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Metric 01 Metric est né de la rencontre entre les Canadiens Emily Haines (chant, synthé et guitare) et James Shaw (guitare, synthé et thérémine) en 1998. L'histoire débute véritablement à Montréal où James rejoint Emily qui y habite, le premier compose, la deuxième écrit et chante. Après une première démo intitulée Mainstream EP orientée downtempo pop-electronica, le duo emménage deux ans à Brooklyn dans une coloc' où résident notamment de futurs membres de Yeah Yeah Yeahs, Liars et TV On The Radio. Le duo profite des joies de cette cohabitation pour mieux se trouver musicalement (mais pas que !) et choisissent Metric comme substantif, du nom d'un rythme enregistré dans le synthé de Shaw.

En 1999, un type de la Warner Bros Records à Londres tombe sur la démo des Canadiens et leur propose de signer un deal pour distribuer leur premier EP, qui sortira quelques mois plus tard sur Chrysalis Records. Après avoir tenté de mettre en boite au Royaume-Uni le noyau d'un premier album avec l'aide du producteur Stephen Hague (New Order, Pet Shop Boys), le groupe repart à New-York à la recherche de deux nouveaux membres pour se produire en live. En 2001, le duo passe aux choses sérieuses et enregistre Grow up and blow away, un premier LP qui ne verra le jour qu'en 2007 à cause d'un conflit avec le label Restless Records, qui a finalement été acheté par Rykodisc peu de temps après. C'est sur ce dernier que sort néanmoins le deuxième EP du duo, Static anonymity, produit par James Shaw. La même année, Joules Scott-Key (batterie) et Joshua Winstead (basse), deux amis américains du duo, les rejoignent pour former un quatuor. La formation, alors au complet, débute les concerts à New-York où ils y font circuler des CD-R "fait maison" contenant des chansons inédites.

Old world underground, where are you now? fait son apparition en 2003 et remporte son premier Juno Award, équivalent des victoires de la musique Canadienne. Cet album marque le début d'une collaboration avec le label Last Gang Records, qui publiera bien plus tard Grow up and blow away. Le groupe figure à la même époque dans le film "Clean" d'Olivier Assayas et commence à se faire connaître en France. Le 4 octobre 2005, Live it out permet à Metric d'assurer sa notoriété grâce à des ventes très encourageantes (200 000 exemplaires) et à des tubes disco-pop et indie-rock tels que "Poster of a girl" ou "Monster hospital". Ils assurent même les premières parties des Rolling Stones et Bloc Party et enchainent les plus grands festivals internationaux. En 2008, la bande d'Emily et Jimmy sort un DVD d'un show filmé à Montréal intitulé Live at Metropolis. Le quatrième album, Fantasies, est publié en avril 2009 sur Metric Music International, le propre label du groupe, pour l'international. Cet opus contient de nombreux hits pop dont "Gimme sympathy" ou bien "Front row" qui a servi à la série "Grey's anatomy", ou encore "Gold Guns Girl" pour le film "Zombieland" et la série "Entourage". En octobre de la même année, Metric sort un EP de 5 titres titré Plug in plug out comprenant des titres de Fantasies en version acoustique. Les Canadiens signent "Black sheep", une chanson pour le film "Scott Pilgrim vs. The world" puis le titre "Eclipse (all yours)" pour "Twilight saga : eclipse" et boucle la boucle avec Fantasies flashbacks un album de remix de Fantasies en octobre 2011.

En juin 2012, Metric sort Synthetica et participe avec le compositeur Howard Shore à la BO de "Cosmopolis", le nouveau film de David Cronenberg. A noter qu'Emily Haines est auteur de trois disques en solo dont deux sous le nom Emily Haines and The Soft Skeleton et que la native de New Delhi est membre avec James Shaw du collectif art-rock Torontois Broken Social Scene. Quant à Joules Scott-Key et Joshua Winstead, ils exercent également dans un side-project intitulé Bang Lime.

Metric / Chronique LP > Synthetica

Metric - Synthetica Metric a su depuis ses débuts gérer son "plan de carrière" d'une manière assez incroyable. Les faits nous le prouvent ! La formation canadienne, victime de son succès, étant sollicitée de partout (dernièrement encore avec la BO du film Cosmopolis de David Cronenberg). Synthetica, son nouvel album, ne déroge pas à la règle. Metric a compris, comme pas mal de monde, que pour appeler à la réussite dans la durée, il fallait assurer à sa création musicale un degré d'accroche presque immédiat tout en arrivant à contrôler son image et sa conduite de projet. A cela, si vous ajoutez le talent de composition, la sensualité indéniable et le charisme dont fait preuve la chanteuse à tous points de vue, vous obtenez inévitablement un attrait considérable. Le nouvel album s'inscrit dans la continuité pop-rock entreprise depuis Live it out où chaque chanson se révèle être un potentiel tube en puissance.

Synthetica, comme le laisse à penser son nom, est un album qui laisse, davantage que ses prédécesseurs, exprimer en long et en large les synthés et autres claviers à effets variés. Les premières mesures d'"Artificial nocturne", morceau inaugural, vont d'emblée dans ce sens avec une progression aérienne se noyant peu à peu dans un engrenage où le tempo devient inaltérable. L'album est lancé et poursuit sur "Youth without youth", surement l'un des meilleurs titres qui, grâce à son rythme indus FMisé et à ses guitares tranchantes, fait mouche. La production de ce disque est à l'image des compositions, soignée, trop lisse par moment où certains atours sont peut-être de trop ou dérangeants ("Breathing underwater", "The void"). La voix touchante et pleine de volupté d'Emily ainsi que les textes qui pour certains touchent l'actualité politique du moment, est le moteur de Metric, guidant la couleur et l'humeur de chaque titre qu'il soit acidulé ("Lost kitten"), d'une mélancolie débordante ("Speed the collapse", "Nothing but time") ou lorsqu'il concerne un hommage (Les textes de "Dreams so real" sont issus d'un poème de son père, Paul Haines, célèbre pour sa collaboration avec Carla Brey en 1971 sur l'opéra-jazz "Escalator over the hill").

Selon ses géniteurs, ce nouvel album se veut comme la synthèse musicale des dix dernières années du quatuor, depuis qu'il est au complet. Un bilan qui nous laisse tout de même croire à son écoute que le groupe siérait plus aux stades qu'aux petites salles (au hasard, La Maroquinerie en 2009). Paradoxalement, le titre éponyme est celui qui sonne le plus rock mais un rock synthétique qui s'adjoint les services de Lou Reed sur "Wanderlust". Une collaboration inédite plutôt sympathique pour un disque globalement sympathique qui malheureusement n'atteindra jamais l'ambiance survoltée d'un Live it out, sorti il y a moins de 10 ans justement...