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Premier jet pour Munshy et son mélange fusionnel de trip-hop et de hardcore, 5 titres à fleur de peau, 5 titres oscillant entre la primalité du hardcore et l'instrospection du trip-hop, 5 titres magiques.
"Bitch" commence les hostilités, le mot n'est pas trop fort, grosses guitares qui hurlent, une voix poussée, limite criarde, mais rien à voir avec Kittie, les guitares sont néammoins subtiles, harmoniques à l'appui, la batterie tappe tant qu'elle peut, le chant s'énerve encore plus, le hardcore se met à parler avec violence, break silencieux, -Come on guy-, c'est un déluge totalement métallique qui s'abât sans pitié, Faustine crie tant qu'elle peut; échos de guitare, qui résonne, s'efface devant une guitare faiblarde, peinant à marquer les temps, c'est délicieux, montée en puissance, la voix passe d'un hardcore à une subtilité presque jazzy, la chaleur coule doucement, le groove est d'une beauté sensuelle, le chant rebondit sur les accords de guitares, symphonie claire-obscure. Intro menée avec ubiquité, guitare mélodique accompagnée d'accords totalement saturés et d'une basse qui slappe, "Nightmares" enchaîne les passages radicalement opposés, mis bout à bout, patchwork sonore et kaléidoscope musical, le contraste n'est pas repoussant et s'enchaine même avec délicatesse, une basse seule poursuit, ouvrant pour une guitare frauduleuse s'échouant sur un silence, à peine troublée par une douce voix sussurée, peinée de troubler le silence, nappes d'accords frottés sur une guitare, la voix s'emporte, s'énerve pour lancer les guitares, la suite est un melting-pot de sonorités, de guitares, Led Zeppelin et Korn menés par une voix hardcore.
Morceau instrumental, entre Tricky, Portishead, et Shirley M, inspiration trip-hop, montage de bandes sonores, vieux films, ambiances crispées, stressés, noires, le beat commence, décalé, syncopé, se régularise à peine, vibre de toute son âme, de toute sa peine, "Punishment Park". Lentes notes égrainées une par une, avec douceur et fermeté, batterie langoureuse, échos lointains, les notes se déroulent en boucle, à peine troublé par une guitare adjacente de plus en plus oppressante, jets de vapeurs saturés, "Condemned" part sur des toms volubiles, une voix sûre d'elle, soupirante, guitares industrielles, la pression monte d'un cran, la voix gagne en profondeur, se livre un peu plus, l'ambiance devient aérienne, Pj Harvey avec une grosse basse tentaculaire derrière, le refrain synthétise toutes les énergies, un gimmick un peu trop Korn-Follow the Leader derrière, le bouquet final est hardcore à souhait, avalanche tribale, avant de réenchainer sur un ultime refrain. Morceau anthologique, "Awake" part sur une ambiance très jazzy, ambiance d'un petit club de jazz enfumé, embué, une guitare claire et subtile, une douce voix ronde et chaleureuse, sucrée, acidulée, -My so loving child-, le groove est léger mais prenant et s'épanoui en douceur, lentement, la voix devient poignante, les yeux se brouillent, sortez les mouchoirs, une trompette accentue l'ambiance si bien mise en place, -What's happen-, la voix prend toute son ampleur, avec son petit grain ennivrant lorsqu'elle monte dans les aigües, perle sonore d'une rare intensité, mise en valeur par une guitare vibrante, indispensable compagnon électrique, composante organique qui se révèle indissociable de l'atmosphère intense qui se développe ici.
Peut-être que Munshy a developpé son propre style, peut-être que l'énergie et les sentiments qu'ils fusionnent sont porteurs d'une puissance électrisante et ennivrante, Munshy à peut-être également besoin d'un peu plus de maturité musicale, mais le futur s'annonce prometteur.

Pooly
Janvier 2002

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