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Biographie > Morko quoi ?

Avec son patronyme étrange, MoRkObOt, surprend. Mais non, le groupe ne s'est pas échappé de l'univers de J.R.R Tolkien, rien à voir donc avec le Mordor, les orcs et autres gobelins, le groupe nous vient d'Italie et adopte le format peu commun 2 basses + 1 batterie (auquel vient parfois se greffer un synthé). Composé de Lin, Lan et Len, MoRkObOt sort son premier effort (éponyme) en 2005 via le label Lizard Records/Airbag Records avant de rejoindre les rangs de SupernaturalCat Records (Lento, Ufomammut...) l'année suivante, label via lequel, le groupe sort MoStRO, suite conceptuelle du première album. En 2008, le trio complète sa trilogie discographique en publiant MoRtO.

Morkobot / Chronique LP > GoRgO

MoRkObOt - GOrgO Jouer de la musique, c'est vraiment le pied. C'est pas forcément le luxe, mais au moins tu te fais plaisir. Tu penses qu'à ta gueule car c'est ton exutoire principal, tu jettes tes créations à la face du monde (merci Internet) en espérant jouer sur quelques plateaux ou festivals avec les copains. Et le pire c'est que tu kiffes quand tu exposes tes compositions que personne ne comprend et s'agace à écouter. Les MoRkObOt doivent sûrement être de ceux là avec leurs deux basses et leur batterie, à envoyer un sludge groovy instrumental bourré d'impertinence math/doom. Les Italiens se lâchent totalement, un peu comme si on avait privé Meshuggah de ses guitares, et ne marquent aucune pause sur leur dernier disque en date, GoRgO, lui-même dépourvu de belles mélodies (sauf sur le dernier titre). Tout l'enjeu de cet album se situe dans le rythme et les structures de ses 7 titres, l'art du break, de la cassure, du contretemps, du pesant/rapide, des sonorités bizarroïdes environnantes aussi. En 38 minutes tes tympans vont se liquéfier, mais tu auras appris qu'avec deux basses et une batterie, on peut vraiment réaliser des choses authentiquement "heavy" tout en restant digne d'intérêt.

Morkobot / Chronique LP > Morbo

Morkbot - Morbo Lorsque l'on pratique une musique aussi aride et que MoRkObOt, ça aide quand même pas mal de soigner l'objet. En l'occurrence ici, avec Morbo, le label SupernaturalCat Records, qui travaille notamment avec le fameux collectif d'artistes visuels Malleus, et a l'habitude de soigner tout particulièrement ses productions (Ufomammut, I.C.O, Lento notamment...), a assuré le coup en livrant l'album en édition limitée CD+LP ou uniquement CD emballé dans un élégant digipak 3 volets. Plutôt très classe et un bon point au moment où vient le moment d'appréhender le nouvel album de la formation math-doom-noise-rock expérimentale italienne.

Premier titre assez long et quelques sept minutes trente d'un rock organique et assez exigeant à se mettre sous la dent, dès l'apéro, ça calme. Le groupe y développe une musique dont la répétitivité exacerbée ("Ultramorth") donne à l'assemblage de lignes instrumentales un aspect particulièrement compact et un côté semi-hypnotique soit addictif, soit repoussant, selon la manière de voir les choses. Un titre inaugural assez ardu donc mais qui, une fois assimilé, fait voir l'album sous un autre angle. "Orkotomb" joue ainsi la carte d'un math-rock échevelé et volubile à la mécanique rythmique de très haute précision. Bluffant si ce n'est qu'au bout d'un moment, on a quand même un peu l'expression d'assister à une démonstration de technicité de pointe... et c'est tout. Brillant certes mais un poil roboratif sur la longueur.

"Orbothord" puis "Oktrombo" raccourcissent les formats et restent en dessous de la barre des cinq minutes pour distiller à peu de choses près la même recette que les titres précédents, mais en l'assaisonnant mieux. Une maîtrise plus absolue, des ingrédients sans doute mieux mariés et des saveurs plus prononcées en limitant les excès. On déguste et on en reprend avec plaisir alors MoRkObOt en remet deux trois plâtrées avec un "MoR" dentelé et une double basse qui tartine pendant que la batterie tente de maîtriser les (d)ébats avec "Oktomorb". Racé, le groupe qui évolue tout de même dans un format de (power)trio comme on en voit assez peu se plaie à briser tous les codes du genre dans lequel il évolue, insufflant à son cocktail noise-heavy-doom-sludge rock un peu de drone pour rendre l'ensemble assez déstabilisant de part son minimalisme mais en même temps résolument inventif. En guise de final, les italiens s'offrent un dernier tour de piste en roue libre avec un "Obrom" qui boucle la boucle de la manière la plus évidente qui soit : en envoyant des décibels s'éparpiller aux quatre coins de la pièce tout en respectant à la virgule près les dogmes de leur musique : originale, foudroyante, exigeante.

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Morkobot / Chronique LP > Morto

Morkobot - Morto 3 titres et 40 minutes de musique... d'entrée, ça calme. Enfin de musique, c'est vite dit. On parlera plutôt ici d'expérience sonore, d'un "truc" viscéral et qui se vit plus qu'il ne s'écoute. Un duel de basses puissantes et saturées arbitré par une batterie métronomique, une mécanique implacable portée à ébullition par un trio complètement maître de son sujet, MoRtO est un disque à ne pas mettre entre n'importe quel tympans. Sorte d'alliage musical improbable entre Lightning Bolt, le trio déjanté Zu, les non-moins furieux Melvins et un Guapo toxique qui aurait frayé avec les Ufomammut (par ailleurs voisins de label du groupe décrypté ici-même), le distillat sonore servi ici par MoRkObOt ne peut laisser indifférent. Soit on adhère, soit on rejette en vrac. Comme un curieux cocktail math-post-stoner-sludge psychédélique aux effluves Crimsonniennes, le trio italien nous dévoile ici un album qui s'inscrit dans la droite lignée de son énigmatique artwork (conçu par le talentueux Malleus qui ici s'essaie à quelque chose de plus elliptique, sombre voire aride qu'à l'ordinaire).
De silences hantés par le poids des ambiances, pesantes, labyrinthiques et singulières en éclairs bruitistes où les décibels semblent s'entrechoquer sans fin sans pour autant nous faire lâcher prise. Là est sans aucun doute la grande qualité de MoRtO, un disque divisé en trois pistes musicales (simplement numéroté) mais qui peut être vu comme une symphonie post-moderne expérimentale en trois mouvements, ou comme un seul et uniquement morceau ainsi découpé pour faciliter l'immersion de l'auditeur dans cet univers musical si particulier. Bluffant. L'autre qualité étant ce groove, salvateur et jubilatoire que les italiens dévoilent sans le moindre complexe. Appréhender ce disque nécessite tout de même une certaine ouverture d'esprit, sinon au moins un goût pour les musiques qui sortent un peu des sentiers battus. Hors-cadre, MoRkObOt l'est souvent. Le groupe pratique une hybridation musicale qui nous fait grésiller les conduits auditifs, un bouillonnement acide permanent aux effluves psychées/noise/doom... Original et détonnant.

[it] malleusdelic.com: le site de Malleus (62 hits)External ]