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Biographie > après Dolly

Emmanuelle a commencé à jouer de la guitare et à chanter avec Dolly & Co puis le groupe est devenu Dolly, aujourd'hui, c'est sous son diminutif, Manu, que la Nantaise continue d'écrire et de se produire. Nikko (Dolly) est resté à ses côtés et elle a demandé à Ben (Pause) de prendre la basse et à Nirox (Dawax) de s'asseoir derrière les futs. Ensemble ils ont enregistré Rendez-vous et ont créé leur petit label (Tekini) pour sortir l'album avec l'aide de Lez'Art (Goo Goo Blown, Daisybox...) à l'automne 2008.

Interview : Manu, Intervi OU : Patrick Giordano (déc. 2015)

Interview : Manu, Manu : la première interview (juin 2013)

Manu / Chronique LP > La vérité

Manu - La vérité La vérité ? Manu n'a jamais été aussi proche de Dolly. Les concerts, le travail "en groupe", l'anglais, le moyen de sortir une certaine énergie ? Peu importe les raisons de ce retour aux sources plus rock car même si on adore la douce Manu en version pop, on l'apprécie encore davantage dans un nuage distorsion survolée par sa voix cajoleuse.

Si la guitare n'avait jamais vraiment quitté les bras de Manu, la saturation n'avait jamais été aussi présente que cet opus, elle est omniprésente, seul un titre y échappe, c'est "Je pense à toi" et son dépouillement musical d'où émergent essentiellement les sons graves du violoncelle qui rappellent fatalement Apocalyptica. L'autre plage de calme, c'est "A quelqu'un", qui commence comme une complainte un peu résignée avant de peu à peu se transformer en fougueux élan électrique. Pour le reste de l'album, l'électricité est déjà à tous les étages avec l'envie d'en découdre plus frontalement et carrément de faire honneur à une vieille gloire du punk rock. Manu reprend en effet "Teenage kicks", le titre de The Undertones qui s'il est écrit à l'été 77, sort en 78 alors que les Sex Pistols ont braqué tous les regards sur un nouveau genre musical. Ce morceau est devenu un standard du punk grâce entre autres à ses nombreuses reprises (parmi les groupes qui se sont amusés avec le riff entêtant on peut citer les Buzzcocks, Ash, Skunk Anansie, Therapy?, Green Day, Supergrass, Rasputina et même les One Direction), ici, à part la voix, moins chevrotante, on reste très proche de l'idée d'origine avec un fond sonore un peu brouillon d'où ressortent les notes qui, avec la dynamique, font le sel du tube. Et si là, l'anglais s'impose, on le retrouve aussi par ailleurs ("Toi et moi", "Bollywood"), par bribes comme si la langue du rock venait s'incruster naturellement dans le français maternel de Manu ("Happy end nous restons dans le mood / Take my hand et serrons-nous les coudes ..."), comme une évidence. L'anglais n'est pas nécessaire pour donner du rythme et du punch, notre idiome peut aussi sonner et faire claquer les mots ("Un baiser dans le cou", "Comme un gant") comme leur donner une harmonie qui nous emporte avec force (et rappelle un peu plus Dolly, "La vérité", "Encore de moi").

La vérité ? Peut-être que la vraie nature de Manu refait surface, qu'il lui est impossible de calmer ses démons "de jeunesse", que le Rock est plus fort que tout et comme, finalement, il s'adapte parfaitement à ses volontés de douceur et de mélodie, le mélange détonne plus qu'il n'étonne. De toute façon, avec Manu, le charme agit toujours, quelque soit son arme.

