Rock > No Age
Biographie > Electric noise energy
Jeune duo californien, No Age aurait pu faire comme beaucoup, à savoir pratiquer un punk-rock balisé, ultra-produit, sage et largement plébiscités par les radios de la Cité des Anges... Mais avec l'esprit de contradiction qu'a forcément un jeune musicien nourri depuis sa plus tendre enfance aux Sonic Youth, les deux de No Age ont préféré s'orienter vers d'autres horizons musicaux. Plus lo-fi, indie et noisy (tiens ça rime...), tout ça pour quoi ? Tout simplement nous servir une musique à la personnalité affirmée, au songwriting racé et à l'énergie accrocheuse. En 2007, Dean Spunt (batterie) et Randy Randall (guitare) alias No Age sortent leur premier effort intitulé Weirdo rippers chez Fat Cat Records / PIAS et démontrent qu'il faudra désormais compter eux pour dynamiter la scène indé nord-américaine. Nous on n'attendait que ça...
> 0 commentaire
-
Ajoute un commentaire !
No Age / Chronique LP > Nouns
A peine un an après un Weirdo rippers en forme de collection de singles noise-rock punky, le duo No Age revient sur le devant de la scène avec ce Nouns, nouveau recueil de pop-songs contrariées à coup de noise fulgurante qui vrille les tympans, déposé dans un sympathique digipack cartonné et publié par le toujours excellent label SubPop (The Album Leaf, The Gutter Twins, Wolf Parade...). Ambiances urbaines, titres courts (une seule fois plus de 3 minutes), chant lointain et volontairement approximatif, comme égaré dans un brouillard d'effets et de saturation noisy façon Sonic Youth ou shoegaze à la My Bloody Valentine. Des tempi particulièrement élevés ("Eraser"), des compositions échevelées, un halo sonique qui enveloppe des harmonies incertaines comme livrées à l'emporte-pièce avec toujours un souci d'urgence où parfois, une mélodie déviante fait irruption dans un ensemble remarquablement cohérent (contrairement à Weirdo rippers qui était déjà plus foutraque).
Le côté un peu brinquebalant de la chose peut heurter ("Teen creeps"), le côté "joyeux boxon sonore" a de quoi laisse sur le carreau, mais malgré tout, l'énergie déployée par le le duo Dean Spunt / Randy Randall parvient souvent à étouffer la critique dans l'oeuf. Un véritable bouillonnement électrique, de petites idées qui jaillissent de tous les côtés en perçant la brume de distorsion qui nous empêchait jusque là d'apercevoir l'horizon. Agile, discrètement décalé, anachronique, le duo joue les funambules rock ("Sleeper hold") et parvient à se sortir du piège du disque qui laisse indifférent ("Keechie"). La force du groupe est de savoir proposer des titres courts et presque punk, l'auditeur pouvant ainsi passer de l'un à l'autre sans jamais s'ennuyer, même si le côté brouillon de ce Nouns nécessite un petit temps d'adaptation. "Here should be my home" ou "Ripped knees" s'inscrivent dans la droite lignée de cette logique expérimentale. No Age est ici pour produire une musique racée et énergique, faite de collages sonores lof-i, une musique qui rebute ou fascine mais au moins, ne se pose pas en énième produit calibré pour fonctionner, mais plutôt comme un disque inventif et étonnamment bricolé pour créer quelque chose qui sorte de l'ordinaire.
> 1 commentaire
-
Ajoute un commentaire !
No Age / Chronique LP > Weirdo rippers
Si Sonic Youth avait rencontré Jesus and Mary Chains, si Deerhunter avait fusionné avec les Ramones, le tout dans une atmosphère lo-fi où le "do it yourself" est quasiment roi, on aurait sans doute eu droit à quelque chose qui ressemblerait singulièrement à No Age. Et le résultat s'intitulerait donc Weirdos rippers, un premier album, un peu cahotique et sauvagement noisy en forme de bilan anticipé de la carrière encore balbutiante des deux californiens qui avaient, à l'origine, décidé de ne sortir leurs compositions que via des vinyles aux pressages limités. Une fois compilés sur CD et sorties par le toujours exigeant label Fat Cat Records (Mum, Animal Collective, Songs of green...), le grand public peut donc découvrir No Age et mesurer par la même occasion le fossé culturel qui sépare ces deux jeunes hommes de la majeure partie de la production musicale nord-américaine.
Et pour cause, Weirdos rippers est un disque à la fois foisonnant et bordélique (ce qui va souvent de pair d'ailleurs). Engoncé dans un costume bruitiste dans lequel il se retrouve un peu à l'étroit, le duo démystifie le genre noise-rock lo-fi et met le paquet en tirant dans tous les sens pour faire éclater les coutures. "Boy void", "I wanna sleep", "My life's alright without you", les morceaux ne s'enchaînent pas dans la continuité, ils s'entrechoquent contre nature dans une véritable éruption sonore. L'effet est étonnant mais réussi. No Age ne sort pas un banal album de rock noisy mais balance à la face de l'auditeur une grosse dizaine de compositions parfois mal dégrossies et déroutantes, souvent accrocheuses et racées, toujours brutes de décoffrage. On adhère direct pour en rejette tout en vrac... ici, aucun compromis n'est envisageable. Evidemment, tout ceci reste assez expérimental et doit être sans doute réservé aux amateurs d'une musique exigeante et pas du tout commerciale (l'étrange "Sun spots", le lumineux "Loosen this job"). Car Weirdo rippers, c'est un album urbain, froid et anti-marketing à souhait, une oeuvre radicale mais à la créativité étonnante qui se contrefout des conventions musicales pour jeter à la platine ce que ses géniteurs ont à dire. Et comme ceux-ci ne semblent savoir s'exprimer que par le biais de quelques guitares acérées et mélodies improbables qui décloisonnent brutalement la scène indie nord-américaine, on prend tout ça comme ça vient et on profite de l'instant avec le plaisir de voir deux gamins jouer un sale tour à leurs compatriotes. Avec toute la conviction dont ils sont capables, les deux américains de No Age n'hésitent pas à se lancer à corps perdu dans des territoires musicaux hostiles où seule l'intégrité artistique fait loi. Mais à ce petit jeu, le duo démontre qu'il a déjà de belles cartes dans sa manche et livre avec ceWeirdos rippers un disque salvateur et exigeant qui se brûle par les deux bouts. On attend déjà la suite en trépignant d'impatience...
> 0 commentaire
-
Ajoute un commentaire !
postpresentmedium.com: site officiel
(22 hits)
|

