Metric - Synthetica Metric a su depuis ses débuts gérer son "plan de carrière" d'une manière assez incroyable. Les faits nous le prouvent ! La formation canadienne, victime de son succès, étant sollicitée de partout (dernièrement encore avec la BO du film Cosmopolis de David Cronenberg). Synthetica, son nouvel album, ne déroge pas à la règle. Metric a compris, comme pas mal de monde, que pour appeler à la réussite dans la durée, il fallait assurer à sa création musicale un degré d'accroche presque immédiat tout en arrivant à contrôler son image et sa conduite de projet. A cela, si vous ajoutez le talent de composition, la sensualité indéniable et le charisme dont fait preuve la chanteuse à tous points de vue, vous obtenez inévitablement un attrait considérable. Le nouvel album s'inscrit dans la continuité pop-rock entreprise depuis Live it out où chaque chanson se révèle être un potentiel tube en puissance.

Synthetica, comme le laisse à penser son nom, est un album qui laisse, davantage que ses prédécesseurs, exprimer en long et en large les synthés et autres claviers à effets variés. Les premières mesures d'"Artificial nocturne", morceau inaugural, vont d'emblée dans ce sens avec une progression aérienne se noyant peu à peu dans un engrenage où le tempo devient inaltérable. L'album est lancé et poursuit sur "Youth without youth", surement l'un des meilleurs titres qui, grâce à son rythme indus FMisé et à ses guitares tranchantes, fait mouche. La production de ce disque est à l'image des compositions, soignée, trop lisse par moment où certains atours sont peut-être de trop ou dérangeants ("Breathing underwater", "The void"). La voix touchante et pleine de volupté d'Emily ainsi que les textes qui pour certains touchent l'actualité politique du moment, est le moteur de Metric, guidant la couleur et l'humeur de chaque titre qu'il soit acidulé ("Lost kitten"), d'une mélancolie débordante ("Speed the collapse", "Nothing but time") ou lorsqu'il concerne un hommage (Les textes de "Dreams so real" sont issus d'un poème de son père, Paul Haines, célèbre pour sa collaboration avec Carla Brey en 1971 sur l'opéra-jazz "Escalator over the hill").

Selon ses géniteurs, ce nouvel album se veut comme la synthèse musicale des dix dernières années du quatuor, depuis qu'il est au complet. Un bilan qui nous laisse tout de même croire à son écoute que le groupe siérait plus aux stades qu'aux petites salles (au hasard, La Maroquinerie en 2009). Paradoxalement, le titre éponyme est celui qui sonne le plus rock mais un rock synthétique qui s'adjoint les services de Lou Reed sur "Wanderlust". Une collaboration inédite plutôt sympathique pour un disque globalement sympathique qui malheureusement n'atteindra jamais l'ambiance survoltée d'un Live it out, sorti il y a moins de 10 ans justement...