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Composé d'Annie Hozoi Matheson-Margullis (Helms Alee), de trois membres de feu These Arms are Snakes, Chris Common, Brain Cook et Ryan Frederiksen et d'Aaron Turner (Isis, Lotus of Eater, Old Man Gloom), Mamiffer est une entité multi-facettes pratiquant une musique qui se plaît à mêler les genres pour mieux affirmer une griffe atypique et incomparable. Quelque part entre post-rock, néo-classique, ambient et drone, le groupe livre son premier effort discographique en 2008 via Hydrahead Industries avec l'album Hirror enniffer. Suivent ensuite une poignée de split avec notamment Oakeater, Merzbow ou encore House of Low Culture avant un deuxième album long-format en 2011 : Mare descendrii.

Mamiffer / Chronique LP > Hirror enniffer

Mamiffer Avec un tel line-up (des membres de Helms Alee + These Arms are Snake + Isis...), une sortie chez Hydrahead (Daughters, Grey Machine, Pelican, Jesu, Torche et bien d'autres...) et un artwork bien sombre, on aurait pu s'attendre à quelque chose de sombre et tourmenté, dense et abrasif émotionnellement parlant, du genre post-metal/rock/hardcore qui retourne les tripes d'un bout à l'autre de la pièce. Mamiffer n'est absolument pas ça. Ici, on est face à un collectif de musiciens pour qui la notion d'étiquette musicale est quelque chose d'extrêmement aléatoire et qui de fait délivre six pièces oscillant entre néo-classique envoûtant, ambient/dronisant immersif, americana désenchantée et post-folk crépusculaire. Soit des morceaux qui, de "This Lamb" à "Cyhraeth" enveloppent l'auditeur dans un halo musical extrêmement prenant, languissant et hypnotique, où les frontières artistiques s'abolissent d'elles-mêmes, un univers bruitiste aux contours toujours plus insaisissables (le sursaturé "Death shawl") et au milieu duquel, Mamiffer fait naître quelques instants de grâce absolue ("Annwn" et ses accords de claviers obsédants).
Mélodies finement ciselées, une écriture néo-classique feutrée et des progressions harmoniques qui trouvent leur apothéose sur le climax de l'album : "Black running water", une véritable merveille à l'intensité émotionnelle à nulle autre pareille, le groupe livre une partition de très haute volée. Crescendo maîtrisé comme rarement, arpèges enjôleurs, un sens aigu de l'arrangement qui sied parfaitement à une structure déjà habilement dessinée et des éléments musicaux orchestrés de la meilleure manière possible, Hirror enniffer prend peu à peu des allures de petits chef-d'oeuvre qu'il serait indubitablement s'il n'était pas un peu court. On aurait aimé que l'album prenne plus de temps pour se dévoiler complètement, qu'une ou deux plages viennent compléter une trame artistique aussi inspirée, lui donner une dimension supplémentaire, mais Mamiffer a préféré en rester là, sublimant une dernière fois son oeuvre le temps de poser sur la platine un "Suckling a dead litter" encore une fois éblouissant de maîtrise et de classe. A l'image de l'ensemble de l'album... étincelant mais quelque part un brin frustrant, si l'on est exigeant.