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Pest Sound > Chronique LP / 76 kilos laughing
C'est avec un couplet a capella et un timbre de voix relativement enrobé, que Neil Ovey entame "Prizefighter", titre d'ouverture de 76 kilos laughing. Et sérieusement, durant les premières mesures suivantes, on se demande ce qu'il se passe : cette voix de crooner ne semble (absolument) pas coller au piano finement détraqué, ni à la batterie celle-ci ne semblant pas être en meilleur état, sans entrer dans les détails morbides concernant la basse, et la désespérance de la guitare... Mais dès les pistes suivantes, on découvre que cette alchimie de séquences bancales mais millimétrées, d'ambiances volontairement (dé)structurées au gré des envies du groupe est belle est bien voulue par le quatuor. Mieux, c'est sa marque de fabrique !
Une guitare folle bouillonne ("Tape deck") ou s'éprend de rimes ("I am the golden gun"), le clavier se fait Doorsien ("The alsace samurai") ou plus industriel ("A gang with no legs or wires"), la section rythmique de Franck et Fred s'emballe ("Xxxxxx") ou pèse de tout son poids ("I am the golden gun") sur l'ambiance et le chant est capable de prouesses proches de celles de Nosfell ("Prizefighter", "Russian roulette"). C'est effectivement un crossover étrange que nous propose Pest Sound, courant après un fil qui ne cesse de faire des zigzags, des petites lignes droites intimistes, à fleur de peau ("Tailspin", "Afternoon film"), des décrochements math-rock ("Tape deck"), des saveurs seventies ("Sneaky sips") ou d'envies plus expérimentales ("Spooned").
Vraiment, Pest Sound produit une musique difficilement comparable et étonnante, dont on se surprendra à en redemander, à l'inverse des (mauvaises) premières impressions, qui, preuve en est, sont parfois très trompeuses !
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