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Biographie > pour l'humanité ?

Philippe Prohom a donné son nom à son groupe. S'il compose depuis longtemps, ce n'est qu'en 94 qu'il décide de se faire un nom dans le milieu de la musique, mais il prend son temps. A partir de 97, il utilise les samples et donne quelques concerts avec un guitariste et un percussioniste. Prohom compose de la musique pour le théâtre et enregistre quelques EPs pour garder le contact avec le public. C'est au studio ICP avec ses musiciens (Emmanuel à la guitare, Yann -Doppler- à la batterie et Guillaume à la basse) et sous la coupe de Phil Délire (Noir Désir, Bashung, Indochine) que sont enregistrés une dizaine de titres, 11 seront sur le premier album éponyme, celui qui restera certainement comme son "album rouge". Il remet ça deux ans plus tard pour Peu importe.
Prohom continue sa route en signant chez At(h)ome, le label au nez creux sort Allers retours le 26 mars 2007. Le groupe qui accompagne Philippe est désormais composé de Arnaud (guitare), François (batteur), Frederic (basse) et Christian (clavier).

Review Concert : Prohom, Prohom live à Lille (avril 2003)

Interview : Prohom, Une interview pour soi (juin 2013)

Interview : Prohom, interview de PP (avril 2003)

Prohom / Chronique LP > Un monde pour soi

Prohom - Un monde pour soi A part un EP en 2010 (La vie sans), Prohom nous fait languir depuis 2007 et ses Allers retours avec "La fille du train", il se pose à nouveau le temps de permettre la découverte d'Un monde pour soi, un nouvel opus marqué par l'utilisation amplifiée d'électronique, Philippe peut désormais plus aisément être qualifié d'artiste électro-pop que pop.

"Plus électro / Moins rigolo" pourrait être une bonne punchline pour cet album où le sens de l'humour et du jeu de mot de l'auteur a quasiment disparu, on a bien quelques réminiscences ("Mon âme or") mais la tonalité qui prédomine est plutôt l'amertume. Et pas celle d'une bonne bière qui permet de s'en délecter alors qu'elle est déjà au fond du gosier, non, c'est une amertume qui respire la trahison, la déception et un peu de cynisme désabusé pour relever l'ensemble ("Madame canaille", "Je voudrais que tu sois morte", "A quoi me fier"...). Exit donc les textes enjoués, la bonne humeur et la déconne autour de sujets plus ou moins innocents, Prohom, l'homme, a du subir quelques déconvenues ces dernières années pour les exorciser sur le papier puis les chanter (ou comment mieux remuer le couteau dans la plaie ?). Même s'il n'y a plus l'humour pour nous alléger, "Comment lutter" ? s'interroge l'auteur dés l'entâme, la réponse est apportée par la dynamique et donc le rythme qui restent importants, très travaillés, ils permettent des petits rebonds évitant la plongée dans la sinistrose. Des touches électro, le chant, l'apport de différents instruments donnent du peps et de l'allant aux moments où l'on pourrait se laisser submerger par les textes qui auraient plutôt tendance à tendre l'ambiance.
Incisifs et introspectifs, le Prohom 2013 n'en est pas pour autant enfermer sur lui-même puisqu'il ouvre ses bandes à la chanteuse Carmen Maria Vega qui apporte son joli brin de voix à "Au coin des rues", les paroles sont poétiques, parfois parlées, elles respirent la nostalgie (comme celles d'Arman Mélies) sur une musique très pop. Le bonhomme s'énerve bien plus (avec sa guitare) sur "A quoi me fier" et s'excite complètement sur le final "Un monde pour soi" (avec un sample parlé et des sonorités intrigantes à la "Welcome to the machine").

Un monde pour soi, c'est un album pour Prohom, pour lui, pour lui permettre de passer à autre chose, une sorte de psychothérapie étalée au grand jour. Une analyse de situations et de sentiments personnels qu'il partage avec l'auditeur qui doit être averti qu'il a ici à faire avec un Prohom différent des albums précédents.

Prohom / Chronique LP > Allers retours

Prohom - Allers retours Habitué à une grande qualité d'écriture aussi bien textuelle que musicale, on n'est pas surpris à l'écoute d'Allers retours, le troisième album toujours très riche de Philippe Prohom. Et pour ceux qui n'auraient pas suivi le début de ses aventures, c'est une bonne occasion de découvrir un artiste hors du commun qui allie une plume fine et un sens aigü de la dynamique. Séduit par ces nouveaux titres, il faudra ensuite se plonger dans les anciens. Dans tous les cas, je me délecte de ces habiles jeux de mots plus ou moins directs : Elle fait mouche, me colle au plafond ("Autour de Lucie part II"), quand c'est conique, trop défoncé (...) Quand c'est en croix, personne n'y croit ("En forme" et son refrain qu'on peut interprêter à différents degrés...). Je savoure les rythmiques aussi bien celles qui percutent ("A la bonne heure", "Chez les fous", "Mon étiquette"...) que celles qui bercent ("KO par insomnie"), je savoure même leurs absences ("Enfin seuls")
Je m'éclate avec les exercices de style où la verve et l'imagination de Prohom font sourir mais aussi réfléchir ("Chez les fous", "Grossier"). Enfin, comment ne pas déguster chaque moment de vie, ces premières gorgées de bière, ces situations qu'on a vécu et qui font appel à des souvenirs flous, impersonnels, aussi bien à nous qu'à lui ("La fille du train", "Mon étiquette"), et même quand c'est moins drôle, il y a fort à parier que les insomniaques se retrouvent dans "KO par insomnie" qui est un parfait exemple de la capacité du Lyonnais à ajuster la musique à ses idées.
En plus d'être une réussite pop-rock, cet album est à prescrire à tous les pessimistes, les déclinologues, les dépressifs et autres âmes en peine, appliquez-vous un peu de "A la bonne heure" chaque matin, condamnez-vous au bonheur !

