rock Rock > Monkey3

Biographie > Monkey Kong

Né en Janvier 2000 du côté de Lausanne (Suisse), Monkey3 est un groupe qui évolue dans un style musical que l'on qualifiera de stoner rock progressif. Forcément, déjà un groupe de ce type là, ça ne court par les rues, alors en plus... suisse. Autant dire, qu'il n'y en a qu'un. Mais qui vaut largement plus que le simple statut de curiosité titillant les tympans de tout bon mélomane averti, défricheur de nouveaux horizons musicaux. Parce que Gioconda (guitare), Picasso (basse) et Walter (batterie), après avoir enregistré une première démo en 2001, sortent de manière confidentielle leur premier album en 2003. En édition digipack, limitée à 1000 copies, ce qui suffira finalement à faire connaître le groupe puisque Monkey3 est signé chez les belges de Buzzville Records, un label qui compte dans ses rangs, rien moins que Honcho, Sparzanza (en distribution uniquement puisque les deux sont signés chez Water Dragon/ Longfellow Deeds Records) ou les nouveaux venus d'Artimus Pyledriver, autant dire que les gens du label s'y connaissent en matière de stoner/ rock.
Première étape du deal signé entre Buzzville et Monkey 3, la réédition en 2005 de l'album éponyme du groupe de manière à diffuser plus massivement la musique du trio suisse et notamment en France (où l'album est distribué par Longfellow Deeds Records, partenaire de Buzzville). Seconde étape, une tournée européenne (Allemagne, Benelux, France) commune avec Honcho et les suédois de Sparzanza pour assurer la promo de l'album. Troisième étape : Monkey 3 nous offre un successeur de son excellent premier opus ?

NB: le principe du partenariat entre Buzzville Records et Longfellow Deeds Records est d'exposer le catalogue Buzz via Longfellow en France et d'exposer le catalogue Longfellow via Buzzville pour le Benelux

Interview : Monkey3, The ultimate psychostoner interview (Fev.2007)

Interview : Monkey3, Quand le singe parle... (Décembre 2005)

Monkey3 / Chronique LP > Beyond the black sky

Monkey3 - Beyond the black sky Dans un monde "parfait", Beyond the black sky serait parvenu de lui-même jusqu'à la tanière du W-Fenec, sans trop qu'on ait à en faire. Mais le petit monde du business de la musique étant ce qu'il est, avec les plaisirs aléatoires de la communication/promotion dite "professionnelle" qu'il implique, ce ne fut (évidemment...) pas le cas, ceci expliquant par conséquent que le troisième album des suisses ne soit chroniqué dans ces pages qu'un an et demi après sa sortie officielle chez Headstrong Music/Stickman Records/Season of Mist. La séance de rattrapage s'imposait donc d'elle-même.

Et force est de constater que dès le "Camhell" inaugural, les suisses n'ont absolument rien perdu de ce qui faisait l'objet de fascination de leur psycho-stoner enfumé et atypique. Une transe hypnotique qui emmène l'auditeur naviguer entre 70's et 90's, au beau milieu de jams narcotiques entrecroisés avec un riffing stoner bien cadenassé, qui poursuit son cheminement intérieur sur un "One zero zero one" complètement habité par les dieux du (stoner) rock psychédélique. Foncièrement heavy mais également mélodique, Monkey3 évolue en (a)pesanteur, baladant sa nonchalance feinte mêlée de puissance avérée pour tisser une toile électrique piégeant magnifiquement l'auditeur au cœur de l'intense et sublime "Black maiden" (aux fausses influences à peine voilées).

On a souvent l'habitude de dire que le troisième album d'un groupe est celui de la maturité. Adage ou cliché ? Monkey3 s'en fout et répond par des compositions instrumentales, emmenant avec lui l'auditeur sur des hauteurs psychédéliques bien perchées (un assez court "Tuco the ugly"), pour par la suite le faire redescendre sur un terre et un sol bien rocailleux, l'accompagnant dans une traversée solaire du Grand Canyon avec "K.I" avec une virée sur un "Motorcycle broer" groovy, nappée de ce psychédélisme latent qui fait la marque de fabrique du stoner-rock des suisses. Entre old-school 70's sous acide et rock post-moderne ("Gate 57"), les Monkey3 poursuivent, avec Beyond the black sky, un peu plus leurs pérégrinations musicales en forme de voyages space rock interstellaires en territoires stoner ("Through the desert") aussi puissants qu'envoûtants. Classe, évidemment.

