rock Rock > Oceansize

Biographie > Size of the Ocean

Sensation venue d'outre-Manche, Oceansize est sans aucun doute l'une des révélations majeures de ces trois/quatre dernières années. En l'espace de quelques EP (Amputee, Relapse, One day all this could be yours.) et de morceaux tels que "A very still movement" ou "Breed siamese", puis d'un premier album intitulé Effloresce, la formation anglaise s'est imposée comme l'un des groupes à suivre du moment.
Au croisement de Dredg, Mogwai et de la référence Toolienne, ce quintet composé de Mike Vennart (chant - guitare), Steve Durose (guitare - chant), Gambler (guitare), Jon Ellis (basse) et Mark Herron (batterie) propose un rock atmosphérique enveloppé de metal progressif. Signé en 2002 chez les anglais de Beggars Banquet (Tinderstincks, Swell), Oceansize mettra assurément une énorme claque à tous ceux qui poseront une oreille sur leurs oeuvres.

Oceansize / Chronique LP > Self preserved while the bodies float up

Oceansize - Self Preserved While The Bodies Float Up Apparemment en pleine "crise" existentielle (on exagère évidemment...), Oceansize joue depuis deux ans avec les certitudes de ceux qui suivent la formation mancunienne depuis ses débuts. Une anthologie CD/DVD live, (Feed to feed), en guise de point d'orgue de sa première décennie d'existence (2009) et un EP bien plus "pop" et léger que d'ordinaire chez le groupe (Home & minor NDR) en guise disons... d'intermède, voici le cinq majeur anglais qui livre ici son quatrième album studio avec Self preserved while the bodies float up (merci le titre fleuve). Le plus complexe et "violent" à ce jour.

Dès "Part cardiac", titre inaugural de ce nouvel opus, on sent qu'il se passe quelque chose. Cet Oceansize semble s'être laissé contaminé par une rage sourde et insidieuse, qui au fil des minutes, ne demandera qu'à exploser à la face de l'auditeur. Toutes proportions gardées bien évidemment, on reste toujours dans un registre post-prog tortueux et complexes, mais plus énervé, plus lourd que par le passé. Moins directement mélodique également. On y découvre donc un quintet qui développe ici des plans presque métalliques en même temps que le chant se fait plus rugueux que jamais. La mise en action était à la fois directe et musculeuse, la suite (le single "SuperImposer", "Oscar acceptance speech" magnifique d'élégance mélancolique) sera plus apaisée et marquera un retour à la pop (façon Oceansize s'entend) déjà entrevue sur l'excellent Home & minor.

Organique et en perpétuelle mouvement, ce Self preserved while the bodies float up semble destiné à voir ses auteurs se réinventer en permanence, au détour d'un "Build us a rocket then..." compact et efficace ou d'un "Ransoms" spatial et portée par une trame pop intimiste et satinée. Les anglais démontrent ici qu'après maintenant une douzaine d'année de carrière, ils ont tout pour maîtriser les potentialités infinies de leur art et donc sublimer un peu plus leur oeuvre, prise dans sa globalité. Que ce soit sur "A penny's weight", neurasthénique et rêveur ou "Silent/transparent" pop et scintillant, insaisissable lors des dix premières écoutes, majestueux à la onzième, Oceansize joue avec les codes du genre qu'il explore tout en complexifiant un peu plus chaque fois sa ligne de conduite ("It's my tail and I'll chase it if I want to"), jusqu'à livrer par instants quelques passages un peu (sur "Pine" notamment). Avant de conclure avec classe sur "Superimposter", parce que ce groupe-là ne peut décemment pas s'empêcher de briller comme aucun autre.

