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Chronique LP : Monkey3
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Monkey3 > Chronique LP / 39 Laps
They're back ! Il aura fallu attendre presque un an jour pour jour après la réédition du premier album éponyme de Monkey3 (sorti une première fois assez confidentiellement en 2004) pour voir arriver ce deuxième album du quartet suisse. Enregistré dans l'intimité d'un petit studio installé dans un chalet de montagne, 39 Laps reprend là le premier opus nous avait laissé, sauf qu'il pousse le concept du stoner instrumental cosmique encore plus loin que par le passé. "Xub", premier titre de ce nouvel album débute, tranquillement, prenant le temps de faire défiler des atmosphères planantes et apaisantes, mais que l'on devine déjà être le préambule à une explosion de guitares domptée par une section rythmique au diapason. A raison. On poursuit notre voyage dans l'oeuvre de la formation suisse, véritable expérience sensorielle à part et "Last Moulinao" nous fait découvrir un la quintessence de ce mélange de post-rock et de stoner psychotrope dont seuls les Monkey3 a la recette. Se permettant quelques incartades finement amenées (les influences tribales sud-américaines que l'on rencontre ci et là dans les rythmiques), s'affirmant en envoûtant le spectateur par ses compositions sophistiquées et extrêmement maîtrisées ("Driver"), le groupe nous emmène dans des territoires musicaux rarement aussi bien explorés, sans jamais susciter le moindre début d'ennui alors même que ce 39 Laps est aussi instrumental que son prédécesseur.
Puissants, massifs, salvateurs, les crescendo post-stoner de la formation suisse place l'album et son auditeur sur orbite (le monstrueux "Jack"), évoluant par instants dans des sphères musicales voisines d'un Tool mais de manière plus psychédélique, Monkey3 distille une musique qui, comme sur son premier album, possède toujours des qualités mélodiques très impressionnantes, pendant que techniquement, il se révèle quasiment irréprochable. Comme souvent, quand un groupe maîtrise parfaitement son art, qu'il cherche à se remettre en question, à affirmer sa personnalité artistique et qu'il veut proposer quelque chose de différent, le résultat mérite largement que l'on s'y attarde. Le risque est pourtant là, comment percer avec une musique exclusivement instrumentale, progressive et organique à l'heure du tout marketé et remplacer le chant habituel par des samples aériens et hypnotiques ? Les auteurs de 39 Laps semblent s'en foutre éperdument, affinant leur rock, lourd et spatial sans jamais dériver d'un iota de ce qui faisait sa force sur leur premier effort. Au contraire, le groupe repousse ses propres limites un peu plus loin avec "Je et bikkje", véritable climax de ce disque. Un morceau qui synthétise et cristallise les aspirations musicales de ses géniteurs sur près de 14 minutes d'une pièce d'orfèvrerie rock, majestueuse et envoûtante.
On croit avoir tout vu, tout entendu de la part du quartet suisse, et là, clou de l'album, les Monkey3 osent l'impensable en reprenant le cultissime "Once upon a time in the west" (thème de film Il était une fois dans l'ouest) d'Ennio Morricone. Et là, alors que l'on frémit à l'heure d'écouter ce peut donner une cover pareille en mode psycho-stoner, le tout par quatre suisses il est vrai marqués à jamais par l'oeuvre du compositeur italien, on a droit à un hit absolu. Dantesque, fascinant et qui ne renie jamais l'héritage du maître, tout en nous servant quelques soli de gratte dignes des Pink Floyds... On les connaissait cinéphiles (une affiche de L'Armée des Douze Singes trône dans leur studio, d'où leur nom de scène...), ils sont bien plus que ça. La preuve si celle-ci était encore nécessaire, que ce quartet est déjà un grand groupe. Et là, respect.
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