Monkey3 / Chronique EP > Undercover

Monkey3 - Undercover 2 excellents albums (Monkey3 et 39 laps), un DVD, Live at Aventicum, non moins excellent et de nombreuses prestations live très remarquées (au Roadburn notamment...), les chantres du psycho-stoner instrumental que sont les Monkey3 ont acquis en l'espace de quelques années, le statu de référence sur la scène stoner européenne. Du coup, ils profitent désormais de leur statut pour se faire plaisir et inviter des pointures sur leurs nouveaux efforts. Avec cet disque de covers subtilement intitulé Undercover, les Suisses se sont offerts les services de Tony Jelencovich (ex-hurleur chez Mnemic et quelques autres groupes moins connus) et surtout de John Garcia (ex-Kyuss, Hermano, Slo Burn, Unida...) pour enregistrer quelques reprises des tubes absolus de l'histoire du Rock (mais pas que). Et pas des moindres.
Une petite mise en bouche avec "Numb", reprise en forme de (road)trip halluciné et très électrique d'Archive et voici que les Monkey3 commencent à délivrer leurs petites gâteries musicales en lâchant une cover assez ultime dans son genre du "Watching you" de Kiss, avec son altesse John Garcia au micro. Là forcément ça en impose carrément, à tel point qu'on ne pourra plus jamais écouter la version originelle de la même manière (en même temps... Kiss...). Groove énormissime, fuzz incandescent, un vocaliste qui impose son timbre inimitable, Monkey3 envoie du très lourd et pourrait quasiment s'arrêter là. Sauf que ça enchaîne derrière par une relecture très classe du "One of these days" des dieux Pink Floyd puis avec le "Kashmir" des Led Zep (avec Tony Jelencovich) au chant. Du culte, toujours du culte. Et là encore, comme d'hab avec les Suisses, c'est carton. Led Zep, Pink Floyd, Kiss..., ne manquaient que Deep Purple et AC/DC à l'appel et les 3 singes faisaient carton plein. AC/DC, ce sera pour plus tard, là, les gaziers se sont chargés des premiers nommés avec "Burn", cover brûlante et bourdonnante à souhait avant de conclure sur leur traditionnelle reprise du "Once upon a time in the West" d'Ennio Morricone. Presque trop facile...

Monkey3 / Chronique LP > 39 Laps

monkey3_39laps.jpg They're back ! Il aura fallu attendre presque un an jour pour jour après la réédition du premier album éponyme de Monkey3 (sorti une première fois assez confidentiellement en 2004) pour voir arriver ce deuxième album du quartet suisse. Enregistré dans l'intimité d'un petit studio installé dans un chalet de montagne, 39 laps reprend là le premier opus nous avait laissé, sauf qu'il pousse le concept du stoner instrumental cosmique encore plus loin que par le passé. "Xub", premier titre de ce nouvel album débute, tranquillement, prenant le temps de faire défiler des atmosphères planantes et apaisantes, mais que l'on devine déjà être le préambule à une explosion de guitares domptée par une section rythmique au diapason. A raison. On poursuit notre voyage dans l'oeuvre de la formation suisse, véritable expérience sensorielle à part et "Last Moulinao" nous fait découvrir un la quintessence de ce mélange de post-rock et de stoner psychotrope dont seuls les Monkey3 a la recette. Se permettant quelques incartades finement amenées (les influences tribales sud-américaines que l'on rencontre ci et là dans les rythmiques), s'affirmant en envoûtant le spectateur par ses compositions sophistiquées et extrêmement maîtrisées ("Driver"), le groupe nous emmène dans des territoires musicaux rarement aussi bien explorés, sans jamais susciter le moindre début d'ennui alors même que ce 39 laps est aussi instrumental que son prédécesseur.
Puissants, massifs, salvateurs, les crescendo post-stoner de la formation suisse place l'album et son auditeur sur orbite (le monstrueux "Jack"), évoluant par instants dans des sphères musicales voisines d'un Tool mais de manière plus psychédélique, Monkey3 distille une musique qui, comme sur son premier album, possède toujours des qualités mélodiques très impressionnantes, pendant que techniquement, il se révèle quasiment irréprochable. Comme souvent, quand un groupe maîtrise parfaitement son art, qu'il cherche à se remettre en question, à affirmer sa personnalité artistique et qu'il veut proposer quelque chose de différent, le résultat mérite largement que l'on s'y attarde. Le risque est pourtant là, comment percer avec une musique exclusivement instrumentale, progressive et organique à l'heure du tout marketé et remplacer le chant habituel par des samples aériens et hypnotiques ? Les auteurs de 39 laps semblent s'en foutre éperdument, affinant leur rock, lourd et spatial sans jamais dériver d'un iota de ce qui faisait sa force sur leur premier effort. Au contraire, le groupe repousse ses propres limites un peu plus loin avec "Je et bikkje", véritable climax de ce disque. Un morceau qui synthétise et cristallise les aspirations musicales de ses géniteurs sur près de 14 minutes d'une pièce d'orfèvrerie rock, majestueuse et envoûtante.
On croit avoir tout vu, tout entendu de la part du quartet suisse, et là, clou de l'album, les Monkey3 osent l'impensable en reprenant le cultissime "Once upon a time in the west" (thème de film Il était une fois dans l'ouest) d'Ennio Morricone. Et là, alors que l'on frémit à l'heure d'écouter ce peut donner une cover pareille en mode psycho-stoner, le tout par quatre suisses il est vrai marqués à jamais par l'oeuvre du compositeur italien, on a droit à un hit absolu. Dantesque, fascinant et qui ne renie jamais l'héritage du maître, tout en nous servant quelques soli de gratte dignes des Pink Floyds... On les connaissait cinéphiles (une affiche de L'Armée des Douze Singes trône dans leur studio, d'où leur nom de scène...), ils sont bien plus que ça. La preuve si celle-ci était encore nécessaire, que ce quartet est déjà un grand groupe. Et là, respect.

