rock Rock > My Own Private Alaska

Biographie > MOPA


My own private Idaho, le film de Gus Van Sant, était un drame torturé aussi déroutant que dérangeant, My Own Private Alaska s'il a délocalisé le propos géographique en possède certaines des caractéristiques. Trio toulousain notamment composé d'un membre d'Aeria Microcosme et d'un Psykup, MOPA se dit autant influencé par Helmet, Will Haven, Dany Elfman (compositeur de toutes les BO des films de Tim Burton) et ... Frédéric Chopin. Un assemblage de références pour le moins singulier d'un groupe hors norme, qui mélange musique néo-classique envoûtant et post-hardcore rock abrasif pour un résultat détonnant et finalement... inclassable. My Own Private Alaska, ce sont sans doute ses membres qui en parle le mieux :
"Trois musiciens assis.
Un pianiste. Et des notes qui amènent loin. Loin d'ici, de tous ces paysages sacrifiés.
Un batteur. Frappant comme si aujourd'hui était le dernier jour à vivre.
Et un chanteur. Condamné à hurler sans répit un romantisme exacerbé,
une violence sournoise, un nihilisme désespéré...
Trois musiciens assis sur une bombe"

En 2007, le groupe sort un premier EP éponyme, ou six morceaux pour prendre conscience de l'ampleur du phénomène.

Review Concert : My Own Private Alaska, MOPA en acoustique @ Glazart (mai 2011)

Review Concert : My Own Private Alaska, MOPA aux 4 (déc. 2010)

Review Concert : My Own Private Alaska, My Own Private Alaska à l'Aéronef de Lille (mai 2010)

My Own Private Alaska / Chronique LP > The red sessions

MOPA - The Red Sessions Vous avez maintes et maintes fois écouté et réécouté l'album Amen de My Own Private Alaska ? Leur EP (My own private alaska) n'a également plus aucun secret pour vous ? Alors cette nouvelle sortie épanchera peut-être votre soif de MOPA. Avec The red sessions, les toulousains ont parié sur une nouvelle manière de jouer et d'exposer leur musique puisque le 5 avril prochain, cet album acoustique composé de huit morceaux sera disponible à la vente au format physique, ou digital.
Privés du chant saturé de Milka, les morceaux "Red", "After you", "Where did you sleep last night", "Die for me", "Anchorage", "I am an island", "Amen" et "Just like you and I" se révèleront alors sous un nouveau jour. Chant clair à l'honneur, batterie et piano se retrouvent ici à "chanter" leurs complaintes sous une nouvelle peau, un état d'esprit différent. Plus calmes car acoustiques, ces morceaux n'en restent pas moins d'habiles et enivrantes compositions, quant à la violence, elle est bien là, tapie dans les textes en anglais et révélée aux attentifs. Dans le premier EP, puis Amen, c'était le chant saturé qui dévoilait clairement la nature expiatoire de MOPA. Avec The red sessions, c'est la douceur qui révèle avec plus de clarté les interrogations et préoccupations du groupe. Les instrumentations, toujours aussi magnifiques, gagnent en prestance, tandis que le chant finit par nous faire définitivement adhérer à la facette acoustique du trio. C'est là l'image d'un palimpseste musical qui, d'une peau à l'autre, voit son apparence changer et son organisme muter. Nous savons que My Own Private Alaska compte revenir à l'esprit de ses premiers morceaux, plus sauvages et abrupts, pour son futur deuxième album, mais l'expérience de cet effort acoustique est à vivre dès lors que l'on apprécie l'oeuvre du groupe. Car les toulousains choisissent ici de vivre leur musique telle qu'ils sentent devoir l'interpréter. C'est un échange et l'avenir nous montrera probablement que ces trois musiciens ont tout un tas d'idées en tête afin de repousser toujours plus loin leur recherche d'une terre idéalisée, terre d'accueil éloignée des villes, un refuge qu'ils semblent atteindre en jouant ensemble.

My Own Private Alaska / Chronique LP > Amen

MOPA - Amen De la sueur, du sang, des larmes.

Artwork qui tranche avec celui de son prédécesseur (et de la réédition Suisse signée Division Records), un EP qui avait propulsé My Own Private Alaska dans la short list des potentiels futurs grands, album long-format enregistré dans les conditions que l'on sait et des échos du studio évoquant un chef-d'œuvre en puissance. Amen était fatalement très attendu. Trop peut-être. Et pourtant. Mais on y revient plus loin. Pour ceux qui n'auraient pas suivi l'histoire et la trajectoire un peu hors norme des trois Toulousains, c'est à la suite d'un banal échange de messages par MySpace que MOPA s'est retrouvé invité à enregistrer chez Ross Robinson. Pour qu'un an et demi après et tout un travail de longue haleine pour peaufiner ce disque et le distribuer mondialement dans les meilleures conditions possible, Amen parvienne enfin jusqu'à nous. L'attente n'aura pas été vaine.

