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Rock
Mogwai
Biographie > gentil Gremlins
Pour ceux qui auraient raté l'un des films cultes des années 80, le mogwai est la version gentille du Gremlins, tant qu'on ne lui balance pas de la flotte dessus (il se multiplie), tant qu'on ne lui file pas à bouffer aprés minuit (il se transforme), tant qu'on ne l'expose pas à la lumière (ça le tue), ça va, la bestiole se comporte comme une adorable peluche vivante. Le Mogwai qui nous intéresse ne craint ni la pluie ni la lumière même s'il est peu habitué au soleil, et oui, il est natif de Glasgow en Ecosse... Plus de 10 ans aprés le film, deux jeunes fans de rock vont sans forcément y penser changer la face du monde musical, on est en 1995 et ni Stuart Baithwaite (guitariste) ni Dominic Aitchison (bassiste) ne connaissent alors Gospeed You! Black Emperor, pourtant, ces deux groupes sont aujourd'hui les références absolues du mouvement "post rock". Le duo s'entoure de Martin Bulloch (batteur) et John Cummings (guitariste) et enregistrent des titres, ces premières expériences sont regroupées en 1997 sur Ten rapid suivi par un premier album pensé dans sa globalité : Mogwai young team. Les instruments dominent, les voix sont accessoires, les émotions submergent les auditeurs, le groupe fait sensation. Depuis, presque métronomiquement ils sortent des albums qui sont autant de perles : Come on die young (1999), Rock action (2001), Happy songs for happy people (2003), sur scène ils font participer d'autres instruments (Barry Burns (claviers) a rejoint le groupe en CDI), jouent dans l'ombre et n'ont pas peur de faire durer le plaisir et les larsens. Avec GY!BE, ils montrent que le rock n'est pas mort et permettent à quantité de musiciens de se trouver une passion pour un rock instrumental qu'il soit à fleur de peau, onirique ou confèrant au lyrisme grandiloquent. Mars 2006, ils livrent un nouveau chef d'oeuvre : Mr Beast.
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Interview : Mogwai, Interview de Barry (avril 06)
Mogwai / Chronique LP > EP + 6
Qu'est-ce que c'est que ce truc encore ? Telle est la question que se poseront peut-être certains lecteurs qui ne connaissent que très peu le travail de Mogwai. La réponse est simple, après le "collected recordings" qu'était Ten rapid, EP + 6 est un objet regroupant rien moins que 3 EP sortis par le groupe à ses débuts et donc compilés sur une seule galette. Ou comment faire des économies de places et de £, $ ou €... Noisy pop lunaire avec "Superheroes of BMX", longues plages atmosphériques et éthérées ("Now you're taken"), minimalisme post-rock ("X-mas steps") et odes mélancoliques ("Christmas song"), Mogwai faut preuve dès ses morceaux d'une très grande capacité à hypnotiser l'auditeur par des compositions lentes, apaisées et fourmillant de mille détails et nuances.
Véritable invitation au voyage contemplatif vers des contrées inexplorées, "Stanley Kubrick" est un morceau qui cristallise les aspirations musicales du groupe. Et déjà, Mogwai pose les bases d'un genre propre dont il est l'un des principaux géniteurs : le "post-rock". Mélodies intenses et déchirantes, aspirations bruitistes, ou crescendo majestueux, les compositions de la formation écossaise alternent le chaud et le froid. Passer du calme absolu à l'apocalypse, de la douceur cotonneuse et hypnotique au chaos sonique, de la sérénité à l'éclair de rage brute, voilà ce qu'est déjà Mogwai à l'heure de ses premiers essais discographique, à savoir un groupe capable de passer d'une seconde à l'autre d'un petit ruisseau mélodique à un torrent glacial et oppressant. Maîtrisant l'art de la saturation éléctrique comme personne, jouant sans cesse des contrastes entre l'apaisement atmosphérique et le déluge sonore tellurique, Mogwai pose avec les titres qui composent cette compilation, non seulement les bases d'un genre, mais surtout l'esquisse d'une griffe musicale unique, souvent imitée, jamais égalée.
