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Biographie > California dreamin'

L'institution Red Hot Chili Peppers a été fondée dans les années 80 à Los Angeles avec pour envie de mélanger le funk, le punk rock, le heavy-métal et le hip-hop. Le groupe est alors composé d'Anthony Kiedis au chant, Hillel Slovak à la guitare, Michael "Flea" Balzary à la basse et Jack Irons à la batterie. Les RHCP décrochent un premier concert dans un bar de strip-tease de la ville mais l'attention des spectateurs est focalisée sur les strip-teaseuses. Pour remédier à ça, les Red Hot Chili Peppers décident de jouer nus sur scène avec pour seul vêtement une simple chaussette sur le pénis. Ils vont finir par créer un buzz et décrocher d'autres concerts à Los Angeles. EMI finit par s'intéresser à eux et leur propose un contrat. Toutefois, l'accession au succès ne se fera pas sans mal : entre des albums plutôt moyens et un line-up plutôt instable, le groupe aura du mal à confirmer les espoirs que l'on a mis en eux. Ce n'est qu'après deux albums passés inaperçus (Red Hot Chili Peppers en 1984, Freaky styley en 1985) que les Californiens commenceront à connaître un certain succès avec The uplift mofo party plan sorti en 1987 notamment grâce au succès de morceaux comme "Fight like a brave" et "Behind the sun" qui passent en heavy-rotation sur les radios américaines. Depuis, les Red Hot Chili Peppers ont emmagasiné 9 albums studios, quelques changements de personnels incessants surtout à la guitare (se succèderont Hillel Slovak, John Frusciante, Dave Navarro et de nouveau John Frusciante depuis 3 albums) et à la batterie (se succéderont Jack Irons, Cliff Martinez, D.H Peligro et enfin Chad Smith, batteur depuis Mother's milk) et un succès colossal qui ne se dément pas malgré une période actuelle plutôt moribonde en terme de qualité artistique.

Les Red Hot Chili Peppers ont une discographie plutôt succincte malgré une longue carrière en raison de quelques passages à vide ou les membres mettaient le groupe en stand-by :
Red Hot Chili Peppers (1984)
Freaky styley (1985)
The uplift mofo party plan (1987)
Mother's milk (1989)
Blood sugar sex magik (1991)
One hot minute (1995)
Californication (1999)
By the way (2002)
Stadium Arcadium (2006)

Red Hot Chili Peppers / Chronique LP > I'm with you

Red Hot Chili Peppers - I'm with You Ah qu'est-ce que c'est moche de vieillir quand même. Non, cet article ne sera pas consacré à l'antique voisine acariâtre qui vous les brise menue en faisant le ménage à six heures du matin et vous sort brutalement du lit après une nuit de biture, juste aux Red Hot Chili Peppers qui ont apparemment décidé de nous faire une Incubus. Alors pour les néophytes, faire une Incubus, c'est sortir un album en surfant sur le souvenir un peu poussiéreux d'une gloire passée et commettre un truc absolument infâme, dégoulinant de médiocrité, ce, en l'étiquetant bien maladroitement "rock". En gros, la bonne idée de merde quoi.

Bon voilà, puisqu'il faut s'y coller I'm with you, c'est donc la preuve irréfutable qu'on peut avoir été, vouloir être encore et... bah c'est tout. En fait non ce n'est pas tout, c'est pire encore. Et lorsque l'on subit "Monarchy of roses" pour la première comme la vingtième fois (quoique vingt fois, faut penser à consulter vite), le résultat est à peu de choses près le même. Médiocres sur cette mise en route, les RHCP mélangent la pop sirupeuse et un vague rock pour midinettes bien paresseux avant d'enchaîner sans se poser la moindre question avec "Factory of faith". Là on comprend qu'ils auraient du. Parce qu'après deux titres, on a quand même la foutue impression d'avoir à écouter un vague groupe de pseudo-rock désireux de faire un carton en reprenant à la sauce "rock" la recette des Black Eyed Peas : soit servir la soupe la plus fade possible histoire qu'elle ne déplaise à personne. Plus aseptisé, tu meurs.

