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Biographie > Nada Surf

Comment parler de Nada Surf sans évoquer le succès de "Popular" en 1996, à l'époque où les radios nationales prennaient encore le risque de diffuser du rock ? Pris au piège de ce single réducteur, le trio new-yorkais formé en 93 connut le parcours désormais (trop) classique du groupe englué dans les manoeuvres juridiques d'une maison de disque vorace et n'entendant pas laisser faire ce qu'ils voulaient à une telle poule aux oeufs d'or. Le succès de la power-pop inclassable de Nada Surf tient autant de la facilité mélodique d'un Weezer que de l'énergie et la fougue d'un Nirvana, véritable condensé d'émotion qui prend toute sa force sur scène. Si High/low connut un immense succès, son successeur The proximity effect sortit dans la plus grande discrétion en France et pas du tout aux Etats-Unis malgré les petites perles pop-rock qu'il contient. La France restera une terre d'accueil fidèle pour ces américains à la gentillesse légendaire dont deux des membres (Daniel le bassiste et Matthew le guitariste) parlent un français impeccable, langue maternelle du premier et langue d'étude du second. Après avoir gagné leur procès contre Elektra au terme d'une bataille de trois ans de vache maigre, les Nada Surf réussissent à sortir The proximity effect sur leur propre structure MarDev Records et à relancer la machine avec Let go, sorti sur Labels en France.

Review Festival : Nada Surf, La Guerre du Son 2010

Review Concert : Nada Surf, Nada Surf à la Maroquinerie (juil. 2010)

Interview : Nada Surf, Rencontre avec Matthew Caws (juillet 2010)

Interview : Nada Surf, Interview de Daniel de Nada Surf (Octobre 2002)

Nada Surf / Chronique LP > The stars are indifferent to astronomy

Nada Surf - The stars are indifferent to astronomy "Nous nommons les choses mais les choses que nous nommons ne connaissent pas leurs noms ; les chiens ne savent pas qu'ils sont des chiens, les électrons ne savent pas qu'ils sont des électrons, la lune ne sait pas qu'elle est la lune. J'ai constaté qu'une manière rapide de résumer ce détachement entre le monde naturel et l'activité humaine de la science est de dire que "les étoiles sont indifférentes à l'astronomie". Rien n'aurait pu me faire plus plaisir que de voir Nada Surf adopter ce slogan pour leur nouvel album."

Ces quelques mots pour introduire cette chronique sont de Peter Caws, professeur de philosophie et père du guitariste et chanteur Matthew Caws, qui se dit fier d'être associé à ce nouvel album. Après s'être changé les idées avec l'album de reprises If I had a hi-fi, Matt, Daniel Lorca et Ira Elliot reviennent à la pure composition. Dix chansons écrites, dix enregistrées et un passage en studio à New York bouclé en quelques jours : on ne perd pas de temps chez Nada Surf. Au bout d'une petite dizaine d'écoutes nécessaires pour inhiber tout sentiment de linéarité, on ressort séduit par ce que contient The stars are indifferent to astronomy, un album sans véritables faiblesses qui ravira les amateurs. Les New Yorkais nous ramènent même à la fin des années 90 le temps des premières secondes de l'album avec les premières notes de "Clear eye clouded mind" qui sonnent étonnamment rock. Le sentiment s'arrêtera cependant à cette chanson puisque l'on retrouve ensuite un Nada Surf fidèle à son registre, avec toutefois quelques changements positifs.

Le premier point fort de cet album est probablement l'apport de Doug Gillard en guitariste soliste. L'homme aux multiples projets a reçu carte blanche pour composer et enregistrer ses propres parties de guitares jouées en live. Il faut dire que Gillard n'est pas étranger au groupe puisqu'il est régulièrement sur scène avec eux depuis 2010. Le résultat de l'association est on ne peut plus réussi puisque les pistes de guitares entremêlées forment une alchimie au point. On retrouve du coup quelques soli brefs (à l'exception de celui de presque une minute dans "When I was young") qui donnent plus de relief aux morceaux concernés. Même constat pour Martin Wenk, multi-instrumentiste membre de Calexico, qui lui aussi accompagne le trio en tournée. En effet, à l'instar de Gillard, il a reçu carte blanche au clavier, à la trompette et au xylophone pour enrichir les mélodies de ses compositions. Le résultat est notamment appréciable sur "Let the fight do the fighting" et "No snow on the mountain". Parmi le reste des invités figurent, entre autres, Louie Lino, ami du groupe et Chris Saw, co-producteur de cet album.

