Mos Generator - Abyssinia Composé de trois vieux briscards du rock, Mos Generator fait tourner le compteur depuis le début des années 2000. En enregistrant parfois plusieurs albums sur une même année, la discographie du groupe s'étend sans pour autant perdre en qualité. Preuve à l'appui avec leur dernière création : Abyssinia.

"Strangest times" ne laisse aucune place au doute. Mos Generator est là pour arracher le sol, mettre la gomme, envoyer du pâté. Mélange de stoner et de hard, la recette n'est pas toute neuve mais l'intention insufflée est propre au groupe. Des percussions aux riffs, les Américains poussent la machine au rupteur. Le rythme cogne encore sur "You've got a right" et les chœurs viennent appuyer le chanteur qui ne manque de rien dans son engagement. Les solos du guitariste ne sont pas en reste. Bref, il ne faut pas longtemps pour comprendre qu'on tient dans les mains un album d'envergure. La formation s'aventure quelques fois en terrain garage rock sans oublier de faire grésiller les amplis avec des basses bien crados. Et si Mos Generator pousse ses instruments à bloc, la mélodie a toujours une place de choix dans la composition de leur musique. Pour le plus grand plaisir des amateurs de Black Sabbath, le chanteur de Mos Generator emprunte parfois à Ozzy Osbourne. Ainsi l'ombre du prince des ténèbres plane sur "As above so below". Titre superbe qui possède un passage calme psychédélique qui montre la volonté du groupe d'innover sur les espaces déjà défrichés par leurs aînés. La parenthèse se clôt et la guitare nous emporte dans le tumulte avec une bonne dose de speed. "There's no return from nowhere" apporte une brise tranquille grâce à un début en guitare acoustique. Ce dernier n'est cependant présent que pour contraster avec les hurlements et les gros riffs qui suivent. Après deux minutes d'évolution, le psychédélisme pointe à nouveau le bout du nez avec quelques synthés. Une belle alternance des rythmes en somme.

Encadrée par les synthés et bercée par le chanteur, la guitare donne bientôt son dernier solo comme pour offrir un ultime délice. Perché au dessus de tout, "Outlander" est le calme après la tempête qui se savoure - à l'instar de Mos Generator - comme un truc qu'on n'a pas vu venir.