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rock Rock > Pablo Diablo > Chronique Split / Pablo Diablo / Mr.Mama


pablo_diablo_w_mr_mama.jpg Cinq titres pour l'un, cinq titres pour l'autre, égalité parfaite et balle au centre. Pour sa première prod (datant tout de même d'il y a près d'un an à l'heure où sont rédigées ces quelques lignes), le tout jeune label Guru Gonorroe Records a bien fait les choses. Du punk "hi-energy", des brulôts rock'n roll qui suintent la sueur, le riff saillant et le whisky, Pablo Diablo ouvre le feu avec "Pick up the phone". 2 minutes et quelques trente-sept secondes de power-rock incandescents, de décibels bruyamment envoyés dans les conduits auditifs et une bonne rasade de punk sauvage qui décrasse tout sur son passage. "El Diablo" a les guitares qui s'embrasent toutes seules, alors que le groupe enquille directement "Freakshow" puis "Time to play", deux bombes punk électriques et supersoniques. En même pas 4 minutes, montre en main, le groupe vient nous équarir les tympans avec deux titres qui envoient les guitares à l'arrache, une furie rock'n rollesque chevillée au manche de gratte. "Punk is not dead bro's'" semble nous lancer en aveugle Pablo Diablo, un groupe qui nous jette en patûre son "F.U.E.F" avec l'énergie du désespoir et surtout l'envie de déterrer le punk pour démontrer que le genre n'est pas mort avec l'apparition des pseudo ersatz du genre passant en heavy rotation sur MTV. Un final foudroyant et on en embraye sans même reprendre son souffle sur "Thanks for the ride", une chevauchée fantastique moderne et toujours aussi énergique, brute de décoffrage et exécutée avec une aisance que l'on ne retrouve généralement pas partout.
Début du deuxième acte, Mr.Mama répond aux provocations d'El Diablo en nous balançant un "Crucified" qui pendant à peine plus d'une minute trente, porte parfaitement bien son nom. Si le chant, un peu sous mixé, est sans doute trop en retrait, au niveau instrumental, ça défouraille quand même bien son homme. Riffs assassins, basse clinquante, le "Mr.M" y va les yeux fermés, rentre dans le lard comme s'il ne devait plus jamais pouvoir y revenir et assène alors le très explicite "I will kill you motherfucker". Evidemment, même si on ne comprend pas trop les lyrics, noyés sous des nuages de décibels et de saturation montée sur 10 000 volts, on se doute bien que Mr.Mama n'est pas en train de nous déclamer du Shakespeare. Tant mieux, on n'était pas là pour ça non plus. Beaucoup de bruit certes, mais pas pour rien, les belges foncent dans le tas un peu moins rapidement que les compères d'El Diablo mais de manière plus frontale. Son rock teinté de punk acide et ravageur laisse des traces, le gros son qui tâche semble être leur marque de fabrique et ils n'ont vraisemblablement pas envie d'y aller avec le dos de la cuillère. Du coup, ça braille un max, ça part dans tous les sens ("Domestic violence", "Burning house") et notre nuque en prend un sacré coup, surtout après un réveil difficile post-gueule de bois (sic). Un petit coup d'"Okapi 91" toujours aussi rugueux plus tard et nous voilà arrivé au bout de ces 10 titres qui ont bien occupé le terrain. Joyeusement bordélique, foutrement punk rock'n roll, ce split Pablo Diablo / Mr.Mama bien que classieux dans son genre, dégage sévèrement les bronches... c'est déjà ça de pris.

(The) Aurelio
Mars 2008

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