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Minus nous vient de Reykjavik et comme tout bon groupe islandais qui se respecte, le groupe pratique une post-pop céleste et stratosphérique... Euh non, pardon mais on recommence, Minus est une formation originaire d'Islande et qui pratique un power-rock aux résurgences stoner-grunge qui n'est pas sans rappeler variablement QOTSA, Foo Fighters, Distillers, Hundred Reasons ou les Hell is for heroes. Détonnant. Signé chez Smekkleysa, qui est en fait la division islandaise de Bad Taste Records, Minus écume la scène rock scandinave depuis une petite dizaine d'année et trois albums (Hey Johnny! (1999), Jesus Christ Bobby (2000), Halldór Laxness (2003)) qui ont valu au groupe les éloges de la presse spécialisée (et du magazine anglo-saxon Kerrang! notamment qui ne s'en est toujours pas remis...). Début 2008, le groupe sort son quatrième opus studio : The great northern whalekill qui voit quant à lui le jour chez One Little India Records.

Minus / Chronique LP > The great northern whalekill


minus_the_great_northern_whalekill.jpg A l'heure où l'industrie du disque se casse la gueule lamentablement, que nombre de labels peinent boucler leur fin de mois, Minus n'a rien trouvé de mieux que se passer la corde au cou en livrant un quatrième album à l'artwork particulièrement foireux. On parle de plus en plus de digipacks élégants, de packagings soignés, les fameux "plus-produits" enseignés dans toutes les bonnes écoles de commerce et là, les islandais plombent le truc avec une finesse particulièrement exquise (sic). Après il ne faudra quand même pas s'étonner si les gens téléchargent... Car à prendre à n'importe quel degré, ça reste ici d''un goût douteux et dans tous les cas ça ne rend pas justice au contenu de ce The great northern whalekill, lequel mérite par contre largement le détour... si l'on oublie le visuel. "Cat's eye", "Black and bruised" ou "Shoot the moon" et les islandais démontrent qu'ils en ont sous la pédale à effet. Gros riffs aux légères tendances old-school, groove puissant, mélodies rock'n rollesque à souhait, si le chant (parfois un peu terne) n'est toujours pas le point fort du groupe, celui-ci se rattrape au niveau instrumental. Lancé à vive allure, le bolide nordique en met plein la vue. Des compos sulfureuses à souhait, tempo endiablé, riffs de gratte en cascade, on pense aux Foo Fighters des débuts, mais Minus parvient à trouver sa place aux côtés de Dave Grohl et sa bande sans jouer les vulgaires suiveurs. D'autant qu'au fil des morceaux de ce The great northern whalekill a tendance à muscler son jeu à être plus dur sur les grattes, n'hésitant pas à dynamiter son album à coup de "Kiss yourself" dément ou de "Not afraid" aux relents bien stoner rock caniculaire. Les Islandais ont assurément bossé leurs classiques mais ont su éviter la redite en assimilant parfaitement les codes du genre pour en produire un album à la voix ultra-efficace, racé et ravageur. Quelques morceaux plus quelconques ("Throwaway angel", "Rit it up") plus tard et Minus remet la gomme en balançant dans les tuyaux les furieux et métallique "Rhythm cure" et "Shadow heart". Car avec Minus, la frontière entre power-rock gonflé à la testostérone et metal alternatif est particulièrement fine ("Weekend lovers"), le groupe se contentant de distiller sa musique, abrasive et ultra-efficace, sans se soucier des conséquences. Comme quoi parfois, un artwork aussi peut élégant soit-il ne doit pas forcément nous faire oublier l'essentiel. Mais quand même...