Prohom / Chronique LP > Peu importe

prohom : peu importe Aprés avoir quelque peu galéré Prohom s'était révélé avec un premier album éponyme sublime, son style désarçonnant est toujours de mise sur Peu importe mais l'effet de surprise n'est plus de mise, on peut donc directement se plonger dans ces nouvelles compositions. Même les éternels sceptiques (il faudra passer le cap du deuxième album...) ne résisteront pas longtemps à ces douces mélodies couplées aux jeux de mots acides ("De face", "Tu es tuée", "Amer") et aux textes engagés ou désarmés ("Des millions de forêts", "Humain", "Les gens font des gamins"). Quand Philippe, militant au quotidien de l'inhumanité, a besoin de renfort pour cisailler la bétise, il obtient de renforts de rythmes explosifs ("Prouvez-le moi") et de guitares d'une précision assassine ("Amer"). Les instruments organiques semblent avoir plus de place que sur le premier album et alors que sur Prohom l'intro de l'album faisait la part belle aux samples, ici (sur celle de "Des millions de forêts") basse, batterie et guitares sont les premières en action, les touches électroniques, toujours présentes, ne s'imposent plus que sur quelques titres comme "Restons les mêmes" et "Né à la place d'un autre", deux titres que j'apprécie un peu moins... Peut-être aussi du fait de leur tempo assez lent comparé aux excellents "Départ" ou "Humain", résolument rock. Hmm, non, car j'apprécie particulièrement le très calme "D'accord" (porté par un violoncelle et une clarinette). Question de sensations uniquement... Et dans l'ensemble Peu importe apporte son lots de vibrations positives, si les sujets ne sont pas tous trés réjouissants, si le cynisme est souvent de mise, Prohom arrive à faire de tout cela des chansons qui nous mettent de bonne humeur, de quoi regonfler le moral des troupes pour aller combattre la connerie humaine...

Prohom / Chronique LP > Prohom

prohom Prohom mixe intelligement textes réalistes, musiques électroniques, douces mélodies et guitares dérangeantes. L'album est dense, tout y est millimétré, on peut se laisser porter par les textes mais on peut aussi facilement se laisser entraîner par la musique sans trop prêter attention aux états d'âmes de Philippe. Mais comme les deux parties (musiques et textes) sont bien ficelées, autant prendre Prohom dans son ensemble et ne pas se soucier de savoir si les textes servent la musique ou si c'est l'inverse, peu importe. Tel un Bénabar sous acides Prohom nous livre sa vie, ses angoisses, et dépeint celle(s) des autres, s'en amuse même. Le premier titre épique (plus de 7 minutes!) est lancé par les samples, la batterie et la guitare, la tension monte, l'auditeur y prête attention, il est prêt à écouter Prohom et alors qu'il est asailli par quelques riffs, Philippe Prohom calme tout "Parfois je suis cool et je me détends" (au passage, c'est bien de mettre les textes sont dans le livret mais faire une faute grossière dés la première ligne est assez mal venu !), il nous détend aussi jusqu'à ce que lui aussi se laisse emporter par le rythme. Changement de mélodies, d'ambiances sur le titre suivant et si le ton de l'album est uniforme, chaque titre est bien particulier, les couleurs et les sonorités changent, les loops trés présents y sont pour beaucoup. Le ton de Prohom n'est pas courant, soit on l'adopte de suite, soit on le trouvera toujours dérangeant, et si quelques refrains sont un peu "faciles" ("Pas d'idées"), la grande majorité des mélodies ou des "flows" sont bien pensés, "Georges" est à ce titre un des meilleurs morceaux, avec des textes très inspirés ("Et Georges s'imagine qu'il sera heureux tout le temps alors qu'il est mort en naissant"). Rock ("Ne plus y penser", "Le concours") ou pop ("C'est pas moi", "Acoudé au bar"), toujours en français, l'album de Prohom peut être écouté à différents niveaux, on peut le laisser en fond sonore et se laisser mener par les mélodies et les ambiances ou alors l'écouter vraiment, le chanter, le comprendre et y puiser de purs moments de bonheur.