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Biographie > Au coeur de la nébuleuse stoner

Emanation directe de Fu Manchu, l'un des combos majeurs de la scène stoner/ rock, Nebula réunit à ses débuts Eddie Glass, Mark Abshire et Ruben Romano, trois ex-membres de Fu Manchu qui viennent donc de claquer la porte de leur précédent groupe après de nombreux conflits avec Scott Hill (frontman de .... pour les deux du fond qui suivent pas). Forcément, le groupe tout juste formé ne peut qu'attirer l'attention et ce n'est pas le premier EP officiel du combo Let It burn (1997) qui va renvoyer Nebula dans l'ombre. Véritable manifeste stoner rock aux sonorités bluesy, cet EP va ravir les amateurs du genre et faire monter le buzz autours de ce groupe, que tout le monde au sein de la communauté stoner, attend désormais au tournant.
Le tournant, justement, c'est To the center, premier album du groupe, qui confirme les espoirs placés dans ce trio se fait progressivement son trou au milieu des Fu Manchu, Clutch et autres Unida. Suivront alors un second LP intitulé Charged puis la réédition un double EP intitulé Dos EP's (qui regroupe Sun Creature, un EP sorti confidentiellement chez Man's Ruin Records en 1998, ainsi qu'un split CD réalisé avec Lowrider et édité la même année par MeteorCity), avant que Nebula s'impose définitivement comme l'un des combos les plus intéressants de la scène stoner actuelle, avec son troisième album : Atomic Ritual (2003, Sweet Nothing). A l'automne 2005, Nebula annonce que son quatrième opus est prêt. Le très attendu successeur de Atomic Ritual est annoncé dans les bacs dans le courant de l'année 2006. En clair, le trio n'est pas prêt de s'arrêter en si bon chemin. Et comme prévu, au printemps 2006, c'est au tour de Appolo de débarquer dans les bacs, cette fois encore via Sweet Nothing Records et Differ-Ant (pour la distribution hexagonale).

Nebula / Chronique LP > Apollo

Nebula : Appolo Quatrième opus que cet Apollo qui fait suite à l'excellent Atomic Ritual et Nebula poursuit sa quête d'absolu musical à situer entre stoner rock bluesy, fuzz caniculaire et trip space rock moderne. On entre dans cet album via "Orbit" et ses lignes de gratte bien caniculaires qui s'entremêlent dans tous les sens dans une nébuleuse (facile...) de riffs sans fin; et on se dit qu'on est parti pour un sacré moment de desert rock sous acide. Impression vérifiée dès "Loose cannon", une sorte de road trip gorgé d'hallucinogène et de riffs bien sentis... Pour l'aspect spatial de l'album, on attend toujours, d'autant que le début de ce quatrième effort de Nebula se révèle particulièrement "terrestre", mais connaissant le palmarès du groupe on se dit alors que, patience, ça va venir.
Et effectivement, ça vient avec "Fever frey" et un décollage immédiat dans la navette Nebula pour un petit voyage dans les étoiles du stoner supersonique et une avalance de heavy rock'n roll au programme de la petite excursion ("Lightbringer"). Retour sur terre avec le kaléidoscopique "Future days", un titre en rupture avec les précédents, pour la simple et bonne raison que le groupe y délaisse le stoner simple, brut et primaire, pour un rock aux instrumentations plus complexes et aux influences ethniques discrètes mais assumées. Et le combo californien d'alterner ainsi les coups de machette bien rock et classiques mais toujours très efficaces, mais d'autres plages musicales plus raffinés et témoignant d'une volonté de ne pas s'enfermer dans un genre trop souvent galvaudé. Refrain entêtant (The eagle has landed"), mélodies accrocheuses et volonté de dépasser les limites du stoner rock ("Trapezium procession"), le temps des quatorze titres que recèle cet Appolo, le groupe nous offre un album de desert rock hormoné à souhait et hallucinatoire, varié, impeccablement maîtrisé et d'une efficacité rare. Du pur Nebula en somme...

Nebula / Chronique LP > Atomic ritual

nebula_atomic_ritual_artwork 2003, le troisième album de Nebula débarque dans les bacs. Les inconditionnels du genre se précipitent pour se procurer ce qu'ils ignorent encore être une pure bombe stoner. Plus qu'une claque, une véritable déflagration. Du genre à être d'une précision chirurgicale, tout en faisant un maximum de victimes. Voilà pour la métaphore. Après deux albums de calibre fort honorable, le trio Nebula s'est décidé à passer la vitesse supérieure et à, enfin, exploiter ce potentiel énorme que l'on avait entrevu notamment sur To the center. Forcément a posteriori, c'est facile à dire, mais quoiqu'il en soit, lorsque "Atomic ritual" ou "So it goes" envoient les riffs fuzz et le gros son typiquement heavy rock de tout bon groupes stoner qui se respecte, on se dit qu'on aurait quand même pu sentir le choc arriver.
Ne gâchons pas notre plaisir, petit bonus ici, la production est excellentissime, mais à vrai dire, l'amateur de desert rock qui a fait bien ses devoirs aura lu que Atomic Ritual a été enregistré sous la houlette de Chris Goss. L'homme n'est pas vraiment ce que l'on pourrait appeler un débutant, puisqu'il a notamment produit entre autres chef-d'oeuvres Blues for the red sun ou ...and the circus leaves town de Kyuss et qu'il a depuis, notamment participé, à Lullabies to paralyze des Queens of the Stone Age. Pas vraiment un débutant qu'on vous disait. Une production en béton, c'est bien joli, mais ça ne sert à rien si le groupe n'assure pas derrière, sauf qu'ici, Nebula déballe le matos et assure le show avec des titres tels que "Carpe diem" ou "More" au groove étourdissant et aux soli de gratte frisant l'orgasme.
Le groupe en met dans tous les sens, insufflant une énergie furieusement rock'n roll et psychédélique à l'ensemble ("The beast", l'halluciné "Out of your head"). Les Nebula ont décidé de mettre le paquet et en fait des tonnes, au risque de se griller les derniers neurones qu'ils leur restent au fond du bulbe avec notamment "Electric synapses". Définitivement achevé, même l'amateur de stoner averti se devra de rendre les armes et de reconnaître que le trio de est plus qu'un simple groupe de desert rock de plus. La décharge de stoner massif qu'est Atomic Ritual en apporte la preuve définitive : Nebula est un grand groupe de stoner. Que cela soit dit.