Monkey3 / Chronique LP > Monkey3

monkey_3_artwork Le riff massif, lourd et imposant, le rock instrumental de Monkey 3 est, au premier abord, à l'image du grand singe de 9 mètres de haut qui truste les écrans de cinéma français en cette fin d'année. Et pourtant, en y réfléchissant bien et en découvrant les sonorités planantes et les structures complexes qui contrebalancent le côté rock/ stoner, on lorgnerait plus du côté de l'Armée des 12 Singes plutôt que du côté de King Kong, pour continuer dans la métaphore cinématographique. Alors que l'on s'attend à du gros stoner/ heavy rock instrumental typé usine à riffs caniculaires façon Karma to Burn, Monkey3 livre des morceaux à double face. La première, effectivement taillée à la main dans les cayons du désert californien, l'autre plus hypnotique et planante. Ainsi des titres tels quels "Last gamuzao" ou "Bimbo" sont ils à la fois solidement rock et en même temps atmosphériquement légers. A la fois terrien et aérien, mais toujours d'une maîtrise formelle hallucinante. Etonnant.
Cette aisance technique, les suisses s'en servent pour justement se concentrer sur une tâche plus délicate, à savoir, rendre accessible une musique qui ne l'est pas forcément pour tout le monde, la preuve, le très difficile parcours de Karma to Burn au sein de l'industrie du disque. Les Monkey3 sont-ils supérieurs à leurs prédécesseurs, ou sont-ils arrivés sur la scène rock au moment où l'instrumental exclusif n'était plus forcément réservée à une élite ? Un peu des deux sans doute. Si les structures sont complexes et les riffs virtuoses ("Electric mistress"), le trio suisse, en usant d'un songwriting raffiné et de mélodies instrumentales particulièrement accrocheuses, parvient à rendre sa musique attirante, à tel point que l'on en oublierait presque l'absence de chanteur. Le secret de Monkey3, c'est également de savoir instaurer des ambiances apaisantes à la Pharaoh Overlord ("Chillao", "35007"), parsemées de riffs organiques, millimétrés et ultra addictifs.
Alors que l'on s'imaginerait presque en rester là, il faut que les suisses se sentent obligés d'en rajouter une couche avec le hit ultime qu'est "Narcotic jam", un morceau où le groupe développe au nanomètre près, un rock toujours exclusivement instrumental et pourtant brillant à tous points de vue. Progressif, le stoner rock de Monkey3 s'il est dynamique, semble évoluer de lui-même au fil des écoutes successives que s'imposera l'auditeur afin de saisir toutes les subtilités de cet album éponyme. Hors norme. D'autant que l'on ne semble pas pouvoir se lasser de ces huit titres qui, riffs après riffs, construisent un ensemble cohérent et fascinant. Plus qu'une architecture rock, un véritable travail d'orfèvre scindé en huit, ou plutôt neuf mouvements, puisque non contents d'innover, les suisses rendent hommage à l'un des groupes qui les ont inspiré à l'occasion d'une reprise des Melvins longue de plus de 13'30. En un mot : magistrale, à l'image de ce qui n'est que le premier album du trio suisse. Désormais, on est prévenu, s'il ne doit y avoir qu'un seul groupe de rock instrumental à surveiller, ce sera Monkey3.