas dans la ballade bluesy mais assume et maîtrise son art. Tranchant et rageur mais sans jamais négliger les ambiances ("Last man"), Bad books and empty pasts est un disque exigeant mais qui prend également le temps de construire patiemment des structures musicales propices aux développement d'atmosphères oppressantes et torturées. Le format est sans cesse changeant. Capable d'accoucher d'un véritable hymne noise rock hardcore monolithique de presque 6'30 (le monumental "The day"), mais également de livrer un morceau d'ambient noise-indus de moins de 3 minutes "Deux mille douze", Revok démontre que peu importe le format, du moment que les sensations sont là. Car ce disque est une oeuvre sensorielle et violente qui envahit notre être sans complexe, mais avec notre douloureux consentement. Chaotique et acérée comme une lame de rasoir chauffée à blanc, portée par une rage qu'elle ne parvient plus à contenir, la musique des parisiens défouraille à tout va sans négliger quelques moments de calme relatif mais plutôt bienvenus. Vénéneuse et bestiale ("Ambulatory self"), elle trouve son exutoire dans cette tension permanente que traduit la violence brute du groupe. Un riffing puissant et incisif, une section rythmique qui découpe à la tronçonneuse tout ce qui lui passe entre les mains, Revok envoie du petit bois et soigne ses effets pour faire évoluer sa musique en permanence. N'hésitant pas à conclure son "A morbid assault in an indecent exposure" pour mieux faire exploser les guitares dans une déflagration déchirante et cauchemardesque. Revok explore les tréfonds de l'âme humaine en musique ("Sour black milk") et le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat ne peut laisser de marbre. Sauvage, massif et viscéral.