rock Rock > The Rakes

Biographie > les rateaux

Années 2000, Jamie Hornsmith et Alan Donohoe (chant) sont au lycée et ne se préoccupent pas encore trop de monter un groupe. Ca viendra plus tard quand Jamie (basse) bossera dans un magasin de musique londonien où il croise Matthew Swinnerton (guitare) et Lasse Petersen (batteur), leurs goûts communs pour le rock les font se lier d'amitié et de créer leur propre groupe : les rateaux... Parce qu'ils sont tous plutôt maigres comme des Rakes d'aprés la légende... La hype des groupes en The affole les stylos des maisons de disques qui signent et signent des contrats. Ce sera V2 pour The Rakes qui sortent Capture/release dans la joie et la bonne humeur à la fin de l'été 2005. Petit carton, grosse tournée, ils sont dans le train avec les Bloc Party ou The Buzzcocks et ne s'arrêtent que pour enregistrer un nouvel opus produit par Jim Abiss (Kasabian, Arctic Monkeys, Editors...) : Ten news messages qui arrive dans les bacs au printemps 2007. C'est avec un statut de grosse écurie de la nouvelle scène britannique que la formation sort Klang en mars 2009. Produit par Chris Zane (Les Savy Fav, The Walkmen, Passion Pit.) et enregistré à Berlin, ce troisième album est médiatiquement soutenu par les singles "1989" et "That's the reason". A la surprise générale, Alan Donohoe et ses compères annoncent le 22 octobre 2009 sur leur site officiel la séparation immédiate du groupe, annulant les dernières dates de tournée aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

The Rakes / Chronique LP > Klang

The Rakes-Klang Chronique posthume pour The Rakes, qui a quitté ses terres britanniques afin d'enregistrer Klang en Allemagne, plus précisément à Planet Rock, dans une ancienne station de radio de Berlin Est. Au programme, pas de quoi être surpris, le quatuor ne change pas de visage mais prend quelques rides. Sous la houlette de Chris Zane, le travail de studio est sobre et bien fignolé pour des compositions qui le sont tout autant. Musicalement, c'est brut, sans détour, et ça donne des ressorts sous les pieds : Klang s'inscrit dans la même lignée qu'un certain Capture/release... A un détail près : on y adhère moins. Les riffs s'avèrent moins inspirés qu'autrefois, et certaines redondances apparaissent (en témoignent les introductions de "Loneliness of the outdoor smoker", "You're in it", et "1989" qui sonnent à peu près de la même manière). Klang montre donc quelques faiblesses. Monotone aux premières écoutes, on y prend quand même goût car il s'agit bien des Rakes avant tout. En effet, les mélodies et rythmiques contagieuses d'un naturel déconcertant sont bien présentes, et on jurerait en avoir déjà entendu certaines. C'est à se demander pourquoi elles ne sont jamais sorti auparavant tellement leur évidence interpelle (je pense notamment aux lignes de basses de "The light from your mac" et "Bitchin' in the kitchin'"). Les bonnes trouvailles sont là, particulièrement sur l'achèvement de l'album ("Muller's ratchet", "The light from your mac", "The final hill"). Il faut noter que toutes les proportions sont minimales : les ajouts de synthétiseur et de piano ne se font pas envahissants, et contrairement au second opus Ten new messages, aucun invité ne figure sur l'album. On n'a pas vraiment le temps de respirer (à part pendant l'intro de "The woes of the working woman", où s'installe un piano seul pour une poignée de secondes) mais l'apnée est de courte durée. Effectivement, une demi-heure pour un album, c'est court, mais pour un album des Rakes, ce n'est pas plus mal. Faire une demi-heure de plus sur le même schéma attiserait l'overdose. En résumé, les quatre britanniques font ce qu'ils savent faire et on l'apprécie à sa juste valeur. Un peu plus de surprise et de culot dans la composition n'auraient toutefois pas été de refus pour pimenter tout cela, mais avec des formations comme celle-ci, il vaut mieux se satisfaire des bonnes vieilles recettes.