Peut-être que c'est ça en fait, la "clef" de la descente aux enfers artistiques des Red Hot Chili Peppers, prendre conscience qu'ils ne pourront plus jamais faire sauter la banque comme avant et qu'il leur faut donc péniblement limiter la casse, histoire faire tourner la planche à billets quand même. Puis se rendre compte que Josh Klinghoffer n'est pas John Frusciante. Ou plutôt que sans ce-dernier, bah c'est un peu le néant créatif. Limiter la casse donc, l'infâme "Brendan's death song" vient confirmer que ça, c'est vraiment pas non le truc du groupe, qui s'abîme un peu plus dans des profondeurs de non-créativité artistique avec "Annie wants a baby". Le résultat est affreusement mou, sans inspiration (idem sur au hasard "Look around"), bref ma petite soeur faisait mieux à 5 ans c'est dire. Bon ok en fait ma soeur n'a jamais été super douée avec le manche. D'ailleurs, j'ai même pas de soeur. Toujours est-il que s'ils ne veulent pas le comprendre par eux-même, on va le faire à leur place parce qu'après Stadium Arcadium, c'est juste plus possible. Donc c'est officiel : les Red Hot sont désormais trop vieux pour ces conneries. R.I.P

PS : oui, l'album n'est pas chroniqué jusqu'au bout. On a lâché l'écoute avant son terme parce que la médiocrité crasse a trouvé ses limites.
PS 2 : et on a gentiment évité de parler du single "The Adventures of Rain Dance Maggie", parce que... Ben parce que.

Red Hot Chili Peppers / Chronique LP > One hot minute

RHCP - One hot minute Blood sugar sex magik a été un carton interplanétaire mais aussi l'album de la perte de John Frusciante qui quitta le navire Red Hot Chili Peppers suite à une pression qu'il n'arrivait plus à gérer. Ce dernier fait est d'une importance capitale puisqu'il sera le facteur qui conditionnera l'évolution de leur album suivant : One hot minute. Les Californiens vont se mettre à la recherche d'un nouveau guitariste qu'ils trouveront, après plusieurs essais, en la personne de l'ex-Jane's Addiction, Dave Navarro. Celui-ci amène sa virtuosité et son feeling mais aussi forcément un peu de Jane's Addiction : une excentricité latente et une certaine conception du rock. Car avec One hot minute, les Red Hot Chili Peppers snobent en partie la fusion enflammée des albums précédents pour un autre visage plus rock mais tout autant, si ce n'est plus, jouissif.
Avec le premier titre "Warped", la météo est dores et déjà à la tempête : c'est l'ouragan Navarro qui catapulte les Californiens vers d'autres sphères musicales. On retrouve les ingrédients qui ont fait la réputation des Red Hot Chili Peppers : une section rythmique au groove polyvalent et métronomique, un chanteur aux vocalises acrobatiques qui ne démérite pas lorsqu'il s'agit de transmettre des émotions et surtout un guitariste à la forte personnalité fraîchement embauché qui vient déjà sceller la musique des piments rouges de son empreinte. Tous ces éléments mis au service d'une musique parfois très différente et plus agressive de l'accoutumée mais toujours ouverte à quelques anciennes réminiscences. A l'instar de "Warped", des titres comme "Transcending" et "Coffe shop" avec son refrain irrésistible ("Meet me at the coffe shop, we can dance like Iggy Pop") en hommage à l'iguane sont représentatifs de ce durcissement de ton et de son. D'autres comme "Aeroplane" et "My friends" soulageront partiellement les fans de la première heure avec des morceaux qui n'aurait pas dépareillés sur Blood sugar sex magik. De l'audace à revendre et la volonté de surprendre/déconcerter, c'est ce que "Deep kick" et "One big mob" démontrent, les Red Hot Chili Peppers font preuve de sacré disposition lorsqu'il s'agit de développer des titres plus conséquents (ils flirtent avec les 6 minutes, assez inhabituel pour eux) avec des variations de tempos et des modulations d'ambiances : douche de décibels/phases comateuses ou phases comateuses/douche de décibels, c'est toujours l'occasion pour les Red Hot de briller et pour Dave Navarro, d'exploiter son talent au travers de moments sonores aux saveurs psyché' qui incitent à la fabrication d'endorphines chez l'auditeur.
Les RHCP développent sur 13 titres des atmosphères variées et dépaysantes à suivre (on atteint un sommet de drôlerie sur "Pea") avec toujours cette propension à emmener l'auditeur loin, très loin, trop loin au grand regret du responsable marketing de leur maison de disques et des fans les plus cintrés (ce n'est évidemment pas le cas des lecteurs du W-Fenec). One hot minute, c'est l'occasion de voir chaque membres des Red Hot Chili Peppers dans des moments de grâce "rock'n'rollesque" ou il est difficile de ne pas se dire que certains passages sont complètement monumentaux et touchent au génie. En 1995, le viagra n'existait peut-être pas sous sa forme médicamenteuse mais les RHCP en livraient déjà à la terre entière sous la forme d'un disque à la pochette enfantine. Culte de chez culte.