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Le Royaume-Uni est un pays expert en création de comètes, les Nothing But Thieves seront-ils celle de 2015 ? Moins de 3 ans après sa création, le quatuor venu d'un bled au Nord de l'estuaire de la Tamise a conquis le public anglais propulsant son premier album éponyme en haut des charts et participant aux plus grands festivals (Reading, Ile de Wight, Dour...). Signé chez RCA (et donc Sony) après un seul EP (If you don't believe, it can't hurt you en 2013). Leur premier opus sort en en octobre 2015, il est produit en grande partie par Julian Emery (Simple Plan, Alex Hepburn...) et mixé par Cenzo Townshend (Kaiser Chiefs, Snow Patrol, The Horrors, Editors...) et pourrait séduire le monde entier en 2016.

Nothing But Thieves / Chronique LP > Nothing but thieves

Nothing But Thieves - Nothing But Thieves Énormes arrangements qui donnent dans le lyrique sur une rythmique sourde et pesante, petites phrases mélodiques, guitares qui se font discrètes et qui hachent lourdement, dès l'ouverture de l'album, les Nothing But Thieves vont faire le tri entre ceux qui vont adhérer à leur musique ultra travaillée et ceux qui ne supporteront pas certaines boursouflures pop trop marquées. Et alors que je ne défends pas franchement la pop surproduite qui fleure bon les semaines enfermées en studio (celle de Muse bien sûr mais aussi celle du Radiohead de Kid A/Amnesiac), ici, je suis complètement hypnotisé par les petits effets, il est vrai, fort bien servis par la puissance des harmonies, simples et accrocheuses en diable. Parmi les 16 morceaux qui nous sont offerts, un beau petit paquet mérite l'adjectif "tubesque" et parmi eux, "Wake up call", "Neon brother" ou le doucement tapageur "Trip switch" dont la dynamique peut faire fléchir n'importe qui.

Si la facilité, le côté ultra efficace d'une musique ciselée te rebute quelque peu, Nothing but thieves apporte également des plages plus intimistes et moins radiophoniquement correctes comme l'ensemble "If I get high"/"Graveyard whistling" où plane une mélancolie certaine (version plus éthérée du Radiohead de The bends pour le premier, promenade où le chant prédomine pour le second). Les instruments disparaissent quasiment pour laisser le chant libre sans pour autant que le chanteur n'en fasse des tonnes ("Tempt you (evocatio)"). A l'inverse, si tu veux du brut, du rock, de la vitesse, essaye "Painkiller", sa basse ronflante et ses guitares débraillées.

Nothing But Thieves a les moyens de rameuter un large public autour de ses compositions, les Anglais ont su créer de véritables atmosphères sur des bases mélodiques évidentes et touchent ainsi ceux qui apprécient ce qui sonne immédiatement à l'oreille comme ceux qui voient l'énorme boulot derrière chaque morceau. Même si, à la base, je ne suis pas forcément un bon client de ce genre, là, je m'incline. Bravo.