Manu / Chronique EP > Tenki ame

Manu - Tenki ame Depuis "Suteki ni" (paru en 2008 sur Rendez-vous, ici dans sa version live de Rendez-vous à l'Elysée Montmartre), on connaît l'attrait de Manu pour le japonais, sa collaboration avec Suzuka Asaoka s'est poursuivie jusqu'à sortir à l'automne 2014 ce "japanese EP", huit pistes à réserver aux plus fans de l'ex-Dolly car il n'y a que trois vrais nouveautés... "Tenki ame" qui donne son nom à l'EP (et dont la traduction apportée dans le livret est "Soleil de pluie") est un titre très mélancolique où le chant n'est soutenu que par un piano et un violoncelle. Très délicat, on le retrouve en fin d'EP dans une version "harpe" peut-être encore plus belle. Un court remix façon valse moderne essaye de donner du rythme mais ce n'était pas forcément une bonne idée. "Mo jikikai", c'est la traduction de "J'attends l'heure", c'était beau sur La dernière étoile, ça l'est toujours, quelque soit l'idiome, la harpe apportant encore plus de chaleur, c'est un régal. Reste "Amaku ochiru" ("Douce chute"), plus rythmé et qui me parle moins, la faute à une ambiance "lounge" en mode normal, une ambiance électro "magasin de fringues à la mode" sur le premier remix et à la déstructuration trop intense d'Alif Tree sur le second.
Sans les remix, l'EP aurait été plus consistant, plus agréable à réécouter et aurait davantage fait honneur à ce très bel artwork.

Manu / Chronique LP > La dernière étoile

Manu - La dernière étoile Cinq années se sont passées depuis le premier Rendez-vous avec Manu, mais les premières notes de ce nouvel opus rouvrent rapidement la boîte à souvenirs. On constate alors que ses belles mélodies ("Tes cicatrices", "T'es bô t'es con", "Suteki ni"...) ne nous ont pas vraiment quittées et qu'elles viennent nous hanter en même temps que l'on découvre leurs petites soeurs.

Quelques murmures, quelques notes, un rythme qui monte, le petit instrumental "Oh dear !" donne les trois coups, son successeur immédiat "J'attends l'heure" n'en donne lui qu'un seul, mais un sacré coup ... de vieux ! Ambiance maison de retraite dépressive pour le texte, petites mélodies guillerettes tout en contraste pour la musique et la ligne de chant, Manu a le don de faire passer des instants fades comme des bonbons acidulés. Le thème est différent pour "Que fais-tu ?" mais l'idée reste la même, les mots sont ici dédiées à la jalousie alors que la rythmique cadencée va de l'avant et le ton semble insouciant. "La routine" des amants qui se manquent faute de prendre du temps continuent la course de l'album qui apprécie le mouvement et marque une première pause avec le titre éponyme "La dernière étoile". Très émouvante, Emmanuelle alourdit le tempo et partage une partie de son fardeau pour alléger son coeur, malgré la pluie de soleils, la solitude est sombre, ce titre rompt l'enchantement et plonge dans la triste réalité ceux qui se seraient laissés porter par les douces harmonies jusque-là. Mais ça pourrait être pire, tant qu'on ne perd pas le sourire, pour le garder, il suffit d'oublier, de travestir ses souvenirs, cette recette idéale pour rester heureux s'oppose à "A toute vitesse" où l'on revit et retient tout.

Musique, texte (de France Cartigny, comme pour "La routine" où la démoiselle fait également les choeurs) et chant sont à l'unisson, le peu d'allant laisse peu d'espoir et nous laisse bel et bien sur terre. La réponse donnée par Manu est la même que pour "J'oublie" : il faut prendre l'affaire "A la légère", comme ce petit gimmick à la guitare, on repart comme si de rien n'était... Pour aiguiser de nouveau nos oreilles, un peu d'anglais désabusé par des mensonges et un saxophone qui comme le sujet de la chanson la joue un peu perso ("Talk (about)"). La basse redonne du pep's et illumine de nouveau les yeux avec quelques jeux de mots à propos des maux que Manu rencontre (aussi bien lors d'une tempête sentimentale que pour écrire). Et à la fin, où se retrouve-t-on ? Au paradis bien sûr... Une douceur pleine de nostalgie où l'on se met à regretter les écorchures du passé.

La dernière étoile est un très bel album, contrasté, centré sur les souvenirs et les émotions, porté par des mélodies touchantes, un album à la fois personnel et à partager pour gagner en légèreté.

