Rock >
Pollyanna > Chronique LP / Whatever they say, I'm a princess
Pollyanna, c'est le nom d'un roman américain, pillier de l'éducation des petites filles. Pollyanna est une petite orpheline qui ne perd jamais la foi dans le Bien malgré les épreuves qu'elle rencontre. En clair, elle est naïve... tout comme la musique du duo. Une base voix-guitare sèche domine et sert des chansons folk simples et dépouillées. Parfois, un violoncelle, un charango (sorte de mini guitare sud-américaine) ou une accompagnement très léger à la batterie viennent sublimer des mélodies douces. A l'image de "Song for a room", ce disque semble être fait pour être savouré au calme dans sa chambre... au risque de sombrer dans la mélancolie. Et c'est là qu'Isabelle dévoile tous ses talents de songwriteuse; on pense à Suzanne Vega ou à Shannon Wright en plus calme et monocorde. Whatever they say, I'm a princess dévoile des paroles en anglais à l'amertume et la poésie incontestables. Tantôt brisée par naïveté sur "Matador" (I should have shown the iron behind the velvet of your skin), tantôt indécise ("I like it, to be naked and cold, I guess I do"), Pollyanna est avant une grande solitaire pas très fun : "This is a song for a room because I hate dancing and entertaining". Elle préfère s'enfermer dans des souvenirs réels ou fantasmés pas franchement plus gais : un père militaire aux dents de barbelés ("Iron man") mort à la guerre il y a soixante ans ("In my pocket"). Au final, on n'est peut-être pas très loin de la Pollyanna du roman... mais l'orpheline a grandi en gardant ses peurs enfantines, son penchant pour la solitude et une naïveté à fleur de peau.
Note :
les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.

