rock Rock > Nadine Shah

Biographie > L'impératrice que tchi

Britannique d'origine pakistanaise et norvégienne, la chanteuse et musicienne Nadine Shah débute sa vie d'artiste par le jazz avant de se tourner en solo vers le rock au début des années 2010. Très souvent comparée à PJ Harvey mais également à Nick Cave depuis la sortie de son premier album Love your dud and mad en 2013, la native de Whitburn a le privilège d'ouvrir pour Bat For Lashes et Depeche Mode. Un coup de boost plus que bienvenue pour mettre en lumière sa musique emplie de chagrins et de désillusions illustrés par des textes souvent autobiographiques (son premier album était inspiré grandement par le suicide de deux amis proches). L'ayant découverte, la styliste Vivienne Westwood lui offre en 2014 la possibilité de jouer sur le défilé de sa collection Red Label. Après une apparition sur deux titres de Shedding skin, le nouvel opus du chanteur Ghostpoet, elle délivre le 6 avril, Fast food, un deuxième album sorti sur le label qui l'accompagne depuis ses débuts, j'ai nommé Apollo Records (Cloud Boat, Boozoo Bajou, Eskmo).

Nadine Shah / Chronique LP > Fast food

Nadine Shah - Fast food Enregistré à Londres au studio The Pool à l'aide du guitariste Nick Webb et du bassiste d'I Am Kloot Peter Jobson, et produit de nouveau par Ben Hillier (Depeche Mode, Blur), Fast food bénéficie d'une équipe technique qui sans coup férir lui donne un son magistral en mettant en valeur les arrangements instrumentaux, d'une part, et d'autre part la substantifique moelle de cette œuvre c'est à dire la voix profonde et merveilleuse de Nadine. Et ce n'est pas la relation amoureuse, thème principal de ce disque, qui allait inhiber toute velléité émotionnelle, bien au contraire. La chanteuse séduit donc par une voix grave et pénétrante dont le ton régulièrement éperdu nous galvanise sur des mélodies touchantes. Ce nouvel album de Nadine Shah, navigue dans un rock perspicace et élégiaque, qui se veut être bien plus personnel que son prédécesseur. Et celui-là ne serait clairement pas le même sans le travail abouti et minutieux des guitares, qu'elles soient acoustiques ou électriques, et des divers rythmes et percussions qui se mettent au service de l'ambiance erratique du disque.

Fast food, comme son nom ne l'indique pas, ne se consomme pas comme un burger dégoulinant de graisse avalé en deux-deux. Au contraire, il met du temps à s'installer, tel un album subtil composé de plages éthérées qui se révèlent aux fils des écoutes, même si certains titres sont plus immédiats que d'autres ("Fast food", "Fool", "The gin one"). Un disque totalement à l'image d'une suite de témoignages déroutant de la vie trépidante d'une musicienne qui, on l'espère, n'a pas fini de nous surprendre.