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Rock
Microfilm
Biographie > Micro-bio
"Microfilm est une entité avec des membres, des envies, des pulsions. C'est un être hybride à l'apparence et à la sexualité trouble", voilà mot pour mot ce que l'on peut trouver au début de la biographie de ce groupe qui n'hésite pas à sortir des sentiers battus. On dira que ça commence plutôt fort. d'autant que la suite mérite largement le coup d'oeil (en ligne sur le site officiel du groupe, rubrique biographie). Pour les fainéants du clic, on résumera en disant que Microfilm est un quintet guitares, basse, batterie, sampler, composé de Guillaume (ex-Gum), Mathieu (ex-Gum), Yohann (ex-Kinkle), Cyril et Gregory (ex-Seven Hate), évoluant dans les sphères du post-rock. Auteurs d'un premier EP (sorti en novembre 2003) remarqué par les spécialistes du genre, les membres de Microfilm sortent fin 2004 leur premier album : un opus mystérieusement intitulé A journey to the 75th.
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Microfilm / Chronique LP > Stereodrama
Elle est bien curieuse la pochette de l'édition promo du nouveau Microfilm, mais ça c'est avant que l'on comprenne que la version commercialisée dans les bacs sera agrémentée d'une paire de lunettes 3D, pour admirer le digipack en multi-dimensions donc, logique, mais également la piste vidéo qui accompagne le CD, elle également en 3D. Un clip original mêlant habilement passaes live et animation. Pour le reste, soit la musique, ceux qui avaient apprécié A journey to the 75th ne seront pas dépaysés. Ce qui faisait l'élégance et la richesse du premier effort de Microfilm est ici toujours présent. En l'occurence, des samples de long-métrages de cinéma incorporés à un post-rock mélodieux et raffiné. Le résultat de ce mélange culturel est étonnant, tant d'un point de vue musical que... "narratif". "Dpt 1" ou "La fille qui en savait trop" parviennent ainsi à instaurer des atmosphères à la Red Sparowes par des instrumentations vibrantes et un songwriting en noir et blanc.
Rythmiques qui donnent dans la subtilité, le tout sur un mid-tempo hypnotique, lignes de guitares denses et saturées alors que l'on se sent bercé par les dialogues de films qui viennent de manière impromptue se poser sur les compositions du groupe ("Tout l'univers"), l'expérience Microfilm est inédite, énigmatique même, pour qui n'a encore jamais jeté une oreille sur les travaux musicaux. Qui suivre ? La musique, les dialogues ou les deux ? Sans doute tant les deux ingrédients de la musique du groupe semblent intimement liés pour produire la bande-son idéal d'un conte post-moderne aux divagations oniriques ("Night of J & B"). Evidemment, certains pourront objecter que le post-rock du quintet français pris individuellement est plutôt agréable, mais que les samples de films ne viennent qu'alourdir l'ensemble pour apporter un soupçon d'originalité pas forcément utile à ce Stereodrama par ailleurs soigné dans les moindres détails. Les autres se laisseront bercer par un groupe à l'univers extrèmement riche et à la maîtrise artistique quand même étonnante.
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Microfilm / Chronique LP > A journey to the 75th
Exigeant, difficile d'accès, le post-rock instrumental de Microfilm ne peut, par essence, pas plaire à tout le monde. Riche et fouillée, la musique du quintet poitevin pourra même s'avérer, par moments, inaccessible et rendre certains auditeurs complètement hermétiques à sa complexité. Et pourtant, ce groupe, précédé d'une flatteuse réputation, due à une presse plutôt élogieuse, peut se targuer de posséder une véritable personnalité musicale. Non consensuelle et ambitieuse, la musique de Microfilm joue sur la fluidité et malgré sa densité, se révèle à la fois limpide et énigmatique. On n'est plus à un paradoxe près... Subtiles et fascinantes, les envolées de guitares sont orchestrées avec une maestria rare à ce niveau. Etonnant. Rappelons quand même qu'il ne s'agit que du premier effort du groupe.
A journey to the 75th, s'il n'est pas le chef-d'oeuvre annoncé par certains, n'en reste pas moins une oeuvre particulièrement intéressante... Poétique, même, par moments. Parsemé d'extraits de dialogues de films samplés pour l'occasion, cet album à l'artwork classieux et élégant surprend tant par son classicisme que son côté post-rock évolutif. Paradoxes, encore. Post-pop, post-rock, rock instrumental ? Une affaire de spécialistes avertis. Quoiqu'il en soit, la musicalité de l'ensemble surprend, l'intégration des extraits de films offrant à l'ensemble une homogénéité maîtrisée de bout en bout où rien n'est laissé au hasard. Rythmiques posées et lancinantes, accords intemporels, crescendo cinématographiques (facile...), Microfilm assume son concept jusqu'au bout, sans jamais un début d'écart sur la longue route post-rock instrumentale qu'il a commencé à parcourir.
Un chemin de traverse qui conduira l'auditeur jusqu'au numéro 75. Pourquoi là ? Quelle signification à ce numéro ? Peut importe et de toutes les façons, on ne le saura sans doute jamais. Et au final, quelle importance lorsque l'on regarde derrière soi. Le premier album de ce groupe signé chez Rejuvenation Records (Myra Lee, Flying Donuts) est une vraie réussite, quelque soit l'étiquette forcément réductrice que l'on cherchera à lui imposer.
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