L'autre changement positif, plus subjectif, concerne le tempo général plus rapide, cassant la tendance récente surtout ressentie dans l'album Lucky. C'est un point sur lequel le groupe voulait mettre l'accent, comme le sous-entendait Matthew Caws dans son interview pour le W-fenec (cf. Rencontre avec Matthew Caws (juillet 2010)). Alors certes Nada Surf ne surprend pas, ce qui n'a rien d'exceptionnel quand on connait ce groupe, mais il rassure par sa constance et par la qualité indéniable de ce sixième LP. Si on veut chipoter, on dira que "Let the fight do the fighting", sans toutefois sembler inachevée, aurait peut-être mérité une conclusion plus longue et planante qui aurait parfaitement collé à son ambiance paisible, à la manière de "Paper boats" sur Let go.

Pour résumer, The stars are indifferent to astronomy n'est pas complètement l'album d'un trio. Sa richesse s'en retrouve naturellement accrue. Pour le reste, c'est à leur image : bon, humble et agréable.

Nada Surf / Chronique LP > High/Low

Nada Surf - High/Low Après plusieurs maquettes dont l'EP Karmic (No. 6 records), Nada Surf dévoile en 1996 son premier album, sorti sur le label Elektra Records. Première, donc, pour cette formation US dont les morceaux oscillent entre rock et power-pop. High/low dessine les premiers contours de la silhouette du trio et on prend plaisir à se familiariser à ses sonorités. Disque d'or dans de nombreux pays européens, ce CD produit par Ric Ocasek (Weezer, Bad Religion, Guided by Voices...) est bien sûr celui qui contient le fameux "Popular", titre dont le clip fut mitraillé sur MTV, qui propulsa médiatiquement le groupe. Mais tout aussi bon qu'est ce guide musical parlé pour adolescent, il ne doit pas faire ombre au reste de l'excellent contenu de ce premier LP. Parmi les hits en puissance, on peut aussi citer "Treehouse" et " Stalemate", cette dernière étant judicieusement fusionnée sur scène avec "Love will tear us apart" de Joy Division. L'album regorge de petite pépites comme la quelque peu linéaire et sombre "Icebox", ou encore "Sleep" qui concentre toute son énergie dans son refrain tonitruant. Il est à noter que ces deux chansons sont assurées au chant par le bassiste espagnol Daniel Lorca. On décèle déjà chez Nada Surf le côté créateur de balades bien ficelées : même s'il n'y en a qu'une ("Zen brain", qui existe aussi en français dans l'album compilation North 6th street tout comme "Sleep"), elle est réussie. Ce disque est malgré cela plus rock que pop, et nettement plus rapide et explosif que ce que l'on peut entendre du trio New Yorkais aujourd'hui. On peut éventuellement rajouter une étiquette punk-rock lorsqu'on écoute la chanson qui ouvre l'album, "Deeper well". De l'eau a coulé sous les ponts et quelques tubes sont venus se joindre à "Popular", mais ce Nada Surf des années 1990 possède assurément une très belle allure. C'est la raison pour laquelle je vous conseille à tous de vous jeter à l'eau comme ce garçon sur la pochette, si ce n'est pas déjà fait.

