Meet the Storm - To what end... Originaire des Pays-Bas et actif depuis 2007 avec un petit EP au compteur, Meet the Storm déferle aujourd'hui sur le vieux continent avec sous le bras un premier album sorti par le biais du label local White Russian Records (Harsh Realms, Striking Justice...) et gorgé de torpilles hardcore rock/punk qui font la qualité première du groupe. Mais également son petit défaut structurel sans doute inhérent à son concept. Car si MTS a le bon goût (doublé d'une efficacité solide) de donner dans le crossover southern-rock vs hardcore punk avec des gang-vocals qui savatent et des mélodies ardentes ("Atlantis conspiracy"), il va parfois un peu trop chercher ses influences du côté des références Gallows, Cancer Bats et autres Every Time I Die.

Quand on sait que l'on peut parfois même citer Refused, on se dit que ça ne doit pas être mauvais et à vrai dire, ça ne l'est jamais. Génial, parfois quand même un peu par contre. En témoignent des titres de la vigueur salvatrice d'un "Saviours" inaugural et incisif, d'un "AA pre-school" à la puissance sauvage taillée pour le live ou d'un "Take back the poison" qui joue avec les clichés du genre pour mieux les démolir et en produire une foudroyante exégèse appuyée par quelques gimmicks rock hardcore punk qui envoient. Problème, Meet the Storm est aussi capable de se lancer très haut pour ensuite se rater dans les grandes largeurs, à l'image de ce "Lesson '39" à la première partie quasi idéale qui vient se fourvoyer au cours de sa seconde moitié dans un vieux hard FM paresseux aux soli plus que poussifs, qui plus est alourdis par un refrain à la finesse éléphantesque.

Mais heureusement pour nous, quand les Néerlandais se gaufrent sur un passage, ils redressent la tête rapidement. En remettant les gaz sur le très hargneux et fédérateur "Speaking in forked tongues" avant de tout lâcher sur un "Dead eyes don't speak" southern machin explosif. Une poignée de titres plus classieux et éraillés mais non moins bien ficelés plus tard ("Yosemite Sam's curse", "Raymond K.Kessel"), MTS peut refermer ce premier album sur un "Raindog blues" qui synthétise plutôt bien ce qu'est en l'état To what end..., un album fort bien troussé et qui remplit largement son cahier des charges, voire même un peu plus, ce sans pour autant révolutionner le genre. Mais le potentiel est indéniablement là...