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Biographie > drôle d'effet !

Bowie est mort, vive Placebo ! Encore qu'il serait réducteur de résumer le groupe anglais à de pâles héritiers du blond péri-oxydé, d'autant que celui-ci n'est pas tout à fait mort. Et si les deux ont collaboré à un titre paru l'an dernier, Placebo est bien autre chose qu'un simple groupe de glam-rock. Après avoir passé leur enfance au Luxembourg (d'où leur français parfait), Brian Molko et Stephen Olsdal se retrouvent à Londres au début des années 90' et forment Ashtray Hearts. Avec la rencontre de Steve Hewitt, Ashtray Hearts devient Placebo et connaît rapidement un petit succès. Présenté aux côtés de Radiohead comme l'avenir de la scène anglaise dès la parution de leur premier album en 1996 (et l'un de ses singles "Nancy boy"), Placebo réussit sur Without you I'm nothing (1998) l'alliance parfaite de l'énergie du punk et des mélodies de la pop. Un grand groupe de rock est né, même si Black market music (2000) ne s'attirera pas autant de succès de la part du grand public, sans doute trop expérimental pour les fans de la première heure. 2003 sonne enfin le retour de Placebo avec Sleeping with ghosts et des intentions plus rock et enfin décomplexés.
Mars 2006, Meds pointe le bout de son nez et ravit les fans purs et durs.

Placebo / Chronique LP > Meds

Placebo : Meds Du grand Placebo ! Après un assez bon Sleeping with ghosts, le trio revient en force avec un album blindé de tubes calibrés "Placebo", les fans du groupe, dont je fais partie, vont donc se réjouir d'avoir une nouvelle dizaine de titres entêtants sous la dent, les traditionnels défenseurs des groupes forcés d'évoluer verront en Meds l'album du sur-place. Placebo ressort les recettes ultra efficaces de l'éponyme et du Without you I'm nothing : guitares percutantes et mélodies ensorceleuses. Le tout agrémenté de quelques orchestrations ("Space monkey") ou de bidouillages électroniques ("Blind"). Gros plus de cet album, outre la présence d'une jolie fille dans le livret, ce sont les voix d'Alison Mosshart (The Kills) sur le superbe "Meds" et surtout celle de Michael Stipe (REM) sur "Broken promise", titre où il apporte autant de délicatesse que le piano avant que Brian n'y mette le feu, émouvant. Les deux seules petites déceptions de l'album sont "Because I want you" de composition simpliste (malgré une excellente intro) et "Pierrot the clown" lente et vite lassante. Mais vu le niveau général du reste, je leur pardonne ! Et si les "Drag" ou "One of a kind" ont un impact immédiat sur mon humeur, ce sont deux autres titres qui reçoivent mes suffrages pour l'élection des pépites de Meds : le résigné "Follow the cops back home" et l'immense "Post blue". Cette composition au groove imparable et à la dynamique diabolique démontre que sans en avoir trop l'air, Placebo progresse et tend vers plus de perfection, sachant relacher les guitares de temps à autres pour incorporer des sonorités samplés du plus bel effet. Difficile ensuite de se défaire des I break the back of love for you, encore faudrait-il qu'on veuille s'en séparer... Même si le trio veut rendre les choses plus simples avec une "Song to say goodbye", on resterait bien pris dans leurs filets indéfiniment.

Placebo / Chronique LP > Once more with feeling

placebo : once more with feeling Le sous-titre de Once more with feeling annonce la couleur de ce best-of : les singles de 1996 à 2004, pas de sélection particulière, l'intégralité des singles du groupe dans l'ordre chronologique. Cette collection qui fleure bon le cadeau de Noël par et surtout pour la maison de disque est décliné en version collector double CD (avec un deuxième CD composé de remixes et de raretés) et en version DVD (avec les clips...), ici, on se contente de chroniquer la version "classique" et basique. Faut-il revenir sur l'apport de Placebo à la scène rock depuis 1996 ? Non, je vais donc profiter de cette sortie pour faire donner un avis tout à fait personnel et un brin nostalgique sur les quatre albums du groupe européen... "36 degrees", "Teenage angst", "Nancy boy"... que de souvenirs... un album qu'on croyait sans faille mais qui dont la production sonne un peu faiblarde à l'écoute de la suite, l'éponyme aura marqué son époque et les prestations live du combo de cette année 96 resteront à jamais dans ma mémoire. Grâce à la qualité du son et des compos, Without you I'm nothing est certainement leur meilleur album , "Pure morning", "You don't care about us", "Every you every me", "Without you I'm nothing", comment ne pas sombrer sous le charme ? Applaudissements nourris pour cet album et vives critiques pour le suivant Black market music ayant déçu beaucoup de monde à sa sortie, et pourtant les "Taste in men" ou "Slave to the wage" sont de trés bons morceaux, et que de dire de "Special K" ? C'est tout simplement un de mes titres préférés... Le dernier album en date, Sleeping with ghosts, nous rabibochait avec la bande de Molko, terminées les expérimentations hip hop, le groupe remettait le rock sur le devant de la scène, "The bitter end", "This pictiure", "Special needs" et le sublime "English summer rain" sont bien entendu de la partie, ainsi que la version française de "Protect me". Voilà, on a fait le tour ? Non, car on a quand même le droit à deux inédits qui auraient mérité leur place sur un véritable album studio : un "I do" sans surprise et un trés beau et touchant "Twenty years".
Les compils ne remplacent pas l'écoute des albums mais celle-ci aura eu le mérite de me faire replonger dans les trois vieux opus de Placebo...

