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Maria Blonde > Chronique EP / Maria Blonde
Entre émo et noise, le groupe parvient à se forger une personnalité rock intéressante. Sur "Christmas day" par exemple on part tout de suite sur un riff vindicatif et rentre-dedans "I hate Christmas day/ Die damns Christmas day". Les guitares saturées, le mélange/contraste des voix du chanteur et d'une très jolie voix féminine donne une allure de carton au titre entier. Les rythmiques sont entraînantes, on a l'impression d'un "déjà entendu" et pourtant non, c'est juste que Maria Blonde montre ici en avant goût ce dont ils sont capables. La compo se termine comme elle a commencé : on ne l'a pas vu venir, mais on l'a bien retenu. "Criticism" est beaucoup plus tranquille, avec un son très doux, on sent la frappe légère, retenue, la voix et les chœurs semblent tout innocents, presque niais, les guitares éthérées. Le tout forme une compo très douce, étrangement irréelle. De la même façon "Dahaina" reste dans ce monde un peu féerique mais beaucoup plus rapide, le titre nous fait déjà frissonner. L'effet radio sur la voix y joue pour beaucoup ainsi que les guitares à la fois lancinantes et torturées, à la fois candides et bien sur les quelques notes de clavier toujours efficace. Les montées en puissance t'emmène loin, on sent le groupe à la lie du délire, les breaks sont entrecoupés de samples vocaux (?), ils poussent nos nerfs à bouts et on en redemande. Sans aucun doute ce titre va lui aussi rester un moment dans nos crânes. Ca fait déjà pas mal non pour une simple démo !? "One gram of her" sort du lot avec sa longue intro, entre samples et notes éparpillées. Au bout de 2 minutes le titre commence vraiment, un peu expérimental pour la forme, déstructuré, parfois les riffs me font penser à du Sonic Youth un peu plus limpide. Pour ceux qui aiment la difficulté écoutez Maria Blonde qui sort des cadres pré-figés du rock... J'aime tout particulièrement l'instant où la voix reprend sa place avec les samples, "anytime anywhere" on se laisse transporter par le nuage Maria Blonde. Les cris te réveillent d'un coup mais ils semblent nécessaires, un peu comme un coup de vent frais. Petit plus de ce titre, mon coup de cœur, les gros cris et la partie rentre dedans vers la septième minute ! Et pour finir, un son familier bien crados et rock'n roll sur "Feed on". Le groupe arrive à faire la jonction avec le brouillon du son noise et le son ingénu de la pop sans son coté aseptisé et soporifique. Gros roulements et frappe méchante qui accompagnent une voix et des guitares dénaturées, déformées par les émotions mises en jeu. Bravo encore pour les transitions réussies qui donnent du piment à toute la démo, forgée sur une "fausse" non-ligne musicale performante et efficace (mais ligne quand même puisque ce schéma de transitions entre noise et pop se retrouve presque toujours !). Bon je sais pas si t'as tout compris mais moi j'ai adoré ce groupe un peu punk, un peu noise, un poil pop, qui surfe très loin devant les autres vagues rock qu'on nous rabâche sans cesse. Pas besoins de faire dix mille comparaisons, pas besoin d'en écrire davantage, Maria Blonde devrait marcher chez tous les amateurs de bon gros rock un peu décalé et même chez les autres.
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