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Venus à la musique indépendante via le Closer de Joy Division ou le cultissime Loveless de My Blood Valentine, les quatre membres de Nelson se partagent entre Londres et Paris, leur ville d'origine. Formé en 2002 dans une école de cinéma où JB, Gregory, David et Thomas suivaient chacun une formation d'ingénieur du son, Nelson est justement le produit de ce travail sur le son que ces quatre musiciens affectionnent tant. Ceci ajouté à des influences plus actuelles que celles précitées, Liars ou Animal Collective en tête, et l'on commence à avoir une petite idée de ce que peut donner le style Nelson. Art rock expérimentalo-bruitiste, mélange de mélodies pop-rock et de recherches sonores sans aucune limite, le quartet s'accroche farouchement à son indépendance. Ce qui ne l'empêche pas pour autant de sortir son premier essai discographique via Diamondtraxx (Hush Puppies, Dirty Sound System) : un EP cinq titres intitulé Bangkok riot qui a vu le jour en mars 2006.

Nelson / Chronique LP > Revolving doors

Nelson : Revolting doors En 2006, lorsque Nelson sort son premier EP, Bangkok riot (déjà via Diamondtraxx), l'objet passe relativement inaperçu auprès du grand public mais attise l'oeil des supposés spécialistes de la question. Guitares étriquées, rythmiques toutes en rupture, le rock du quartet hexagonal avait déjà surpris par son aspect complètement décomplexé et sa personnalité plus qu'affirmée en ces heures de tout marketé exarcerbé. Revolving doors était donc programmé pour confirmer cette impression.
Car il est une évidence, Nelson n'est pas un groupe de radio, au contraire. Par contre, pour le reste, il faut bien l'admettre : Bangkok riot hier et Revolving doors aujourd'hui viennent nous en convaincre, ce groupe n'hésite pas à bousculer ses acquis et à porter fièrement les couleurs d'une french-touch pop-rock bien plus inventive qu'il n'y paraît. Mélodies névrosées, instrumentations incandescentes ("Slow falling", "Seasons"), rythmiques branchées sur 10 000 volts, cette livraison de compositions assurées par Nelson nous offre quelques brûlots post-punk nerveux taillés au scalpel et des ambiances new-wave chères à New Order.
Cold wave sombre et torturée, électro-rock psychotique, le groupe est assez éloigné de la vague power-pop qui déferle sur le Royaume-Uni et pulvérise les charts depuis quelques années. Exit des groupes tels que les Bloc Party, The Rakes ou The Killers, Revolving doors n'est pas l'oeuvre de jeunes gens irrésistiblement attirés par les tubes radiophoniques. Les structures narcoleptiques quelque part entre New Order (encore) et Sonic Youth, Nelson imprime sa griffe musicale, étrange, froide, habitée et séminale. Des mélodies lancinantes et fiévreuses, des velléités expérimentales, le quartet bouscule les certitudes, semble jouer avec l'héritage de ses glorieux aînés sans jamais céder à la redite. Et dans le même temps, la musique des parisiens ne virent jamais à l'abscons, elle fait suffisamment coulisser ses portes pour rester accessible. Du moins, juste assez pour que nombre d'amateurs de pop, de rock et de cold wave puissent se pencher sur leur cas. A condition que ceux-ci soient avides de nouvelles sensations musicales. Quoiqu'il advienne maintenant, les Nelson auront au moins tenté leur chance.

Nelson / Chronique EP > Bangkok riot

nelson_bangkok_riot.jpg "The (over) song" : batterie métronomique, guitares qui crissent le long des murs, basse murmurée, Nelson livre un premier titre pop-rock étriqué et lo-fi, entre le marteau et l'enclume, toujours à la limite de la rupture. Noise et expérimental, rock et abrasif, ce premier titre trouve son écho dans "Rise and fall", délibérément post-punk et toujours plus accrocheur. Sur le fil du rasoir, Nelson ne lâche rien, repousse sans cesse ses propres limites pour aller chercher un son qui lui soit propre et unique. Abrasif, nerveux, ce deuxième titre prend aux tripes, nous poursuit où que l'on aille. Pris au piège du maniétisme étrange des compositions du quartet, on attend avec impatience la suite. Mais "There is no escape" est l'erreur de casting de ce Bangkok riot.
On comprend bien que le groupe a délibérément joué la carte de la répétition à outrance, pour plonger l'auditeur dans ce que les français ont vu comme un "témoignage maniaco dépressif d'une traque au ralenti". Torturé, déroutant et finalement ennuyeux, Nelson a voulu brouiller les pistes, il a perdu les auditeurs en route. Ou est-ce lui qui s'est égaré sur le chemin qu'il cherchait à dessiner un peu prétentieusement. Manquant un peu d'humilité, la musique des quatre français semble alors s'être enfermée dans un trip expérimental intellectualo-élitiste à réserver uniquement aux inconditionnels du genre... On s'entend alors au pire et Nelson se plaît à jouer avec nous : on aura finalement droit au meilleur de Bangkok riot. "Dämmerung", titre au spoken-word discrètement délivré en allemand, un morceau où le groupe lorgne sagemment mais sûrement du côté des sphères du post-rock. Entre intenses crescendo instrumentaux et délicates atmosphères aériennes, les français nous offrent le petit chef-d'oeuvre de cet EP, une composition riche et fouillée, inspirée et formellement aboutie. Ce qui ne sera pas forcément le cas de la relecture très convenue de "Rise and fall", remixée en mode éléctro-pop minimaliste par l'entité Colder. Que reste-t-il au final de Bangkok riot ? Un collage hétérogène de compositions effleurant autant les contrées de la noise qu'elles entrent sans prévenir dans les territoires de l'éléctro et du post-rock. Inégal mais complètement assumé.