Nickelback - Here and now Parce qu'il est d'usage de caresser son lectorat (féminin ?) dans le sens du poil à chaque nouvelle sortie d'un album de Nickelback, on s'est dit qu'on allait... ben pas le faire. Et s'offrir donc le petit plaisir de sale gosse décérébré que voici.

Tu sais donc que tu chroniques le nouveau Nickelback quand...

- Tu as les dents qui commencent à grincer toutes seules au moment de poser l'album dans le mange-disques.

- Tu te dis qu'après un seul titre, au hasard tiens, le premier ("This means war"), tu as déjà un avis définitif sur l'album.

- En bref que c'est une bouse infâme...

- Tu SAIS que les fans de "big rock" dégoulinant de frime et d'envolées pour serial lover en manque de GHB (toujours au hasard... le second titre, soit "Bottoms up") vont adorer. Pas toi donc.

- Tu t'emmerdes sévère.

- Tu as envie de te pendre avec une corde de guitare ou de t'ouvrir les veines avec un médiator (ou les deux histoire de ne pas te rater) pour ne plus entendre Chad Kroeger. Sans déconner, plus jamais hein... [argh plus que huit titres]

- Tu as envie d'enterrer Chad Kroeger au Panthéon des chanteurs de "rauque". Mais l'enterrer vivant. [humpf sept]

- Tu comprends que l'album traite d'amour et de sexe et ça te donne envie de t'enfermer dans un couvent pendant les dix prochaines années. [ok, tu arrêtes de compter]

- Tu te dis que c'est quand même pas possible d'emballer de la pouffe de luxe à un concert (sans GHB) avec "When we stand together". Et pourtant...

- Tu te dis qu'à la limite (ça c'est après trois titres), les albums de Bon Jovi ou David Hasselhoff sont bien. Et pourtant...

- Tu meurs d'envie de susurrer à l'oreille du groupe qu'avoir un putain de gros son mais aucune idée de comment l'utiliser, c'est comme Hugh Heffner avec une demi-douzaine de pilules de viagra. C'est bien sur le papier, mais ça ne suffira jamais. ("Gotta get me some", "Kiss it goodbye")

- Tu te dis que toi aussi, tu pourrais avoir 13 ans et devoir emballer le canon de ta classe de 4e2 à la boum du collège sur le refrain de "Lullaby" (mais sur "Everything I wanna do" ça passe aussi)

- Et qu'en fait l'album s'adresse à ce public et uniquement à celui-là. Parce que tu sais que le boutonneux qui n'y arrive pas sur "Trying not to love you"... ben il est pas près de la mettre au fond.

- Tu comprends qu'en fait tu as eu de la chance d'être né plus tôt parce que toi c'était sur "How you remind me" et qu'avoir scoré là-dessus, c'est quand même moins la honte.

- Tu te rends compte que le mauvais goût a parfois peu de limites, même si tu veux être un boys-band des temps modernes ("Holding on to Heaven"). Post-grunge qu'ils disaient, la bonne blague.

- Tu te dis que finalement, à la limite, vue la gueule de la pochette, tu peux recycler l'album en dessous de verre pour poser ta bière en écoutant de la vraie musique d'homme.

- Tu sais qu'en défonçant le dernier Red Hot Chili Peppers, en fait tu as été un petit joueur ("Don't ever left it end").

- Tu sais pourquoi l'industrie du disque se zombifie.