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Red Gloves / Chronique LP > Night gap

Red Gloves - Night gap Après deux EP chroniqués jadis dans ces pages par le regretté Aurélio (non, je vous rassure, il n'est pas mort, il est même bien en forme) et avoir fait tourner son répertoire sur différentes scènes d'Europe, il était temps pour Red Gloves de franchir le pas de l'album. C'est chose faite avec Night gap. C'est surtout chose bien faite. Très bien faite même.

Red Gloves n'a pas changé son fusil d'épaule, et il s'agit bien là d'une recette que le groupe maîtrise à la perfection : l'indie power pop rock qui a fait tant de bien dans les 90's de l'autre côté de l'Atlantique. Le quatuor bisontin, toujours composé d'Hervé, Thomas, Buen et Macst (soit deux Jack And The Bearded Fishermen et deux Irradiates), régale pendant plus d'une demie heure en nous rappelant à notre bon souvenir d'atmosphères et de sonorités qui ont bercé l'adolescence de nos sales gueules de trentenaire. Du coup, comment ne pas succomber au tube en puissance « Flight turbulence », au mélancolique « Story », au dérangeant « Sideways » (avec ce riff de guitare qui, en version saturée, conviendrait tellement aux JTBF), à la basse musclée de « Love reaction » ou au rythmé « Secret dream » mené vocalement par l'indispensable guest bisontin Sylvain Bombled (Second Rate, Generic, Cab Driver Stories) ? Je me le demande. Clairement, Red Gloves évolue dans un registre cher à ses quatre musiciens, une scène qui avait naguère les faveurs de la presse et du public. Et la fraîcheur de ce Night gap dissimule un amour pour l'indie rock joué par des passionnés.

La formule gagnante peut paraître simpliste (guitares au son clair et fluide, basse rugueuse et batterie audacieusement en place), mais les mélodies soignées, les ambiances tendues et le travail des voix (qui, pourtant, dans ce style catalogué il y a une dizaine d'années « emo », avait tendance à me rendre un peu réfractaire du style) font de ce premier effort longue durée une réussite totale. Enregistré au Cube Studio et mixé par Brian Mc Ternan (Hot Water Music, Texas is the Reason), Night gap ne pourra que ravir les amateurs de rock aux accents atmosphériques et aux lignes épurées.

Red Gloves / Chronique EP > Twelve headaches/I'm off for the ditch

Red Gloves - Twelve Headaches/I'm Off For The Ditch Une grosse année après un premier 7'' EP pressé par toute une constellation de labels indépendants hautement recommandables, Red Gloves remet ça avec les mêmes co-conspirateurs et formats en donnant une sequel à Lucky you!/Twins call avec Twelve headaches/I'm off for the ditch. Même groupe, même idée directrice (2 titres, un vinyl 7'' et beaucoup d'influences 90'), la double paire Jack And The Bearded Fishermen/The Irradiates offre un nouveau voyage vers le passé avec deux petites tubes power-pop-punk à l'américaine, la classe bisontine en plus. Un retour vers le futur en bonne et due forme marqué par des mélodies ténues qui collent à la beau, une rythmique engageante, un riffing parfaitement fuselé et des refrains qui nous font traverser les années 2000 en direction de 90's et une scène US tout à fait identifiable au petit jeu des références évidentes. Pour autant les Red Gloves ne donnent pas dans la facilité et s'approprient le genre tout en ajoutant le petit "truc" qui rend le résultat irrémédiablement addictif. Six petites minutes plus tard d'une véritable démonstration du genre, on est conquis.

Red Gloves / Chronique EP > Lucky you!/Twins call

Red Gloves - Lucky you! / Twins call
Deux Jack And The Bearded Fishermen vs deux The Irradiates, Bezak City rock'n'roll, une flopée de petits labels indé plus que recommandables et un acte de naissance intitulé Lucky you!/Twins call, histoire de greffer l'alléchante recette indie-punk-rock bisontine dans le marbre (ou plutôt sur vinyl), voici donc Red Gloves. Un nouveau projet ayant vu le jour dans la plus rock'n'roll de villes du pays et qui déboule ici avec un petit deux-titres au format 7", histoire de pousser ses premiers riffs sans se presser, juste en envoyant les guitares et quelques mélodies délicieusement éraillées, le temps d'un petit shoot de musique très indie, directement administré en intraveineuse. "Lucky you" ouvre le bal en imposant sa dynamique aussi endiablée que soutenue afin de doper un premier titre à la mélodie ardente, savoureuse et addictive. Son successeur poursuit dans la même voie, sans ciller ni nourrir le moindre complexe. Et à raison, car le résultat est aussi élégamment accrocheur qu'efficacement 90's. On pense à toute la scène rock mélodique nord-américaine de l'époque (Samiam en tête) et on met dans le mille, car Red Gloves lui rend ici un hommage aussi appuyé qu'électrique. Sans jamais oublier d'affirmer son identité.