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Nelson > Chronique EP / Bangkok riot
"The (over) song" : batterie métronomique, guitares qui crissent le long des murs, basse murmurée, Nelson livre un premier titre pop-rock étriqué et lo-fi, entre le marteau et l'enclume, toujours à la limite de la rupture. Noise et expérimental, rock et abrasif, ce premier titre trouve son écho dans "Rise and fall", délibérément post-punk et toujours plus accrocheur. Sur le fil du rasoir, Nelson ne lâche rien, repousse sans cesse ses propres limites pour aller chercher un son qui lui soit propre et unique. Abrasif, nerveux, ce deuxième titre prend aux tripes, nous poursuit où que l'on aille. Pris au piège du maniétisme étrange des compositions du quartet, on attend avec impatience la suite. Mais "There is no escape" est l'erreur de casting de ce Bangkok riot.
On comprend bien que le groupe a délibérément joué la carte de la répétition à outrance, pour plonger l'auditeur dans ce que les français ont vu comme un "témoignage maniaco dépressif d'une traque au ralenti". Torturé, déroutant et finalement ennuyeux, Nelson a voulu brouiller les pistes, il a perdu les auditeurs en route. Ou est-ce lui qui s'est égaré sur le chemin qu'il cherchait à dessiner un peu prétentieusement. Manquant un peu d'humilité, la musique des quatre français semble alors s'être enfermée dans un trip expérimental intellectualo-élitiste à réserver uniquement aux inconditionnels du genre... On s'entend alors au pire et Nelson se plaît à jouer avec nous : on aura finalement droit au meilleur de Bangkok riot. "Dämmerung", titre au spoken-word discrètement délivré en allemand, un morceau où le groupe lorgne sagemment mais sûrement du côté des sphères du post-rock. Entre intenses crescendo instrumentaux et délicates atmosphères aériennes, les français nous offrent le petit chef-d'oeuvre de cet EP, une composition riche et fouillée, inspirée et formellement aboutie. Ce qui ne sera pas forcément le cas de la relecture très convenue de "Rise and fall", remixée en mode éléctro-pop minimaliste par l'entité Colder. Que reste-t-il au final de Bangkok riot ? Un collage hétérogène de compositions effleurant autant les contrées de la noise qu'elles entrent sans prévenir dans les territoires de l'éléctro et du post-rock. Inégal mais complètement assumé.
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