Nebula / Chronique LP > Charged

nebula_charged_artwork Deuxième album pour Nebula et déjà l'heure de la confirmation pour un groupe qui s'est imposé dès ses débuts comme l'une des formations stoner à suivre. Un deuxième opus pour montrer que désormais, le trio pouvait s'imposer au sein d'une scène stoner rock regorgeant de groupes talentueux et respectés (Queens of the Stone Age et Clutch en tête). Restait donc à savoir à quelle sauce, les trois ex-Fu Manchu avaient bien pu accommoder leur second LP. Verdict ? Un peu la même que sur To the center. Mais en plus savoureuse.
Nebula engage les hostilités avec "Do it now" et "Beyond", deux titres un peu mous du genou et qui ne parviennent pas à calmer l'appétit vorace de tout amateur de ce trio, qui reconnaissons-le, nous a habitué à mieux. On oublie ce petit faux départ de l'entrée un peu dur à avaler et on se lance dans la découverte d'un "Giant" supersonique et énergique à souhait. Un hit stoner ultime à la rythmique électrique et aux riffs tétanisants. De quoi grimper aux rideaux. D'autant que Nebula s'offre quelques ballades stoner audacieuses et teintée de sonorités bluesy du plus bel effet ("Travelin' man's blues", "This one"). Avis amateurs des riffs et soli de gratte explosifs de To the center, le trio vous a gâté ("Instant gravitation", "Ignition"), le plat de résistance, groovy juste comme il faut ("This love") et furieusement rock'n roll, est largement à la hauteur de la réputation du groupe.
Afin que le repas ne soit pas trop lourd à digérer, le groupe enquille le dessert et le digestif en une seule fournée, avec une nouvelle salve de riffs atomiques (le bien nommé "Shaker" ou le puissant "All the way"). Entre les deux, le groupe joue la finesse en nous offrant un "Goodbye yesterday" très acoustique, histoire de faire passer l'addition tout en douceur. Mais juste par gourmandise, on en reprendrait bien quand même bien un peu....

Nebula / Chronique LP > To the center

nebula_to_the_center_artwork Un groupe qui se compose de trois ex-Fu Manchu et qui se révèle capable de pondre des titres du calibre d'un "Long day" ou "Fall of Icarus", deux morceaux stoner groovyssimes (copyright W-Fenec.org, sic) et psychés, que les amateurs du genre les plus attentifs n'auront pas manqué de repérer à l'écouté de Dos EP's, ne peut pas s'arrêter là. Forcément, il doit y avoir une suite à tout ça, parce que Nebula s'est érigé avec ce double EP, comme l'apôtre d'un stoner-rock bluesy à souhait, comme on en voit que trop rarement. Aussi, la sortie de To the center, premier LP du groupe se devait d'être attendue, entre les garanties constructeurs des premiers EP et les défauts de fabrication inhérents à tout premier album, on n'avait pas le droit de passer à côté de ça, décryptage de la bête.
Véritable ballade stoner/blues caniculaire à travers le désert californien, l'introductif et éponyme To the center pose d'entrée, pour ceux qui ne connaissaient pas encore le groupe, les bases du style Nebula. Faux rythme, coolitude assumée, quelques petits soli de grattes discrètement distillés et un son atypique, font de ce premier titre un modèle du genre. Deuxième titre et le trio enclenche la machine à tubes, avec un "Come down", aux lignes de gratte ultimes et à la rythmique démentiel. Court (à peine deux petites minutes), brut de décoffrage, post-grunge speedé. Le style de Nebula est assez difficile à identifier après une seule écoute tant il se nourrit de toutes les influences qui ont fait le rock de ces 20 dernières années. Le groupe aligne les brûlot heavy rock teintés d'un psychédélisme hérité des 70's ("What you're looking for", "Antigone", "Between time" et "You mean nothing").
On dicerne ci-et là quelques influences orientalisantes dans les riffs (l'excellent "Freedom"), un esprit punk-rock que l'on dans quelques rythmiques épileptiques, un groove abrasif et une attitude définitivement en phase avec l'esprit du stoner ("I need somebody"). Certes cet album est loin d'être parfait ("So low", "Fields of psilocybin"), mais To the center apporte la preuve que Nebula, très loin de n'être une pâle copie de Fu Manchu, en dans le ventre et a le potentiel pour frapper fort lorsque son style sera parvenu à matûrité. Ce qu'il fera effectivement avec ses albums suivants.