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Rock
Nada Surf
Biographie > Nada Surf
Comment parler de Nada Surf sans évoquer le succès de "Popular" en 1996, à l'époque où les radios nationales prennaient encore le risque de diffuser du rock ? Pris au piège de ce single réducteur, le trio new-yorkais formé en 93 connut le parcours désormais (trop) classique du groupe englué dans les manoeuvres juridiques d'une maison de disque vorace et n'entendant pas laisser faire ce qu'ils voulaient à une telle poule aux oeufs d'or. Le succès de la power-pop inclassable de Nada Surf tient autant de la facilité mélodique d'un Weezer que de l'énergie et la fougue d'un Nirvana, véritable condensé d'émotion qui prend toute sa force sur scène. Si High/low connut un immense succès, son successeur The proximity effect sortit dans la plus grande discrétion en France et pas du tout aux Etats-Unis malgré les petites perles pop-rock qu'il contient. La France restera une terre d'accueil fidèle pour ces américains à la gentillesse légendaire dont deux des membres (Daniel le bassiste et Matthew le guitariste) parlent un français impeccable, langue maternelle du premier et langue d'étude du second. Après avoir gagné leur procès contre Elektra au terme d'une bataille de trois ans de vache maigre, les Nada Surf réussissent à sortir The proximity effect sur leur propre structure MavDred Records et à relancer la machine avec Let go, sorti sur Labels en France.
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Nada Surf / Chronique LP > The weight is a gift
2005 : Nada Surf est de retour 3 ans après le très réussi Let go : carton commercial et critique qui a réussi à mettre tout le monde d'accord. C'est dans ce fait que réside tout l'enjeu de ce The weight is a gift : succéder dignement à son prédécesseur. Et le tournant musical que présageait l'album sorti en 2002 se confirme dans The weight is a gift. En effet, l'influence pop prend constamment au fil du temps le dessus sur les influences plus power rock des débuts (repensons à des "Mother's day", "Deeper well" ou encore "Firecracker"...). Cette mouvance pop révèle indubitablement la machine créatrice de tubes qu'est cette formation ("Always love", "Blankest year" ou même "Imaginary friends" en ont toutes les caractéristiques). Cette fois-ci la musique du trio new-yorkais se caractérise par des structures de plus en plus conventionnelles, des morceaux courts mais des mélodies toujours efficaces (on pensera à "Concrete bed", ou encore "All is a game"). Les ballades propres au groupes sont présentes : "Comes a time" et "Your legs grow" en témoignent avec leurs mélodies ensorceleuses. Toutefois, l'album semble s'épuiser sur la fin notamment avec "In the mirror", bonnet d'âne de cet album présentant une certaine monotonie et une facette du groupe jusqu'à maintenant peu dévoilée. Mais Caws et ses compères savent encore enchanter leurs auditeurs avec des bijoux tels que "Do it again" qui attaque fort dès les premières secondes avec une basse au son tonitruant (merci Fender !). Bref, Nada Surf se "popularise" un peu plus dans cet album n'atteignant pas les 45 minutes, risquant de se mettre à dos les fans du Nada Surf de la seconde moitié des 90'. Le trio s'exerce dorénavant dans un autre registre, mais il le fait bien et c'est déjà pas mal.
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Nada Surf / Chronique LP > Lucky
Qu'attendre de Nada Surf en 2008? C'est probablement la question que se sont posés certains fans du groupe, surtout les plus vieux. La quarantaine entamée, les 3 New-yorkais avaient prouvé avec The weight is a gift que leur énergie était toujours présente, ceci en gardant une progression discographique naturelle. Avec ce cinquième album nommé sobrement Lucky, Nada Surf confirme que l'on ne change pas une recette qui fonctionne. Des tubes pop-rock à foison tels que "Weightless", "I like what you say" ou "Ice on the wing" viennent croiser de jolies ballades ("Are you lightning ?", "The film did not go'round"). Lucky, qui a été diffusé entièrement en avant-première sur leur page Myspace quelques semaines avant sa sortie, est formidablement co-produit par les musiciens avec John Goodmanson (The Blood Brothers, Death Cab For Cutie, Blonde Redhead...). Son lot d'invités dont, entre autres, Ben Gibbard (Death Cab For Cutie), Ed Harcourt, John Roderick (The Long Winters), Phil Wanderscher (Jesse Sykes & The Sweet Hereafter) ou Coralie Clément viennent apporter leurs touches au piano, chant et autres instruments dont le violon. Bien que le trio était parti pour faire un album plus rock à la base, il s'est laissé inspirer une fois de plus par ses émotions, ses aventures, ses voyages. C'est ainsi que, par exemple, "See these bones" raconte la visite de Matthews Caws de la crypte des Capucins à Rome où se trouvent cinq chapelles toutes décorées de crânes et tibias de 4 000 moines capucins décédés entre 1528 et 1870. Côté musical, les seules surprises viennent de "The Fox" avec le côté déstructuré de la batterie et les violons (une première pour le groupe) et la très folk "Here goes something". Au final, Lucky est un album sincère, direct et positif qui ne décevra pas les fans des derniers albums. Le livret du CD est garni de messages philosophiques plein d'espoir en plusieurs langues. Naïf, utopique ? Voilà un album qui apportera au moins un peu de douceur dans ce monde de brutes.
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Nada Surf / Chronique LP > Let go
Let go ou l'album de la renaissance pour un trio malmené mais qui peut désormais se faire plaisir sans se prendre la tête. Le moins qu'on puisse dire est qu'effectivement Let go n'est pas prise de tête tant il contient un fort pourcentage de chansons poppy faciles à retenir tout en étant pourvu d'une grande maturité. Les voix de Matthew et de Daniel (qui délaisse sa basse pour l'occasion) s'entrecroise sans peine sur un "Blizzard of 77' " qui laisse rêveur, avant que la batterie énergique d' Ira redonne la pêche à tout le monde sur un "The way ou wear your head" simple mais imparable. Le quasi-accoustique "Fruit fly" perd en intensité sur la fin, mais "Blonde on blonde" restera à tout jamais la ballade idéale pour les temps de pluie. Le sommet de cet album est sans doute "Hi-speed soul" et son riff assassin, un morceau taillé pour faire taper tout le monde dans ses mains comme aux concerts de Jonny. La suite est peut-être un peu moins accrocheuse, on retiendra surtout la très belle ballade chantée en français dans le texte "Là pour ça", moins cul-cul qu'on aurait pu s'y attendre à la lecture du titre. Le très weezerien "Happy kid" et ce "Treading water" aux effets reverbs marquent l'esprit plus que les deux plus banales "Paper boats" et "Run", pas forcément utiles en fin d'album .Mais on ressort de cette écoute avec le sourire aux lèvres et surtout le sentiment que Nada Surf a enfin posé les bases immuables de sa musique, reconnaissable aux premiers accords, entre ballades sentimentales et éclairs de guitares bien placés pour faire bouger la tête. Et l'on sent comme toujours un groupe solidaire, avec trois personnalités fortes qui se canalisent mutuellement pour donner le meilleur d'eux-même, tout simplement et sincèrement. La sincérité, voilà sans doute le secret d'un bon album pop-rock aujourd'hui...
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