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Si les Sigur Ros, Mogwai et autres Broken Social Scene avaient vu leurs premières oeuvres naître par l'intermédiaire d'un label indé de la trempe de Distile Records, il y a fort à parier que le résultat aurait été assez proche de ce que nous offrent les Danois de Mimas. De là à dire que le label influence ses groupes, il y a un grand pas que nous ne franchirons évidemment pas. Car là n'est pas la question ; et qui a déjà jeté une oreille même distraite aux productions made in Distile Rcs saura évidemment que ce label se distingue avant tout par par son côté insoumis et franc-tireur. En témoigne notamment les sorties de Commodor, 37500 Yens ou Planets et O! the Joy... Et c'est dans cette idée que s'inscrit Mimas, un groupe qui tient son nom de la mythologie grecque (ou d'un satellite de Saturne découvert 1789 par William Herschel dixit Wiki) et qui pratique un (post)rock halluciné et insaisissable. Après un premier EP autoproduit (Hands will carry), le groupe sort début 2009 son premier album long-format : The worries.

Mimas / Chronique LP > The worries

Mimas - The worries En orbite géosynchrone autours d'une constellation regroupant les Sigur Ros, The Album Leaf et autres Mogwai, Mimas dévoile avec The worries, un premier album lunatique et contrasté, fait de crescendo électriques et de petites ruptures mélodiques imprévisibles. Ces cassures savamment distillées pour brouiller les pistes depuis "Treehouse" jusqu'à "Beneath the gland sunbeam", jusqu'à composer un ensemble musical insaisissable et aventueux, qui joue avec les formats pour mieux exercer son esprit créatif en étant libre et spontané. En permanence sur la corde raide, le groupe ne se pose aucune question, n'hésitant pas à délaisser sa muse post-rock pour flirter avec une maîtresse noise, le tout dans un esprit très free-rock, presque hippie sur les bords. Orgiaque. Dès lors, Mimas est comme un élève capricieux mais doué, celui que l'on relègue au fond de la classe parce que l'on sait qu'il va de toutes les façons s'ennuyer parce qu'il aura résolu un exercice avant même que l'on ait terminé de distribué les sujets aux autres.
Tant de facilité peut-être exaspérante à la longue et peut-être susciter des jalousies... mais le brio avec lequel les Danois distillent leur riffs possède quelque chose d'exaltant sur le fond comme sur la forme. Le groupe bouillonne, ses compos se gorgent de motifs sonores sans cesse changeants, de ses éléments instrumentaux qui tourbillonnent autours des enceintes pour ne plus former qu'un tout. Un ensemble protéiforme et électrique, qui s'amuse à se jouer des codes pour imprimer sa marque... ou son absence, c'est selon. Car Mimas c'est tout est rien à la fois, mais dans le sens positif du terme tant le groupe peut se muer en quelques secondes en une quasi fanfare rock pastorale ("Dads") après avoir oeuvré le temps d'un "Mac, get your gear" dans les sphères du mouvement post-rock. Des collages bruitistes ("Fangs"), quelques essais un peu brouillons, on sent parfois le songwriting encore hésitant parfois balbutiant, d'autres fois déjà affirmé et extatique, mais quand The worries doit nous livrer quelques pépites, il le fait sans sourciller. Que ce soit avec "Why in the world not ?" ou "Dr. Phil's retirement", deux titres qui démontrent sans l'ombre d'un doute que Mimas a plus d'un tour dans son sac. Et c'est tant mieux. Nous on attend déjà la suite de pied ferme.