Nada Surf / Chronique LP > The proximity effect

nada_surf_the_proximity_effect.jpg The proximity effect, enregistré en 1998 avec Fred Maher (Luna, Lou Reed, Matthew Sweet), est probablement l'album le plus diversifié que le trio de Brooklyn nous ait pondu actuellement. Et pour être honnête, il risque de le rester. S'y entremêlent parfaitement des ballades mélancoliques comme les sublimes "80 windows" et "Troublemaker", des morceaux rock à l'image de "Dispossession" et "Mother's day", et power-pop avec entre autres "Bad best friend", "Hyperspace", "Amateur". La playlist nous emporte dans les montagnes russes de l'émotion, suivant plus ou moins un schéma alternant les titres rythmés et les plus calmes, le tout sous une thématique parfois rude comme en témoignent "Robot" et "Mother's day" évoquant toutes deux le viol. L'hétérogénéité mentionnée précédemment ne se mesure pas seulement à l'échelle du disque mais aussi à l'intérieur même des chansons, ou devrais-je dire d'une chanson : "Bacardi", où les changements de rythmes sont en lien direct avec son thème : les sensations pendant et après une soirée arrosée. Pour l'anecdote, deux ou trois ponts et introductions ont été repris de l'ancien groupe de Matthew Caws et Daniel Lorca (respectivement guitariste et bassiste), Because Because Because. Par exemple, le pont de "Bad best friend" est un réarrangement du refrain d'une chanson de ce groupe : "I meet you today". Outre la composition d'une qualité manifeste, le petit plus de la formation réside dans le chant. Matthew Caws nous gratifie de sa voix singulière, haute et assez douce même dans l'agressivité, qui se révèle être un point non négligeable de l'identité de Nada Surf. En plus d'être talentueux avec un micro devant lui, le chanteur francophile joue les altruistes et le cède à son bassiste qui prend le relai haut la main sur "Troublemaker" et "Slow down". Ce disque nous présente des choses rares voire uniques chez Nada Surf : un Matthew Caws énervé au chant (sur "Mother's day"), un (vrai) break rock de batterie (dans "Firecracker"), et un refrain à l'apparence déstructurée alternant binaire et ternaire, dans lequel suivre la mesure demande légèrement plus de concentration ("Dispossession"). The proximity effect est selon mon humble avis, avec le splendide Let go, ce que Nada Surf a fait de mieux. Un LP à ne surtout pas esquiver si les américains attisent votre curiosité.

Cet album est aussi connu dans sa dimension extra-musicale pour être le récit d'une bataille entre le groupe et son label. [Mode Christophe Hondelatte : activé] Rappel des faits : la maison de disque Elektra Records reprocha à ce superbe album l'absence d'un titre phare promotionnel. Allant jusqu'à faire enregistrer des reprises au groupe, le fameux label américain envisagea même d'intégrer à l'album une version acoustique de "Popular", issue de l'album précédant, pour étoffer la production du groupe jugée pas assez bonne. Las de cette affligeante situation, et conscients des qualités de son deuxième opus, les New-Yorkais refusèrent de modifier ce LP abouti. S'en suivirent un retrait des ventes aux Etats-Unis par le label puis une rupture de contrat lors de la tournée européenne de 1999. Un an et un procès plus tard, Nada Surf obtint les droits sur l'album qui (re)sortit sur leur propre label, Mardev Records.