Chronique Livre : Placebo, Les inrockuptibles Hors-Série Placebo

Placebo / Chronique DVD > Soulmates never die

placebo : soulmates never die Il y a encore quelques années, on attendait les "cd live" avec une certaine excitation, elle est aujourd'hui décuplée avec la diffusion des DVDs et notre bonheur est bien souvent comblé. Après avoir écoulé prés d'un demi million de son quatrième opus sur le marché français, Placebo nous devait bien un petit "live officiel" , le public français aimant particulièrement le groupe, celui-ci lui a bien rendu en captant avec moultes caméras son concert de Bercy 2003, après le mixage voilà que sort ce DVD Soulmates never die (Live in Paris 2003), une véritable offrande au public. Présentation classe, sobre, du noir et blanc et un peu de bleu/blanc/rouge (ou plutôt du rouge/blanc/bleu), petit livret et le DVD qui contient ce fameux concert de Bercy. Son de folie de rigueur, images "papier glacé", zoom, pauses, ralentis, mix avec celles des écrans géants, public et le groupe en plan plus ou moins large, le tout avec l'ambiance de folie qui règne au Palais des Sports ce soir là, rythmes et riffs ("Bulletproof cupid"), stroboscopes, le rideau tombe et c'est parti ! Titres du dernier opus ("Bitter end", "Plasticine", "I'll be yours", "Special need", "English summer rain", "This picture", "Centerfolds") et tubes des précédents ("Every you every me", "Without you I'm nothing", "Special K", "Taste in men", "Peeping Tom" pour ne citer que ceux-là... ne sont aux abonnés absents que les vieux "Come home", "Teenage angst" et "36 degrees") s'enchaînent sans temps mort, Brian ne s'étend pas trop en français, langue qu'il parle pourtant très bien, concentré, le groupe s'éclate avec ses instrus, joue avec les lumières (superbes) et assure un excellent concert (mais Placebo ne nous a pas habitué à en donner de mauvais !). La machine Placebo tourne à plein régime et noue davantage le lien avec le public sur "Protège-moi" chanté dans sa version française. 20 titres ont déjà été joué quand monte sur scène Franck Black, la soirée se cloture avec l'hymne "Where is my mind ?" chanté et joué en duo avec son créateur la voix cristalline de Brian éclaire celle plus sombre du Pixies, c'est un grand moment comme à chaque fois que ce titre est joué quelque part sur la planète...En bonus, le DVD propose un "documentaire" de 25 minutes : un montage d'images persos prises un peu partout (Seattle, Las Vegas, Mexico, ...) avec des délires, des fans, des échauffements, on passe avec le groupe dans d'un club de 600 personnes à un stade de 35.000 places, le tout vu de l'intérieur, ça ne fera pas date dans l'histoire du documentaire mais ça se laisse regarder au moins une fois... Alors que le concert, lui, on peut s'en délecter au moins jusqu'au prochain...

Placebo / Chronique LP > Sleeping with ghosts

placebo : sleeping w/ ghosts En voilà trois qui nous ont fait peur. L'effet placebo déclenché par l'administration quotidienne de leur excellent second opus Without you I'm nothing commençait à se dissiper, et ce n'est pas la nouvelle coupe de cheveux de l'androgyne Brian Molko qui allait apaiser les craintes engendrées par un Black market music en demi-teinte. D'autant qu'après les petites touches électroniques entraperçues sur ce dernier, la petite bande annonçait vouloir creuser cet aspect de leur musique et composer des morceaux pratiquement sans guitares... heureusement, après une rencontre inespérée avec les Queen Of The Stone Age dont ils croisent la route à plusieurs reprises, les démangeaisons électriques reprennent de plus belle : c'est ainsi que naquit Sleeping with ghosts, quatrième opus tout en puissance, en refrains salvateurs et surtout tout en guitares sonnantes et rugissantes ! Ouf, on l'a échappé belle, les Placebo viennent d'échapper au syndrome Radiohead, et ont su conserver voir renouveler cette innocence avertie, cette immaturité sereine et cette rage tranquille qui fit en son temps la force de Without you I'm nothing. Le trio anglais fait même aujourd'hui merveilleusement passer la pilule avec ce Sleeping with ghosts époustouflant, remède parfait à toutes les frustrations para-médicales, sans doute la meilleure ordonnance rendue à ce jour par ces trois chirurgiens du glam-pop-rock. Après une tournée éprouvante, chacun s'est enfermé dans son petit labo avec sa console de son pour concocter patiemment les ingrédients d'une potion délicieuse ainsi retravaillée par le groupe en studio, ensemble cette fois-ci. Alchimie improbable : un cachet d'electro (l'envoûtant "English summer rain"), une gélule de rock'n'roll (l'adolescent "Bulletproff cupid", l'évident "The bitter end"), une intraveineuse de glam-rock à la sauce Placebo ("This picture", "Special needs"...), le tout arrosé d'une rasade de punk ("Second sight") et de quelques notes de piano bien émouvantes ("Protect me from what I want"). Posologie idéale : une écoute le matin, midi et soir. Jusqu'au prochain !