"Anchorage". Premier titre, premiers frissons, une pluie de notes parcourant un clavier mis sous tension dès les premières secondes, une batterie qui vient faire contrepoint, un chant/spoken word engagé, littéralement habité. Piano-core pour l'étiquette futile, ça c'est fait. Mais surtout des arpèges d'inspiration clairement classiques qui viennent envelopper ces hurlements écorchés vifs à peine domptés par les coups de baguettes martyrisant la caisse claire, avant un final, magnifique de désespoir et de mélancolie destructrice. MOPA pousse les premiers cris de cet album et on oublie déjà toute l'attente qui a entouré sa sortie pour se concentrer sur la seule chose qui ait un quelconque intérêt ici. Ce qu'il a dans le ventre. "After you" vient apporter la réponse. Et elle est implacable. Le travail de producteur signé Ross Robinson a clairement porté ses fruits. Le groupe verse moins dans ce côté frontal qui faisait la caractéristique première de son EP et joue plus sur les nuances, cette retenue d'un instant qui permet de saturer l'atmosphère la minute suivante. De la hargne-(core), des cris qui éclaboussent les amplis et des passages plus raffinés entrecoupés d'accords de clavier plaqués avec une fougue peu commune, entre deux arpèges et quelques éclairs de rage brute, My Own Private Alaska parvient à contrebalancer les déflagrations émotionnelles qui nous prennent à la gorge par des moments plus apaisés, afin de mieux en accroître les effets. Notamment sur "Die for me", qui comme trois autres des morceaux de l'EP ("I am an island", "Kill me twice" et "Page of a dictionary") figure sur l'album, mais dans une version légèrement remaniée. Car on ne passe pas quelques semaines avec Robinson pour faire la même chose que deux ans auparavant.

Seulement six morceaux inédits au final certes, mais n'est-ce pas préférables à douze titres composés à la va-vite pour remplir un tracklisting., la question n'a même pas lieu d'être lorsque l'on pose un demi-tympan sur le rendu final de l'album. Des influences tirant du côté des maîtres Chopin et Rachmaninov (toutes proportions gardées, il reste encore un monde entre MOPA et les dieux du clavier), un aspect rock screamo alternatif et épidermique qui doit sans doute un peu à Will Haven, "Broken army" démontre tout le chemin parcouru depuis les débuts du groupes, dans la plus simple intimité du local de répétition, jusqu'à aujourd'hui, au moment où les Toulousains sont sur le point d'exploser à la face du monde. Car MOPA a clairement gagné en caractère, affirmant un peu plus sa personnalité unique, celle-ci n'ayant rien à voir avec une simple addition de talents. Il y a ici clairement autre chose. Que ce soit sur leurs propres compositions ou sur celles qu'ils ont emprunté à d'autres (un "Where did you sleep last night" rendu célèbre par Nirvana mais signé Leadbelly), les Toulousains affinent les contours de leur univers musical et surtout évitent l'écueil annoncé de la redondance dans leur écriture. Un petit bémol néanmoins avec cette cover, le rendu final étant largement en deçà des créations originales du groupe qui se rattrape avec le morceau-titre de l'album, épidermique et sans concession, avant de livrer un final de très haut niveau. "Just like you and I" et sa mélodie incandescente met le groupe à la limite de la rupture. l'aliénant jusqu'à son final : un "Ode to silence" tout en dissonances et éclairs atonaux lardés de déflagrations screamo chaotique. En gardant un état d'esprit irréprochable, la même envie d'en découdre et l'humilité d'un groupe qui n'est encore qu'au tout début de son histoire, My Own Private Alaska deviendra grand. Car musicalement, le groupe a déjà tout.

My Own Private Alaska / Chronique EP > My Own Private Alaska [Réédition]

