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Biographie > mon petit dictaphone pas cher

Le début du millénaire a mis en ébullition la scène pop wallone qui s'est fédérée en partie dans le collectif Jaune Orange (Girls in Hawaii, Hollywood Porn Stars...), RedBoy initiateur, chanteur et guitarise s'entoure de Xavier bassiste, Jérôme batteur et Pierre-Louis clavier pour donner de l'ampleur à My Little Cheap Dictaphone. Ensemble ils sortent en 2002 un premier album Music drama. Leur délicatesse touche la Belgique et les propulse sur le devant de la scène aux côtés de Nada Surf, Chokebore, Venus et de leurs potes Girls in Hawaii. RedBoy délaisse quelque temps son projet pour lancer Hollywood Porn Stars avec qui il joue désormais en alternance... En 2006 Small town boy fait surface, composé avec soin et enregistré avec quelques prestigieux amis. En France, il faut attendre le 19 mai 2008 pour qu'arrive (enfin) ce deuxième album, et c'est Kitchen Music et Pias qui a flairé le bon coup.

Interview : My Little Cheap Dictaphone, My Little Interview (avril 2014)

My Little Cheap Dictaphone / Chronique LP > The smoke behind the sound

My Little Cheap Dictaphone - The smoke behind the sound Comme l'opéra-pop The tragic tale of a genius nous avait subjugués en 2011, MLCD avait du pain sur la planche pour écrire un album qui soit aussi classe et après plusieurs écoutes, il faut bien se rendre à l'évidence : on a affaire à l'un des groupes les plus talentueux de sa génération ! The smoke behind the sound, My Little Cheap Dictaphone part à la conquête de ce petit fumet derrière le son, les Belges visent les étoiles pour s'emparer d'une atmosphère, ce petit truc universel qui fait qu'on aime la et leur musique.

Pour garder du relief sans refaire un opéra, le groupe a fait appel à un producteur de renom à savoir Luuk Cox (Girls in Hawaii, Buscemi, Arsenal, ...) mais également à Manu Delcourt, ce dernier a rejoint les Liégeois pour les arrangements lors de l'enregistrement et n'est pas reparti, le quatuor est devenu quintet. Si la montée en puissance de "Fire" fait de ce titre un bon morceau pour ouvrir l'album, c'est avec "Change in my heart" que l'on constate au mieux les récents enrichissements : c'est une plage pop rock blindée d'arrangements stellaires emmenée par une basse bien charpentée qui n'est pas sans rappeller la qualité du You all look the same to me d'Archive qui nous emporte avec elle à la découverte du reste de l'opus. Les huit titres qui suivent jouent avec les rythmes et évitent la monotonie en étant marqué différemment les uns des autres. Si "Summer in the dark" et "Feather smile" sont tous deux très doux, ils apportent du liant à l'ensemble en étant intercalés au milieu des "You are not me" plutôt binaire et carré, "Bitter taste of life" très direct, "Out of the storm" ultra punchy et plus anglais dans l'approche ou encore le très nerveux "Hard to tame". Mais quelque soit leurs identités, tous ont ce petit supplément d'âme... Un arrangement, une mélodie, un son, il y a toujours quelque chose (une fumée ?) qui fait qu'on est accroché et qu'on reste dans l'univers de MLCD.

Excellent album, The smoke behind the sound a juste un petit défaut selon moi, il nous fait monter trop haut dés sa deuxième piste avec ce sublime "Change in my heart" que les Belges auraient peut-être pu garder pour la fin, histoire de nous quitter en apothéose... Comme quoi, quand on veut trouver des trucs à redire même face à une merveille, et bien on peut !