Oceansize / Chronique EP > Home & minor

Oceansize - Home and minor Après le coffret CD/DVD Deluxe Feed to feed, scellant une première période de la "carrière" du groupe, voici qu'Oceansize revient avec un EP afin d'amorcer en douceur un virage artistique qui lui permettra assurément de repousser un peu plus les limites de son oeuvre. Home & minor, un mini-album qui voit le groupe s'essayer à quelques chose de différent, expérimenter une musique que l'on qualifiera de "pop" (au sens le plus noble du terme), mélodique et minimaliste et donc assez éloignée des torrents émotionnels qui s'abattaient sur les tympans de l'auditeur à l'époque d'Effloresce ou Frames.
Et pourtant, dans l'écriture comme l'interprétation des "Legal teens" et autres "Getting where water cannot", on a beau déceler de belles différences, un virage artistique assumé, cela reste du Oceansize. Là où, par le passé, l'intensité était le maître-mot de l'oeuvre des natifs de Manchester (ça et des arrangements instrumentaux complètement ahurissants), le groupe soigne ici l'écriture de trames mélodiques "simplement efficaces" sans pour autant, que l'on se rassure, sombrer dans le calibré pour les ondes FM. Ne pas se méprendre, les mancuniens n'ont pas vendu leur âme et ont semble-t-il préféré évoluer... jusqu'à produire une musique toujours plus organique, cyclique et qui du reste renoue peu à peu avec ce que l'on connaissait d'eux.
Dès le troisième titre de cet Home & minor, "Monodrones", on délaisse les motifs "pop" (encore une fois, il n'est pas ici question de galvauder le mot), pour s'en aller visiter des panoramas propices à l'apaisement de l'esprit. Ataraxie de l'âme que l'on retrouve sur le morceau-titre de l'EP puis le très beau "Didnealand" et son piano venu cajoler la partition ou "The Strand", tout en retenue introspective et dans le même temps véritable petite pépite à la maîtrise formelle incomparable. Brillants techniciens autant que songwriters surdoués, les membres d'Oceansize transforment tout ce qu'ils touchent en or, et cette nouvelle offrande, bien qu'assez différente des précédentes, ne déroge pas à la règle. Bluffant.

Oceansize / Chronique LP > Frames


Oceansize - Frames Deux albums long-formats et une poignée d'EP's ont suffi à Oceansize pour s'installer comme l'une des formations phares de la scène post-rock/metal alternative et progressive. Après avoir sorti des disques à un rythme effrené (au moins un par an), le groupe de Manchester à ralenti la cadence pour prendre le temps d'affiner patiemment Frames, son troisième opus. Là où Effloresce fourmillait d'idées, alors que Everyone into position faisait parler la puissance tout en étant un peu plus structuré, Frames synthétise les deux et simplifie le format typiquement (post) rock progressif pour repousser les limites de l'intensité mélodique. Quelques arrangements éléctroniques, une rythmique lancinante et des boucles de guitares qui tournent sans fin, le diptyque "Commemorative t-shirt"/"Unfamiliar" évoque la virtuosité technique des 65daysofstatic, la distorsion éléctrique en moins, la beauté mélodique en plus. Alors que le groupe était jusque là signé chez Beggars Banquet (émanation du cultissime 4AD avec dans ses rangs Biffy Clyro, Tindersticks et les excellents iliKETRAINS), avec un certain succès (relatif certes mais pas négligeable non plus...), le quintet mancunien a fait le choix de reprendre sa liberté, en signant chez le tout jeune label Superball Music.
Conséquence (ou pas) de ce changement contractuel, Oceansize semble plus libéré qu'auparavant, sa musique s'est complètement décomplexée, plus compacte et pop dans son approche mélodique, "Trail of fire" en est le meilleur exemple. Un piano langoureux, un chant délicatement omniprésent et des orchestrations qui dévoilent patiemment leurs apparats avant l'explosion de guitare tant attendue. Une éruption post-rock d'une rare intensité, des harmonies sublimes et une maîtrise absolue de son sujet, Oceansize signe là l'un des meilleurs morceaux de sa discographie, ce qui n'est évidemment pas peu dire. Le cotonneux "Savant" et l'hypnotique "Only twin" succèdent à la merveille qu'est "Trail of fire" : les aspects progressifs de la musique du groupe s'estompent peu à peu, celle-ci gagnant en immédiateté ce qu'elle perd en complexité. Une vague de mystère et d'onirisme puissant vient envelopper "An old friend of the christies", son orgue grandiloquent et son final passionné déversé dans une véritable déferlante de saturation éléctrique. Une puissance de feu que les anglais mettent en exergue sur un "Sleeping dogs and dead lions" sous haute tension permanente, surplomblé d'incessantes ruptures de rythmes et d'instrumentations schizophréniques aux tendances math-rock. Ravageur. Après quelques 55 minutes d'un véritable tsunami sonique aux effluves post-rock et mélodies sublimes, Oceansize referme son troisième disque avec deux morceaux : "The frame", titre post-rock céleste et minimaliste aux crescendo évanescents qui peut évoquer par instants la musique enfantine de Sigur Ros ; puis "Voorhees", ghost track tortueuses aux distorsions profondes qui conclue avec élégance et retenue un album d'une rare richesse, confirmation des qualités précieuses d'un groupe que rien ne semble pouvoir arrêter dans sa quête d'absolu musical.