Manu / Chronique DVD > Rendez-vous à l'Elysée Montmartre

Manu - Rendez-vous à l'Elysée Montmartre 28 novembre 2009, Manu nous donne Rendez-vous à l'Elysée Montmartre pour jouer live son album, le concert durera presque 2h et sera capté par plusieurs caméras pour devenir un DVD... A peu près un an plus tard, on peut trouver le joli digipak avec non seulement ce concert en DVD mais aussi une version CD (amputée de 2 morceaux parce que la durée des CDs est toujours limitée à environ 1h20), un CD est très appréciable si on veut écouter le live ailleurs qu'avec un lecteur DVD (et que bon nombre de groupes ferait bien d'inclure avec leurs DVDs live). Les deux morceaux qui ne sont pas sur l'album sont les deux où Manu invite des amis (et des ballons) à monter sur scène pour le rappel : le tube "T'es bô t'es con" enrichi de la guitare de Manu Lanvin (oui, c'est le fils de Gérard) qui rend la pareille à Manu (qui était venue chanter sur son titre "Tout ou presque") et de la trompette de Benoît (Maximum Kouette et donc Maxi Monster Music Show) et l'inédit "Sourire cassé" où c'est Patrick Matt Giordano (et ses nouvelles cordes ?) qui vient placer quelques riffs, la vieille connaissance du rock et du jeu est un vieil ami de Nirox avec qui il a joué (il y a longtemps, bien avant Dawax) dans Les Bandits. Bref, pour le tube, le bel inédit et les guests de qualité, il faut mater le DVD ! Faut-il en parler ? Le son est bien entendu impeccable, tout comme les images et la réalisation qui bénéficie de la superbe lumière des shows de Manu. Rien à dire de ce côté là évidemment. Côté musique, on a en plus de superbes interprétations des morceaux de Rendez-vous dont un épique "Dans les yeux" (qui rappelle les envolées Dollyesques de "Régis" ou "Love and money") et pas moins de 5 inédits : "On refait tout" (l'occasion de jouer avec les mots et la disto), "Le ciel nous donne" (une douceur charmeuse), "Le jour est venu" (construit sur la basse de Ben), "Ne me demande rien" (le meilleur des cinq ? Enernique et mélodique à souhait) et "Sourire cassé" (long à démarrer puis trop vite terminé !).
En bonus, le DVD offre près d'une heure de vidéo autour de l'enregistrement de l'album à Carpentras avec en plus des prises du ping-pong, un barbecue, un petit gag... puis à La Chocolaterie (Paris) où on recroise forcément quelques invités (Manu Lanvin et Nikko y sont réalisateurs), où on est touché par "GoodBye" et où on révise son japonais ("Suteki ni"), au Studio de la Reine (Paris) pour le mixage et enfin quelques images live. C'est un cadeau assez sympathique, comme les photos ou le clip de "Tes cicatrices" et ses masques.
Fan de Dolly puis de Manu, ce DVD est à posséder absolument parce qu'en studio ou sur scène les deux visages d'Emmanuelle, sa guitare à fleurs et ses amis sont différents et complémentaires...

Manu / Chronique LP > Rendez-vous

Manu - Rendez-vous Bien que composé d'une moitié de Dolly, le projet de Manu est assez différent (ne serait-ce que la couleur de sa voix !), on avait un groupe de rock très électrique (Dolly !!!) qui tirait peu à peu vers la pop, en "solo", Manu est clairement pop même si elle se laisse parfois déborder par son énergie rock. Rendez-vous est donc très pop dans le sens où les titres sont simples, touchent l'auditeur dès la première écoute grâce à la voix sucrée de Manu qui sait comment nous accrocher mais aussi par de petits arrangements discrets mais efficaces. Quelques titres électrisent tout de même l'atmosphère, le superbe "Tes cicatrices" mais aussi "Cow-boy" et surtout "Sur mes lèvres" où la guitare monte en saturation et le rythme s'emballe, une composition qui rappelle la construction d'un "Régis" ou "Love and money" dans la gradation, ici, on s'arrête avant les cinq minutes et on enchaîne avec des notes très délicates et une voix caline ("Dis-moi un secret").
Les sentiments, le partage d'une vie à deux, la présence de son enfant, parfois l'ombre de Micka et la volonté d'aller de l'avant sont les principaux thèmes abordés dans des textes plus ou moins simples à décrypter (la pureté d'"Un beau jour" face aux quelques zones de mystère laissées par "Allée des tilleuls"). Manu offre une petite pépite en japonais avec le ravissant "Suteki ni", écrit par Suzuka Asaoka (une traductrice japonaise installée à Paris), c'est un morceau ultra dynamique qui sonne très bien dans une langue qu'on ne comprend pas et qui pourrait faire fondre les nippons même si ce n'est pas le but...
Manu continue donc son parcours artistique, fidèle à ses amours que sont la pop et le rock, la guitare et le micro, les mots et les accords, touchant les coeurs et les corps.