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Stillness breathes (1991-2006)

Mercury Rev : The essential mercury rev - stillness breathes (1991-2006)Alors qu'au moment de la sortie de The secret migration je m'étais promis de vous chroniquer les 5 premiers albums du groupe, je n'ai réussi à vaincre que son premier opus : Yerself is steam. Terrassé par la nonchalance, vaincu par une pile de disques grandissante, n'ayant pas la force et la vitesse de frappe d'un Aurélio, je dû, donc, jeter l'éponge. Autant dire que la sortie de The essential mercury rev est une véritable aubaine. Et à plus d'un titre. Car le premier disque de cette double et épique compilation (2h29 au compteur !) permet de survoler la carrière du groupe avec des titres tirés des différents albums, de Yerself is steam à The secret migration. On découvrira aussi "Car wash hair" dans sa version courte (près de 5 minutes, tout de même !) qui se trouvait originellement sur un single et quelques compilations dont Mint humbucker.
Fort logiquement ce sont les 3 derniers albums (Deserter's songs, All is dream et The secret migration) qui sont le plus représentés ici avec huit titres sur les quatorze (dont les immanquables "Opus 40", "Goddess on a hiway" ou "A drop in time"). Logique, en effet, car c'est depuis 1998 et Deserter's songs que le groupe a assis sa réputation. Mais le groupe n'a pas pour autant mis de coté ses premiers faits d'armes. Effectivement, on pourra aussi bien se replonger dans leurs derniers élans grandiloquents ("The dark is rising") que voyager a travers les premières épopées tumultueuses telles que "Chasing a bee" ou "Empire state (son house in excelsis)". En presque une heure et quart, c'est un panorama d'une soixantaine de titres, divers et variés dans leur contenu, qui est synthétisé et offre un coup d'oreille sur la carrière (hors du commun) de Mercury Rev, et ce, sans oublier leur trois premiers albums (Yerself is steam, Boces et See you on the other side). Mais nous n'en sommes qu'à la moitié du périple !
L'objet s'adresse à tous, même aux fans les plus chevronnés de Mercury Rev, détenteurs des singles, maxis, compil's auxquelles le groupe a participé puisque se glissent dans la deuxième galette, exclusivement composée de raretés, 3 titres inédits. Impossible de décortiquer les 18 titres du deuxième disque (et ses 76 minutes) de façon concise, je vais plutôt m'attarder sur quelques coups de coeur. Parmi les différentes reprises qu'a effectué Mercury Rev durant sa carrière, on soulignera celle de "Lucy in the sky with diamonds" des Beatles (jusque là inédite), plus éclatante que celle de John Lennon en solo ("I don't wanna be a soldier"). On notera aussi les reprises de Captain Beefheart ("Observatory crest") et de Nico ("Afraid"), toutes deux habilement habitées par Mercury Rev. Sont plus anecdotiques, celles du caméléon David Bowie ("Memory of a free festival") et du récemment disparu parrain de la soul James Brown (avec "It's a man's man's man's world").
Le groupe s'est aussi essayé à transposer un standard des années 30 ("I only have eyes for you" composé par Al Dubin et Harry Warren) ou des morceaux traditionnels comme "Streets of laredo" déjà popularisé par Johnny Cash et "He was a friend of mine" interprété par Bob Dylan. Le résultat de ces deux premiers titres est à la hauteur de nos espérances, dommage que le dernier nous fasse trop penser à la version du prêtre du folksong.
A cela s'ajoutent deux compos inédites de Mercury Rev ("Clamor", apparemment pré-1995 et "Seagull", visiblement plus récent), un remix assez bien vu de leur "Delta sun bottleneck stomp" (Deserter's songs) par The Chemical Brothers et encore quelques titres à découvrir.
Au sujet du premier disque, on pourra toujours pinailler autour du choix des titres (j'aurais préféré un titre de Boces à "Black forest (lorelei)"), de leur ordre d'apparition (un ordre chronologique aurait-il été préférable ?) ; au sujet du second, son remplacement par un DVD et reléguer les raretés sur un troisième disque ou consacrer deux disques à la discographie "standard" du groupe peuvent être discuter. N'empêche qu'avec deux galettes (et près de 2h30 de son !), The essential mercury rev s'impose comme un opus indispensable aussi bien chez l'auditeur averti du groupe que chez le néophyte qui aimerait prendre le train "Mercury Rev" en route. En attendant son prochain opus, la formation offre de quoi se nourrir les oreilles, que dis-je, se les gaver !

Rémiii
Janvier 2007

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