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Mogwai / Chronique LP > Ten rapid
Compilant les tous premiers enregistrements de Mogwai sur un même CD, Ten rapid est le témoignage en 9 plages des balbutiements prometteurs d'un groupe qui deviendra l'une des formations majeures de la scène post-rock internationale quelques années plus tard. Regroupant les morceaux ne figurant pas sur le premier album du groupe (Young team) et parus sur divers singles (l'EP New paths to Helicon, parts 1 & 2), split CD et compilations entre 1996 et 1997, cet objet est un le témoignage étonnant d'un groupe alors en pleine recherche d'identité musicale et, pourtant déjà, tout et là, ou presque. Certes les âmes chagrines objecteront que le son est loin d'être à la hauteur du talent des natifs de Glasgow, les guitares sont un peu étouffées, la prod un peu trop "cheap", mais ceux qui aiment les objets un peu plus rares, les disques imparfaits où l'on découvre déjà les prémices de quelque chose qui va nous bouleverser, y trouveront sans doute leur compte.
Car n'oublions pas qu'il s'agit des premiers enregistrement des écossais, pourtant déjà sur le chemin de la réussite. Les instrumentations sont déjà savamment travaillées, Mogwai fait preuve d'une maîtrise assez rare pour un groupe encore "débutant". Distillant ses atmosphères avec finesse, pendant qu'il aiguise soigneusement son sens de la mélodie qui viennent titiller affectueusement l'épiderme ("Ithica", Summer"), le groupe berce ses compositions d'un spleen mélancolique et envoûtant ("Helicon") et livre ainsi quelques morceaux à la fraicheur candide et tout simplement désarmante. Mogwai n'en est alors qu'à ses débuts et va évidemment évoluer. Mais nombre de ceux qui connaissent la plupart des oeuvres du groupe s'accorderont sans doute à dire que ce qui fera quelques mois (années...) plus tard la magie du groupe sur CD et en live, est en grande partie déjà présente sur cette compilation de titres pas toujours très connus. Avis aux amateurs...
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Mogwai / Chronique LP > Mr Beast
Si le post-rock est en plein essor, il lui manquait encore un album qui puisse atteindre au coeur le "grand public rock", maintenant, il y a Mr Beast... Mogwai a réussi le mixage entre rock intello-instrumental et pop accrocheuse, ils vont à l'essentiel avec un son très clair sans renconcer à leurs élans ("Glasgow mega-snake", "We're no here"), le décollage vers leurs hautes sphères est beaucoup plus incisif, plus direct, plus percutant.
Faut-il comparer ce nouvel album aux autres ? Ce n'est valable que pour les amateurs de Mogwai et ces derniers n'ont pas attendu cette chronique pour se ruer sur Mr Beast... Mais ceux qui vont découvrir les Ecossais avec ce nouvel opus vont croiser un Mogwai bien plus pop et aux compositions bien plus solides qu'à leurs débuts même si le modèle déposé "Ithica 27ø9" reste un étalon post-rock toujours indispensable. Mr Beast est plus dynamique que Mogwai young team, se rapproche dans ses quelques titres chantés de l'atmosphère de Rock action ("Acid food", "Travel is dangerous") mais de mon point de vue, c'est surtout le petit frère de Come on die young.
Mogwai offre 10 titres aux couleurs différentes qui s'assemblent pour en créer une autre, des fragments qui imagent la détresse comme la quiétude, donnent de l'envie ("Folk death 95") ou apportent le calme ("Emergency trap") mais qui offrent une évasion vers un autre monde. Cette escapade mentale, les Ecossais l'ont vécu en invitant Tetsuya Fukagawa à venir poser sa voix sur "I chose horses". Le chanteur d'Envy, qui a lui aussi les épaules chargées de l'existence d'un renouveau du rock, nous parle dans sa langue (le japonais) et n'utilise pas les capacités émotionnelles qu'on lui connaît, il se fond ainsi dans le décor composé par le quintet, en quelque sorte les deux parties se rendent hômmage profitant béatement de la présence de chacun dans un même lieu.
Mr Beast est facile à apprivoiser, si tu ne connais pas encore l'univers Mogwai, il te sera facile d'y pénétrer, par contre, sache qu'il te sera ensuite impossible de t'en échapper... Au diable, rejoins-nous.
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