Nada Surf / Chronique LP > If I had a hi-fi

Nada Surf - If I has a hi-fi Le voilà ! L'album de reprises annoncé depuis la fin de l'année dernière par Nada Surf pointe le bout de son nez sous l'étiquette-maison Mardev Records. Coutumier du fait, le plus français des groupes New-Yorkais montrait déjà sur ses albums précédents un soupçon d'envie de faire revivre des classiques (ou pas) tels que "l'aventurier" d'Indochine ou "au fond du rêve doré" de Françoise Hardy pour le côté français mais également "Black & white" de The dB's ou "Why are you so mean to me ?" de Vitreous Humor pour les formations étatsuniennes. Et pour tout vous dire, j'aurais presque pu me faire avoir en pensant qu'il s'agissait bel et bien là d'un nouvel album 100% Nada Surf tant les arrangements des morceaux portent la marque des américains. 12 titres sont au menu donc douze artistes ou formations, pour la plupart inconnus du grand public excepté les "new wavers" de Depeche Mode avec leur fameux tube "Enjoy the silence", la britannique Kate Bush et peut-être Coralie Clément ("oui, mais elle, c'est parce qu'elle a un grand frère connu" me dit-on dans l'oreillette) pour celles et ceux qui s'intéressent un minimum à la chanson française. Je le disais donc, ce If I had a hi-fi aurait pu être la suite logique de Lucky. Logique car il faut bien l'admettre, Nada Surf stagne musicalement depuis Let go. C'est un fait, la bande à Matthew Caws semble bien s'être définitivement arrêté sur le créneau de la power-pop à trois accords (j'exagère mais on n'en est pas loin) et des ballades romantiques et n'a vraiment plus rien à prouver. Vous ne trouverez donc pas de titres suant le rock au grand dam des fans de la première heure. L'intérêt de ce dernier petit plaisir réside justement dans l'exercice de la reprise. Notons que Nada Surf n'a pas choisi l'évidence dans la sélection de ses artistes, sauf peut-être pour "Enjoy the silence" maintes et maintes fois remaniées (notamment par Mike Shinoda de Linkin Park ou par Lacuna Coil dans Karmacode). Mélomanes dans l'âme, l'éclectisme est donc de mise et la variété des morceaux fait que ce disque est un cran au-dessus de Lucky. Et c'est également une bonne occasion d'attirer notre curiosité sur des formations jeunes (The Soft Pack), vieilles (Moody Blues) ou vraiment undergound (les espagnols de Mercromina). Nada Surf étant un groupe quasiment francophile, nous aurions pu nous attendre à écouter plus d'une chanson en langue française mais seule Coralie Clément avec "Bye bye beauté" vient s'introduire dans cette playlist. Pas vraiment étonnant quant on sait que le bassiste Daniel Lorca est (a été ?) le compagnon de la belle et qu'il a participé à l'élaboration de Bye bye beauté (il lui donne d'ailleurs la réplique sur la très douce "Mais pourtant") sorti en 2005. Le trio, avec la complicité de leur ami et pianiste Louie Lino, redonne un peu de fraicheur à tous ces morceaux et d'une manière irréprochable. On n'efface tout de même pas dix-huit ans de carrière d'un claquement de doigt !

Nada Surf / Chronique LP > The weight is a gift


Nada Surf : The weight is a gift 2005 : Nada Surf est de retour 3 ans après le très réussi Let go : carton commercial et critique qui a réussi à mettre tout le monde d'accord. C'est dans ce fait que réside tout l'enjeu de ce The weight is a gift : succéder dignement à son prédécesseur. Et le tournant musical que présageait l'album sorti en 2002 se confirme dans The weight is a gift. En effet, l'influence pop prend constamment au fil du temps le dessus sur les influences plus power rock des débuts (repensons à des "Mother's day", "Deeper well" ou encore "Firecracker"...). Cette mouvance pop révèle indubitablement la machine créatrice de tubes qu'est cette formation ("Always love", "Blankest year" ou même "Imaginary friends" en ont toutes les caractéristiques). Cette fois-ci la musique du trio new-yorkais se caractérise par des structures de plus en plus conventionnelles, des morceaux courts mais des mélodies toujours efficaces (on pensera à "Concrete bed", ou encore "All is a game"). Les ballades propres au groupes sont présentes : "Comes a time" et "Your legs grow" en témoignent avec leurs mélodies ensorceleuses. Toutefois, l'album semble s'épuiser sur la fin notamment avec "In the mirror", bonnet d'âne de cet album présentant une certaine monotonie et une facette du groupe jusqu'à maintenant peu dévoilée. Mais Caws et ses compères savent encore enchanter leurs auditeurs avec des bijoux tels que "Do it again" qui attaque fort dès les premières secondes avec une basse au son tonitruant (merci Fender !). Bref, Nada Surf se "popularise" un peu plus dans cet album n'atteignant pas les 45 minutes, risquant de se mettre à dos les fans du Nada Surf de la seconde moitié des 90'. Le trio s'exerce dorénavant dans un autre registre, mais il le fait bien et c'est déjà pas mal.

