Split Clumsy Atomic Garden Powell Down to Earth Matt showman est un personnage attachant. Capable du meilleur comme du pire. Le pire, c'est par exemple de supporter l'AJA les soirs où ça barde à Bollaert (méga private joke, désolé mon pote !). Le meilleur, c'est certainement son label, Yr Letter Records, qui en guise de deuxième référence, nous balance un très bon split-compil' de quatre groupes, avec dix sept chansons au compteur.

Tous acteurs de la scène indé française, notre lecteur assidu retrouvera les excellents Down to Earth et non moins performants Powell qui n'en finissent pas de séduire votre serviteur. Bonne occasion de découvrir des inédits de ces deux groupes, et de faire connaissance de Clumsy (qui a aujourd'hui splitté, mince) et Atomic Garden. Et c'est avec ces deux groupes que le disque démarre. Quatre chansons pour Clumsy dans un style émo pop rock au chant un peu plaintif. Pas forcément ma tasse de thé à la base, même si je suis agréablement surpris au final. "Wild dog" joue dans un registre punk crassouilleux, "Riot inside" et ses guitares résolument rock 'n' roll font mouche, "Parts of me" et ses riffs Second Rate-iens est bien ficelé, et "We don't need hope" est un titre dit "émo" très agréable à écouter. Au final, quatre titres bien branlés, une prod au niveau assez convaicant et un quatuor énergique bien inspiré. On reste dans le même style avec Atomic Garden, toutefois plus à mon goût. Parlons en du goût. Le chant d'Arno me correspond plus dans le style pratiqué par les Atomic qui jouent un peu plus vite et un peu plus fort que les précédents. Ce qui n'est pas pour me déplaire. Ainsi, "Dancing on wallstreet" est une bonne entrée en matière, rythmes soutenus, puissance du tout avec une deuxième partie de morceau un peu plus lourd. "Silent Warning" est encore plus dans mes cordes, punk rock rentre dedans entre Flying Donuts et Sexypop. Excusez du peu. Du coté d'Atomic Garden, ça mélodise, ça pulse et ça le fait. Bon, ils ont pas inventé la poudre, mais ce n'est pas ce qu'on leur demande, et tant que c'est bien fait, c'est le principal. "Gemini" empreinte lui aussi ses saveurs bisontines de Second Rate, ce qui me fait plaisir, vous vous en doutez. Comme Clumsy, Atomic Garden est un groupe de qualité qui manie efficacement le sens du rythme, de la mélodie et de l'accord bien fait. "Modern circus" achève le cycle Atomic avec encore un titre rentre dedans vraiment bien fichu. Assurément la bonne surprise du split. Plage neuf à douze, place à Powell. Chouette. A l'instar de Hundred miles and caffeine, on rentre tout de suite dans l'univers des Manceaux, un univers bien à eux, touchant, affectueux et bouleversant. "Amnesia in america" ouvre le bal, prod énorme, morceau énorme même si le chant hurlé n'est pas mon kiff premier. Le calme avant la tempête, la modération avant la déflagration, tout y est présent. "My living space is my memory" emboite la pas. Basse présente, guitares saturées, batt' bien en place, mixez le tout et obtenez encore une perle. Un punk popy bien à eux, où le rock fait des incursions remarquées. "Temper" viendra ensuite vous glacer le sang avant de vous emmener dans la folie. Powell est une machine à faire fonctionner vos émotions. Mon préféré des quatre titres reste tout de même "Angel on earth", que je n'arrive pas à décrire tellement il fait du bien par où sa passe. Confirmation du talent de Powell à travers ces quatre ovni, du très bon, que du très bon.

Pour l'instant, trois bons groupes sur ce split, aucune erreur de casting, et on doute fort que ça se termine en queue de poisson. Down to Earth va aligner cinq titres privilégiant la puissance et la mélodie. Certainement le groupe appliquant un style punk rock bien énergique qui me correspond bien en ce moment. Pas de détail avec "Blossom", titre ultra dynamique et mélodique à souhait. "Emerger" joue lui aussi dans le registre 'guitare tranchante', un empruntant toutefois un peu plus de rythmes lourds. s'ensuivent "End all" et "Story of my boss" qui ne dérogent pas à la réputation du groupe. Seul "Sea sill", clôturant ce disque, se démarquera en nous balançant des rythmes ultra lourds, pesants et malsains, une autre facette de Down to Earth qui n'est pas habituelle. Belle surprise en tout cas. Au final, quatre groupes de qualité, avec comme point commun l'amour du rock. A supporter au sens noble du terme. Et bravo à Matt. On peut avoir des gouts de chiotte footballistiquement parlant, et avoir de beaux projets musicaux !!!