My Little Cheap Dictaphone / Chronique LP > The tragic tale of a genius

MLCD - the tragic tale of a genius Depuis 2006 My Little Cheap Dictaphone a roulé sa bosse et au gré des aventures qui ont suivi Small town boy et a emmagasiné des idées, des tonnes d'idées... Et si on peut jouer avec pas mal d'instruments dans le registre pop-folk, Redboy et les siens ont décidé de faire tomber toutes les barrières pour se lancer dans la création d'un véritable album d'opéra-pop ! S'ils ont vu grand, ils ont un peu raccourci leur nom, mettant davantage en avant l'acronyme MLCD, plus facile à prononcer mais qui n'est pas plus à l'image de la mue du combo que ne sont l'idée de petit dictaphone pas cher à l'écoute de l'oeuvre magistrale qu'ils livrent.
Sorti il y a déjà plusieurs mois en Belgique, ce The tragic tale of a genius est distribué chez nous par Athome depuis le 18 janvier et les amateurs avertis de trouvailles musicales ne sont pas près d'en avoir fait le tour... On pourrait s'étendre sur la durée, les lieux et les personnes derrière la création de cette tragique histoire d'un génie, on pourrait tenter d'analyser les apports de Jonathan Donahue (Mercury Rev ou pour moi Mercury (fais de beaux) Rev), de Ralph Mulder (les trop méconnus Alamo Race Track) et de Pall Jenkins (The Black Heart Procession) mais d'autres le feront mieux que moi qui ne mettrais en avant que la simple beauté des chansons.
Après une "Overture" et quelques frissons nous plongeant dans un univers plutôt inquiétant, My Little Cheap Dictaphone commence à nous narrer sa petite histoire avec comme arme principale le piano, doux et enjoué, il est secondé par tout un orchestre apportant à la fois sons cristallins et brises chaleureuses, la guitare ne fait son apparition que sur le rythmé "He's not there", titre tourbillonnant qui a tout du tube planétaire ! Sur sa mélodie se greffent arrangements et instrumentations grandéloquentes (mixage de "grandes" et "éloquentes" à ne pas confondre avec le grandiloquent ou le grandguignolesque, genre toujours évité par les Belges), tout y est nécessaire et à la fois dispensable, ne garder que le rythme et le chant et vous gardez en tête le tube, le morceau existe et est sublime avec ou sans ce qui lui donne tout son relief au coeur de l'album. Les ajouts philarmoniques servent à nous transporter immédiatement dans le monde créé par MLCD, ce monde féérique où leur génie a quelques ennuis. Les folk songs à jouer au coin du feu se sont transformées en musiques colorées nous plongeant totalement ailleurs. Sur CD, ce voyage est impressionnant, je n'ose l'imaginer sur scène avec les vidéos, les acteurs de théâtre et autres joyeusetés qui doivent donner un plus grand volume encore à certains passages comme l'épique "Shine on", la base brit-pop de "In my head", le triste "No self esteem" ou le phénoménal final "Face to face" qui semble inarrêtable.
The tragic tale of a genius est génial, tout "simplement", de bout en bout, les orchestrations mettent en lumière la qualité d'écriture d'un groupe qui ne se lasse pas de nous éblouir.

My Little Cheap Dictaphone / Chronique LP > Small town boy

My Little Cheap Dictaphone : Small Town boy Banjo en bandoulière, My Little Cheap Dictaphone est arrivé en France à pied et par les petits chemins, ça ne fait aucun doute... Pourquoi aura-t-il fallu attendre si longtemps pour que projet de Redboy n'arrive dans nos bacs alors que la Belgique avait succombé aux titres pop-folk du combo dès ses débuts ? Cuisine de label, succès de Hollywood Porn Stars (dans un style très différent), crise du disque... Allez savoir, pour nous, auditeur ou "chroniqueur", Small town boy aujourd'hui ou en 2006, ça ne change pas grand chose, les compositions sont intemporelles et réchauffent nos oreilles autant aujourd'hui qu'hier, par contre, pour le groupe, ça ne doit pas être évident de venir faire des concerts en France (mais aussi au Portugal, en Espagne et en Suisse où le disque sort aussi avec pas mal de retard) avec de "vieux" morceaux alors que leur présent doit davantage être orienté vers un nouvel opus...
Small town boy reste un recueil de balades éternelles reliant le Nord-Est des Etats-Unis à la Wallonie, des promenades dans la brume avec la promesse d'un peu de repos prés d'un feu de bois. Small town boy rime avec confort quand on se laisser bercer par la chaleur douillette d'un "Crazy to love", par la lenteur relaxante d'un "Day is ending", par la mélancolie d'un "Obviously". Ceci dit, le disque ne fait pas que les tempos freinés, My Little Cheap Dictaphone sait également mettre du rythme et une énergie rock dans son folk ("At the other end of love", "Upside down", "Travel"), une énergie soyeuse comme le nylon des cordes acoustiques ou la petite saturation colorée de "Devil" ou "Cha cha", des sensations qu'ont su exploiter The Tellers (avec qui ils partagent un goût certain pour le ukulélé). Même avec du rythme, My Little Cheap Dictaphone trouve ce qu'il faut pour nous apaiser, comme si Redboy avait besoin de cette forme de calme pour recharger les batteries vidées par Hollywood Porn Stars. L'important, c'est que ça nous fait du bien aussi.