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Monogrenade est un groupe originaire de Montréal fondé en 2008 par Jean-Michel Pigeon. La formation possède la particularité de mélanger textes en français et instrumentations oscillant entre folk, pop, rock, électro et orchestrations à cordes. Les cinq musicien(ne)s ont publié un EP 7 titres (La saveur des fruits en 2008) ainsi que deux albums (Tantale en 2008 et Composite en 2014) dans lesquels ils proposent une musique évocatrice, progressive et sombre.

Monogrenade / Chronique LP > Composite

Monogrenade - Composite Monogrenade fait partie de ces groupes qui, dès leurs premiers enregistrements, font preuve d'un fourmillement d'idées, d'une volonté tenace d'incorporer toutes leurs influences dans leur musique. Depuis sa création en 2009 et deux sorties (La saveur des fruits, Tantale), le projet des Québécois, mené par Jean-Michel Pigeon, mélange pêle-mêle électro à la Radiohead, orchestrations classiques, chansons francophones acoustiques et morceaux progressifs. Des éléments toujours présents mais mieux maîtrisés sur ce nouveau disque.

Mûri sur une période plus courte, Composite témoigne de l'écriture aiguisée de musiciens qui se concentrent désormais sur ce qu'ils aiment. Articulé autour de concepts déjà à l'état embryonnaire dans Tantale (l'espace - physique ou mathématique, le minimalisme et la solitude), ce second album se veut consciemment cohérent (la connexion entre les paroles et la musique est évidente) et parfaitement abouti. Une cohérence aidée par une très bonne production ; à contre-courant des enregistrements francophones habituels au chant sec, très en avant et maniéré, la voix sait ici se faire discrète, fantomatique. À saluer également, la très belle place laissée à la basse, ronronnante et sensuelle ("Labyrinthe"), qui tisse son histoire tout en restant au service de chaque titre (à la manière d'un Carlos Dengler chez Interpol).

Là où Tantale les disséminait au hasard, les titres acoustiques et électro n'apparaissent qu'à mi-parcours, offrant un second souffle à un album qui n'en avait même pas besoin. La progression est logique entre le superbe "Composite", le plus rock "L'aimant" et les terres synthétiques ("Métropolis", "Tes yeux") : à aucun moment l'auditeur ne se perd en chemin. Une dizaine de pistes sans véritables faiblesses (ou alors juste "Phaéton", s'il fallait chipoter) sublimées par les interventions ponctuelles de cordes romantiques et tétanisantes, dont le climax est atteint dans les dernières minutes du disque ("Le Fantôme").
Monogrenade confirme, avec ce LP court et intense, tout le talent déjà montré auparavant. Avec les pépites de leurs précédents opus ("La marge", "L'araignée", "Ce soir" ou "La fissure"), Monogrenade est désormais en mesure d'offrir des concerts tout bonnement immanquables.