Nada Surf / Chronique LP > Lucky


nada_surf_lucky_def.jpg Qu'attendre de Nada Surf en 2008? C'est probablement la question que se sont posés certains fans du groupe, surtout les plus vieux. La quarantaine entamée, les 3 New-yorkais avaient prouvé avec The weight is a gift que leur énergie était toujours présente, ceci en gardant une progression discographique naturelle. Avec ce cinquième album nommé sobrement Lucky, Nada Surf confirme que l'on ne change pas une recette qui fonctionne. Des tubes pop-rock à foison tels que "Weightless", "I like what you say" ou "Ice on the wing" viennent croiser de jolies ballades ("Are you lightning ?", "The film did not go'round"). Lucky, qui a été diffusé entièrement en avant-première sur leur page Myspace quelques semaines avant sa sortie, est formidablement co-produit par les musiciens avec John Goodmanson (The Blood Brothers, Death Cab For Cutie, Blonde Redhead...). Son lot d'invités dont, entre autres, Ben Gibbard (Death Cab For Cutie), Ed Harcourt, John Roderick (The Long Winters), Phil Wanderscher (Jesse Sykes & The Sweet Hereafter) ou Coralie Clément viennent apporter leurs touches au piano, chant et autres instruments dont le violon. Bien que le trio était parti pour faire un album plus rock à la base, il s'est laissé inspirer une fois de plus par ses émotions, ses aventures, ses voyages. C'est ainsi que, par exemple, "See these bones" raconte la visite de Matthews Caws de la crypte des Capucins à Rome où se trouvent cinq chapelles toutes décorées de crânes et tibias de 4 000 moines capucins décédés entre 1528 et 1870. Côté musical, les seules surprises viennent de "The Fox" avec le côté déstructuré de la batterie et les violons (une première pour le groupe) et la très folk "Here goes something". Au final, Lucky est un album sincère, direct et positif qui ne décevra pas les fans des derniers albums. Le livret du CD est garni de messages philosophiques plein d'espoir en plusieurs langues. Naïf, utopique ? Voilà un album qui apportera au moins un peu de douceur dans ce monde de brutes.

Nada Surf / Chronique LP > Let go

Nada Surf - Let go Let go ou l'album de la renaissance pour un trio malmené mais qui peut désormais se faire plaisir sans se prendre la tête. Le moins qu'on puisse dire est qu'effectivement Let go n'est pas prise de tête tant il contient un fort pourcentage de chansons poppy faciles à retenir tout en étant pourvu d'une grande maturité. Les voix de Matthew et de Daniel (qui délaisse sa basse pour l'occasion) s'entrecroise sans peine sur un "Blizzard of 77' " qui laisse rêveur, avant que la batterie énergique d' Ira redonne la pêche à tout le monde sur un "The way ou wear your head" simple mais imparable. Le quasi-accoustique "Fruit fly" perd en intensité sur la fin, mais "Blonde on blonde" restera à tout jamais la ballade idéale pour les temps de pluie. Le sommet de cet album est sans doute "Hi-speed soul" et son riff assassin, un morceau taillé pour faire taper tout le monde dans ses mains comme aux concerts de Jonny. La suite est peut-être un peu moins accrocheuse, on retiendra surtout la très belle ballade chantée en français dans le texte "Là pour ça", moins cul-cul qu'on aurait pu s'y attendre à la lecture du titre. Le très weezerien "Happy kid" et ce "Treading water" aux effets reverbs marquent l'esprit plus que les deux plus banales "Paper boats" et "Run", pas forcément utiles en fin d'album .Mais on ressort de cette écoute avec le sourire aux lèvres et surtout le sentiment que Nada Surf a enfin posé les bases immuables de sa musique, reconnaissable aux premiers accords, entre ballades sentimentales et éclairs de guitares bien placés pour faire bouger la tête. Et l'on sent comme toujours un groupe solidaire, avec trois personnalités fortes qui se canalisent mutuellement pour donner le meilleur d'eux-même, tout simplement et sincèrement. La sincérité, voilà sans doute le secret d'un bon album pop-rock aujourd'hui...