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Biographie > P(s)g.lost

Né en 2004 du côté de Norrköping en Suède, Pg.lost est depuis ses débuts l'une des formations post-rock les plus fringantes de la scène alternative scandinaves, aux côtés notamment des Immanu El et autres (et surtout) Jeniferever. Un sillon musical clairement identifié à "classer" aux côtés des Explosions in the Sky ou God is an Astronaut pour évoquer des "marques" bien connues dans ses pages, le groupe qui compte dans ses rangs un ex-Last Days of April, livre son premier opus, éponyme, en 2005 avant de sortir un EP intitulé Yes I am le 1er janvier 2007 via la Black Star Foundation (Khoma). Très exactement un an plus tard (toujours le 1er janvier), Pg.lost publie la suite avec It's not me, it's you! en passant au mode "long-format", avant de signer un deuxième album en 2009 avec In never out. De nombreuses dates de concert plus tard, les suédois prennent leur temps pour livrer Keys, qui parait au printemps 2012, toujours par le biais du label de ses débuts.

Pg.lost / Chronique LP > Versus

Pg.lost - versus Après un split avec Wang Wen en 2014, on retrouve avec bonheur Pg.lost et son post rock nordique plus que chaleureux. Si son artwork est assez terne, ce Versus est lumineux. Jamais à court d'idées, les Scandinaves parcourent les cieux du rock instrumental (un peu de prog, un peu d'ambient en plus, ça ne fait pas de mal) avec toujours la même volonté d'émerveiller l'auditeur et de lui en mettre plein les oreilles. A ce petit-jeu là, la concurrence des références ne tient pas forcément la distance et si on je ne devais garder qu'un "rival", ce serait Explosions in the Sky tant les guitares sont riches sur cet opus. Les rythmiques et le clavier ne sont pas pour autant mis de côté, c'est juste que la beauté des sons et la magie des plans passent avant tout par les deux grattes. Et alors que Versus fait davantage penser à un affrontement, ici tout semble calme, paisible, les montées en puissance ne débouchent jamais sur de véritables agressions... Non, plutôt que de nous amener vers le chaos, Pg.lost organise un tumulte de riffs orgasmiques.

Pg.lost / Chronique LP > Key

Pg.Lost - Key On le sait depuis maintenant quelques années : à l'instar de toutes les modes, les courants musicaux les plus explorés, sillonnés, sont destinés à finir par ne plus se renouveler. Ou tout du moins à ne plus l'être par ses pratiquants. Les sources d'inspiration finissant par se tarir inexorablement au fur et à mesure que des dizaines de compositeurs font invariablement le tour du sujet, le débarrassant peu à peu de la moindre inventivité, révolution, ou réelle expérimentation. Et dans ce registre là, le "post-rock" est certainement parmi les plus mal lotis de part ses "limites" présupposées comme état inhérentes au genre. Et si des groupes ont pu récemment révéler leur incapacité à se réinventer au moment de livrer leurs troisièmes ou quatrièmes albums, c'est aussi sans doute parce que l'âge d'or de cette musique est sans doute derrière nous et que les pépites créatives se feront désormais plus rares.

Paradoxalement à ce que l'on a évoqué plus haut, Pg.lost ne se risque pas à révolutionner le genre avec ce Key-là, ni même à se réinventer lui-même, mais plutôt à s'inscrire dans des sillons fréquentés plus que de raison par nombre de ses prédécesseurs mais aussi contemporains, pour délivrer une musique qui derrière un apparent classicisme de façade recherche plus que toute autre chose la pureté dans l'averse émotionnelle qui balaie sa musique. Et c'est du coup dans cet esprit que "Spirits stampede" fait voyager l'âme de son auditeur quelques six minutes trente-trois secondes durant, l'emmenant survoler des panoramas oniriques en même temps qu'il le laisse se faire bercer par les pulsations instrumentales d'un groupe qui a, sur ce premier titre, la pleine et entière maîtrise de son sujet. En témoigne le très beau crescendo venant conclure le morceau inaugural, avant de poursuivre l'épopée sonore des suédois sur le plus discret mais non moins élégant "Vultures". Une sorte de respiration plus légère avant de faire de nouveau rebondir le rythme cardiaque avec le très beau et divin "Terrain".

Séquençage rythmique de patron, lignes instrumentales toujours aussi fuselées, le contenu se veut plus puissant, évocateur mais sans violence. Pg.lost n'a pas besoin de forcer sa nature pour imposer sa griffe, il lui suffit simplement de hausser le ton, de faire sonner un peu plus ses guitares, tout en soignant toujours plus sa trame mélodique, pour combler l'inconditionnel du genre, même le plus blasé. La "faute" ici sans doute à un climax d'une densité rare et surtout d'une intensité fracassante. La classe suédoise qui n'est pas sans évoquer tour à tour des groupes du calibre d'Explosions in the Sky, God is an Astronaut ou Russian Circles, notamment pour le mélange de douceur satinée et de fougue électrique incandescente ("I am a destroyer"), qui, malgré parfois quelques longueurs ("Sheaves"), envoie l'album se promener dans des sphères où seule l'excellence a droit de cité. On se dit alors que la problématique évoquée en début de chronique n'aura pas lieu d'être mais force est de constater que c'est un peu la conclusion de Key qui pose, sinon problème, fait naître quelques réserves sur le ressenti général de l'album. Parce que sur "Gathering" puis "Weaver", Pg.lost laisse pour une fois apparaître de vraies limites créatives de part l'absence relative d'émotion instillée. Et si l'on ne peut évidemment pas parler de "raté", on reconnaîtra tout de même que cette conclusion est un peu fade au regard des plus belles réussites d'un disque au demeurant très recommandable.

NB : pour les curieux, l'album est en écoute intégrale ci-dessous.

[se] Key: SoundCloud (17 hits)External ]