My Own Private Alaska - MOPA (Réédition) Exercice de style : chroniquer une deuxième fois un disque déjà décrypté dans ces mêmes pages un an et demi plus tôt. Stérile, absurde ? Peut-être. Ou pas. En dix-huit mois, My Own Private Alaska a muri dans la mémoire, le groupe est resté sous les feux de l'actualité, les critiques positives et négatives se sont empilées, nourrissant de fait notre propre analyse du phénomène, la réédition du premier EP du groupe était donc l'occasion idéale pour appréhender une deuxième fois le cas MOPA. Avec beaucoup de recul.
L'histoire est connue maintenant : un trio de musiciens chevronnés qui montent un projet un peu en marge, hors des cadres habituels du rock, du metal ou de leurs dérivés, un premier EP qui a la particularité d'être distribué dans un boîtier DVD et là, un producteur renommé (Ross Robinson) qui contacte les membres du groupe directement pour leur proposer de produire leur album. Disque qui se fait du reste attendre depuis quelques mois et qui permet justement au label Suisse Division Records (ASIDEFROMADAY, Forceed, Kehlvin, Seethings, Shelving, Unfold) de sauter sur l'occasion de rééditer la première bombe du groupe. Le tout livré dans un digisleeve classieux et élégant avec un nouvel artwork mais un tracklisting rigoureusement respecté. Session de rattrapage pour retardataires.
Les arpèges de claviers qui coulent sur un piano dirigeant la mise en scène, des hurlements que le vocaliste égrène comme autant de coup de boutoirs screamo-rock, une batterie qui joue les arbitres entre les deux, MOPA dévoile ses éléments musicaux avec un sens aigu de la dramaturgie. Abrasif et cathartique, le résultat est toujours aussi bluffant, les "3 sitting guys" comme ils se décrivent eux-mêmes, mettent de l'intensité dans des compositions déjà chargés en émotions brutent et se livrent complètement, sans complexe ni fausse pudeur. Les My Own Private Alaska mettent tout ce qu'ils ont dans leurs morceaux et ça ressent dès "Die for me" pour ne plus nous lâcher avant la fin. "First steps" conclue le disque et on ressort de l'expérience avec, à peu de choses près, la même impression que la première fois. Celle d'avoir assisté à l'avènement d'un "truc" véritablement énorme. Saisissant.

My Own Private Alaska / Chronique EP > My own private Alaska


mopa_my_own_private_alaska.jpg Il y a des fois où à vouloir chercher l'originalité à tout prix, on ne suscite que l'ennui. Il y en a d'autres où en partant d'une idée assez curieuse, on aboutit à quelque chose de vraiment inventif et étonnant. My Own Private Alaska a parfaitement intégré ce principe à son concept pour le moins singulier. Dans un format, chant/batterie/piano qui épouse autant des influences classiques qu'il tutoie les limites du post-hardcore, MOPA brille de mille feux autant qu'il surprend par les références qu'il se plaît à afficher : jusque-là, on ignorait complètement qu'il puisse exister un quelconque point commun entre Frédéric Chopin, Helmet et Will Haven, maintenant, on sait que ce point de convergence se trouve dans la cité toulousaine. Et dès les premières secondes d'un "Die for me (If I say please") au titre éloquent, on comprend vite que cet effet d'annonce n'est pas juste un coup de pub. Un pluie de notes qui parcourent un clavier aux sonorités post-classiques, une batterie métronomique et en retrait qui se charge d'imprimer une rythmique dynamique avant que les hurlements screamo/hardcore ne viennent déverser leur haine sur la platine. "My hand... your bland" vocifère le chanteur, véritable exutoire à la férocité inouïe, ce premier titre de l'EP inaugural de MOPA suinte la douleur, la sauvagerie... "Page of dictionnary" puis "Ego zero" poursuivent dans la même voie, portée par des mélodies au piano proche du mouvement romantique, les compositions du trio se gorge de rage brute qu'il jette à la face du monde dans de véritables manifestes psychotiques et ravageurs. Hurlements stridents, piano, évoquant autant Chopin que Debussy, qui joue sa partition sans se soucier du chaos qui l'entoure et batterie en retrait, le trio toulousain explose les limites de la cohérence musicale pour créer quelque chose d'aussi brillant qu'inédit.
Le résultat est édifiant. Ereintant, il prend au trippes et s'enfonce dans une féérie morbide que l'on croirait sortie tout droit de l'imaginaire de Tim Burton (réalisateur des Noces funèbres et du futur The Sweeney Todd). Glaçant autant qu'émouvant. Passionnément autodestructeur, My own private alaska est un EP au magnétisme quasi surnaturel dont les effluves mélodiques s'insinue inexorablement dans nos esprits avant que les déferlements de violence ne viennent les en extraire. Cathartique, torturée, véritable sonate post-classique/hardcore déchirante et schizophrénique la musique de MOPA projette des textes apocalyptiques dans un océan de dissonances et affronte ses démons intérieurs comme aucune autre. Epuisant mais jouissif, envoûtant mais effrayant, le groupe manie le paradoxe et fait naître le chaos ("I am an island") avec une virtuosité de tous les instants. My Own Private Alaska nous prend à la gorge, nous assaille de ces sursauts "ovniesque" pour ne plus jamais nous lâcher. Mêlant beauté contemplative et poétique ("First steps") à un hardcore abrupte et radical, le groupe livre un premier essai sans concession, racé et inventif. Une véritable curiosité... brillante et terrifiante.