The Rakes / Chronique LP > Capture/release

The Rakes - Capture/release La croissance exponentielle du nombre de formations en "The" vous est nauséabonde ? La nouvelle scène britannique vous donne des allergies ? Il serait alors peut-être préférable de passer votre chemin pour éviter les démangeaisons. En effet, il s'agit ici de Capture/release, premier venu de la (courte) discographie de The Rakes, traduisez "les ringards", même si le sens premier du mot est râteau (voyez-y vous-même un rapport si cela vous chante). Sous un contenu très modéré dépassant timidement la demi-heure, le quatuor londonien nous expédie un album post-punk à la 70' assez sommaire, mais terriblement accrocheur et qui une fois achevé nous pousse à appuyer sur replay. Comme d'un seul élan, les anglais n'y vont pas par quatre chemins : pour chaque piste, le ton est donné dès les premières secondes, sans chercher la complication ni se poser de questions. C'est fringant, rectiligne, direct, et la recette fonctionne à pleins tubes. Ainsi, les refrains efficaces de "Retreat" ou bien "Work, work, work (pub, club, sleep)" ne demandent qu'à être écoutés en boucle. Première de l'album, "Strasbourg" laisse un fumet de Strokes dans le couplet, et une dose de Joy Division dans le chant (Alan Donohoe donne par ailleurs des représentations scéniques qui peuvent évoquer le regretté Ian Curtis).
Le single tremplin de la formation "22 Grand job", lancé par un roulement de caisse claire assez immonde, se caractérise par sa courte durée et son aspect répétitif, mais surtout par son chant et son air endiablés, de quoi nous l'imprégner et la fredonner tout au long de la journée. Et cette chanson est loin d'être la seule à provoquer cet effet (on peut y ajouter entre autres la publicitaire "Open book" et ses chœurs, ou encore "We are all animals"). Un de mes coups de cœur va directement à "Binary love" pour son ensorcelante mélodie très bien déployée par les cordes avec des nappes de synthé à l'appui. Il n'est pas nécessaire d'être doué au micro pour chanter dans un groupe de rock, et Alan Donohoe l'a bien compris. Le leader se cherche vocalement, pousse excessivement vis-à-vis de ses faibles ressources vocales, et on se rend vite compte des limites de celle-ci. Côté guitare, on appréciera les divergences entre les parties rock imparables et les quelques riffs robotiques qui conduisent la sonorité vers des horizons plus electro (comme dans "Terror !" et "T bone"). Les influences et similitudes, qu'elles soient récentes (Bloc Party, Franz Ferdinand, The Strokes) ou plus anciennes (The Clash, Joy Division) se ressentent, et certaines peuvent se justifier : parmi les personnes ayant participé à la réalisation de l'album se trouvent Paul Epworth et Eliot James, qui ont déjà travaillé sur l'album Silent alarm de Bloc Party. Pour leur première, The Rakes nous sortent un album bien ficelé et facile à adopter. Voici un poids lourd de plus venu de l'autre côté de la Manche.

The Rakes / Chronique LP > Ten new messages

the rakes : ten new messages La vague des jeunes pousses de la prolifique promotion 2005 passe un cap difficile cette année avec le sacro-saint "deuxième album" : Bloc Party et Kasabian viennent de passer l'examen et tous deux semblent avoir grandi en deux ans, gagnant en homogénéité mais perdant un peu en fraîcheur. Pour The Rakes, c'est presque pareil... Presque car c'est à chacun de se faire son avis... Ce qui est certain, d'après moi, c'est que Ten new messages est un autre bon album de pop-rock où le rythme est primordial, pour ces gamins nés en pleine période disco. Le beat électronique a plus de poids que la chaleur d'un tome basse, les gimmicks de guitare deviennent donc anodins, basse et batterie prennent souvent les devants ... histoire de placer sur orbite un chant qui mixe bien petites mélodies et bonne dose d'énergie. Comme aujourd'hui la plupart des groupes pop-rock anglais ont le même son "propre", c'est bien le timbre et le style du chanteur qui fait qu'on accroche plus ou moins, ici, Alan ne divisera pas les foules comme un Alec (Clap your hands say yeah!) sans non plus qu'on puisse crier au génie. Il assure le minimum syndical sur quelques titres ("Little superstitions" ou "Leave the city and come home" par exemples) et trouve le bon rythme sur d'autres ("The world was a mess but his hair was perfect", "We danced together"). Rythmique marquée pour faire danser, guitare pas exceptionnelle, bon chanteur mais pas leader génial, qu'est-ce qui fait donc que The Rakes nous accrochent comme ça ? L'alchimie de ces talents simples et leur superposition pour donner de bons titres qui rappellent parfois le bon goût des Supergrass ("Trouble") ou alors le brin de folie qui anime ces jeunes angliches ("When Tom Cruise cries"), ou plus simplement l'ensemble...
Parmi ces Ten new messages, un sort du lot, parce qu'il me semble un peu meilleur que les autres mais aussi parce qu'il est l'occasion pour The Rakes d'inviter 3 personnes assez différentes : une jeune blondinette charmante qui répond au nom de Laura Marlin et échange des textes avec Raxstar qui pose son flow en travers d'une compo bien envoyée où intervient également Phil Morais qui n'est autre que le manager du combo... Bref, The Rakes n'a rien perdu de son incouciance et fait toujours ce qu'il leur plaît, ça nous va !