Amandine, Bruce et Judicaël forment Meringue, alcohol and us en octobre 2006, après une rencontre fortuite dans un bar, du côté de Poitiers. Les premiers morceaux de ce trio s'articulent alors principalement autour de la guitare et du chant. Mais progressivement, les compositions s'étoffent : mandoline, ukulélé, glockenspiel et violoncelle font leur apparition, faisant ressortir des sonorités qui s'éloignent peu à peu du folk traditionnel pour se diriger vers quelque chose d'élégant et raffiné. Après deux ans de travail en commun passés à chanter en anglais leurs petites histoires, dans lesquelles les frontières entre l'enfance et l'âge adulte se dérobent, les trois poitevins mettent la touche finale à un premier EP autoproduit : Black & white rainbows.
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Meringue, Alcohol and Us / Chronique EP > Black & white rainbows
Black & white rainbows est un mini-album qui se déguste comme une petite friandise censée attiser l'appétit et qui finit par nous faire succomber de sorte que l'on en reprend encore et encore, jusqu'à arriver au repas, l'estomac déjà partiellement bien garni. Folk délicieusement pop, la musique de Meringue, alcohol and us peut être située entre Cocoon, Damien Rice et Cocorosie. Délicate, précieuse, minimaliste et sans la moindre touche superflue, elle est invariablement légère ("Little you"), souvent enfantine, ingénue mais suffisamment mature pour ne pas céder aux clichés de la naïveté trop sucrée.
"I love the way you treat me", une guitare acoustique qui ne semble plus faire qu'une avec la voix d'Amandine, une mélodie rêveuse qui parcourt tranquillement notre épiderme, Meringue alcohol and us n'a pas besoin d'inventer dix mille structures alambiquées pour nous séduire, le charme de sa musique suffit à nous faire succomber. S'offrant quelques instrumentations sortant un peu du carcan parfois trop étroit pour lui du folk dit "classique", le trio livre avec "Pins & needles" un troisième titre à la beauté un peu surannée, mais qui se déguste pourtant sans effort. Décidés à marquer les esprits, les poitevins se fendent alors d'un "My space friend" (évocation maline du phénomène MySpace) à l'élégance confondante. Instrumentations minimalistes, un duo masculin/féminin au chant qui se trouve les yeux fermés, un duo qui s'envole avant d'en terminer sur le lunaire "Moonlight solo". Voilà un de ces titres que l'on écoute en pleine nuit, affalé sur sa terrasse, avec à l'esprit ces petites ritournelles folk/pop signées par un trio qui a su nous convaincre avec une facilité confondante.