Oceansize / Chronique LP > Everyone into position

Oceansize : Everyone into position Il y a des groupes qui, non contents de compter parmi les plus talentueux représentants de la scène rock/metal actuelle, sont également extrêmement prolifiques. Oceansize, quartet anglais à l'origine de la déflagration Effloresce en 2003 est de ceux-là. Depuis leurs débuts discographiques en 2002, ils ont sorti en l'espace de trois années à peine, une série d'EP plus que convaincants (Amputee, A very still movement, One day all this could be yours, Music for nurses), un LP (Effloresce) devenu incontournable et un album de B-sides et raretés intitulé Size of the ocean, objet de culte pour les inconditionnels du groupe. Au-delà de cette production CD d'une régularité effarante et digne d'un insomniaque bossant 20h par jour, Oceansize impressionne par sa puissance de travail assez inhumaine, où qualité rime avec quantité, d'autant qu'en live, le groupe fait des merveilles. Il était donc d'une logique imparable de considérer que la cuvée 2005 du groupe, intitulée Everyone into position, serait forcément attendue.
Difficile dans ces cas là de ne pas décevoir. Et pourtant, "The charm offensive", titre d'ouverture de ce nouvel album, apporte les premiers éléments de réponse, pour Oceansize, la tâche de contenter l'auditeur le plus exigeant n'a rien d'insurmontable. Entre rock mélodique aux rythmiques très travaillées et metal rageur saturé, le groupe livre un premier morceau inventif, massif, inspiré et implacable. Single de l'album, "Heaven alive" nous montre un Oceansize un peu plus mainstream que d'ordinaire et cela va très bien au groupe. Intense cocktail de mélodies simples mais enivrantes, de riffs percutants, de rythmiques efficaces, le tout parsemé de quelques discrètes touches éléctro, ce second titre est la quintessence de ce que devrait être un single, à savoir, la vitrine du savoir-faire d'un groupe. L'inverse donc d'un titre ultra calibré et sans âme pour lequel un groupe vend son talent aux sirènes des charts.
Puissance destructrice des guitares, alternance des vocaux tantôt calmes, tantôt hurlés et ruptures de rythmes tectoniques, la vague déferlante "A homage to a shame" nous submerge par ses explosions de violence, sans pour autant nous convaincre pleinement. Mais, on le sait depuis Amputee, Oceansize sait se sublimer et ne se prive pas de nous offrir des titres, certes, plus calmes qu'auparavant mais nettement plus variés (le très new wave "Meredith" ou l'excellent "New pin" et ses textures éléctro inattendues). Que l'on se rassure, les natifs de Manchester, s'ils ont quelque peu mis de côté leur densité sonore, n'en continuent pas moins de nous offrir des morceaux fouillés, complexes et d'une intensité rock/ metal à tendance progressive, qui fait du groupe anglais, l'un des mètres étalons du genre ("No tomorrow, "You can't keep a bad man down, la seconde partie de "Ornement : The last wrongs"...).
Si la musique du groupe est, à l'occasion d'Everyone into position, moins agressive que d'ordinaire, elle se veut dans le même temps, plus progressive, plus insidieuse et nébuleuse ("Mine host", la première partie de "Ornement : The last wrongs"). Moins Toolien qu'auparavant le son d'Oceansize s'est encore gorgé des innombrables influences du quintet anglais. A la fois plus pop et plus heavy que jamais (on n'est plus à un paradowe près...), plus atmosphérique et progressif que sur ses précédents opus, le groupe affirme une fois encore, une personnalité artistique pour le moins singulière. Intensité mélodique hors norme, magma sonore, atmosphère apaisante, Oceansize est de ces groupes qui, quel que soit le genre abordé, parviennent à nous surprendre, nous fasciner, à nous laisser sur les rotules... Impressionnant.

Oceansize / Chronique EP > Music for nurses

Oceansize : Music for nurses Comment passer après Effloresce? Comment faire mieux que le premier LP du groupe qui revient (déjà) avec ce nouvel opus qu'est Music for nurses? Voilà la question que beaucoup se poseront au moment de mettre ce nouveau CD d'Oceansize sur leur platine.
Les cinq prodiges de Manchester ont la solution : leur nouvel effort sera un EP 5 titres intitulé Music for nurses. S'ouvrant sur le puissant mais un peu décevant "One out of None", ce mini album nous surprend très agréablement dès le second morceau avec l'excellentissime "Paper Champion", titre rock à la mélodie lancinante, au rythme imparable, surplombé de quelques incursions électroniques du plus bel effet.
Oceansize vient de nous mettre à genoux, pour mieux nous surprendre par l'éthéré et lunaire "Drag the ‘Nal", sorte pause voulue par les anglais avant d'enchaîner sur "Dead dogs an' all sorts". De l'ambiance feutrée des premières minutes de ce 4e titre, ressort une filiation lointaine avec Radiohead, celle-ci pourtant mise à mal par crescendo implacable qui conclu le morceau. Un final maîtrisé à la perfection qui nous montre qu'Oceansize revendique également une identité dite metal . Les dernières mesures de "Dead dogs an' all sorts" s'enchâssent à merveille avec l'intro de l'ultime titre de ce mini-album : "As the smoke clears". Se rapprochant de l'exceptionnel vocaliste qu'est Maynard James Keenan (frontman de Tool et A Perfect Circle), le chant est tantôt doux, tantôt puissant et déchirant, mais toujours d'une clarté exceptionnelle… avant de laisser place aux déluges instrumentaux qui font la signature du groupe.
En cinq morceaux et un tout petit peu plus de 25 minutes, Oceansize nous a encore émerveillé. Moins abouti que son prédécesseur et pourtant excellent, ce nouvel opus nous prouve encore une fois qu'Oceansize est LE groupe à suivre des prochaines années.

Oceansize / Chronique LP > Effloresce


Oceansize : Effloresce Sortit en 2003, ce premier LP des cinq anglais d'Oceansize s'ouvre sur "I am the morning", un titre tout en crescendo qui annonce la couleur de ce que va être cet album hors normes : à la fois délicat et puissant, labyrinthique et envoûtant, aérien et imprévisible. La rythmique monstrueuse de "Catalyst", second titre de Effloresce, nous met ensuite à genoux. Le chant, au départ calme et léger s'emballe progressivement pour atteindre son paroxysme dans un hurlement de désespoir soutenu par trois guitares enchevêtrées avec un talent évident. "One day all this could be yours", gros tube de ce premier LP va nous achever alors que nous n'en sommes qu'au quart du disque. Hypnotisé par ce titre, on attend la suite, qui va nous dérouter avec l'angoissant dédale sonore qu'est "Massive Bereavement". L'ambiance étrange et raffinée du début contraste à merveille avec l'implacable fureur destructrice de la suite avant son final aux riffs diaboliques. Cinquième morceau d'Effloresce, "Rinsed" est une sorte d'interlude apnéique que ne renieraient pas les islandais de Sigur Ros.
Le calme passé, Oceansize enchaîne avec l'énervé tube qu'est "You wish" puis l'inventif "Remember where you are", conclu sur quelques gouttes d'eau jouées au clavier. Vient ensuite "Amputee". 8e titre de cet album est un tube absolu, un must incontournable où le talent des cinq natifs de Manchester donne sa pleine mesure.
Avec "Unravel", le groupe nous montre une nouvelle fois, l'autre facette du groupe. Celle où Oceansize nous montre tout son talent pour les ambiances planantes et entre A Perfect Circle et Mogwai. "Women who love men who love drugs", reprend la recette des premiers titres du CD, à savoir une intro douce et calme qui se prolonge pendant de longues secondes pour notre plus grand plaisir, avant de se faire plus massif dans ces passages uniquement instrumentaux qui font la marque de fabrique d'Oceansize. Plutôt que de céder à la faciliter, les cinq anglais nous surprennent et nous émerveillent encore une fois avec "Sunday Morning Breakfast Show" et "Long Forgotten", les deux derniers morceaux de cet Effloresce. Des titres, contemplatifs et parfaitement maîtrisés qui concluent un album à l'excellence rare. Oceansize n'est plus très loin de ce qui ressemble à la perfection.