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Biographie > Mal à quoi ?

Malajube est un groupe pop/rock québécois, originaire de Sorel-Tracy. Composé de Julien Mineau (paroles, voix, guitare), Francis Mineau (batterie), Thomas Augustin (claviers, voix) et Mathieu Cournoyer (basse), la formation commence à se faire connaître avec leur premier album Le compte complet sorti en novembre 2004 sur le label Dare to Care Records et produit par Martin Pelland, bassiste de The Dears. Cet album est joué sur beaucoup de radios québécoises, canadiennes et américaines. Malajube est également présent sur la très célébre chaîne musicale Musique Plus.
En février 2006, Malajube sort Trompe l'oeil enregistré dans les studios Beat Box et Breakglass à Montréal par Ryan Battistuzzi, guitariste de Jesus and The Headliners. C'est un véritable succès, le groupe remporte de très nombreux prix dont le Félix (prix récompensant des artistes québécois dans l'industrie musical québécoise) pour la Révélation de l'année 2006 et, à l'Autre Gala ADISQ (Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo), le Félix pour Album Alternatif de l'année et la Pochette de l'année 2006. Depuis la sortie de Trompe l'oeil, Malajube a tourné sans relâche au Québec, en Ontario, en Scandinavie (concours Tour Scandinavia), en France, et aux États-Unis, avec des invitations dans des festivals tels que, le CMJ Music Marathon, Osheaga, Les Eurockéennes de Belfort... Au printemps 2006, Malajube recrute un nouveau membre, Renaud Bastien (claviers, guitare), juste avant la sortie française de Le compte complet, sur le label Ladilafé.
Le troisième album, Labyrinthes, sort en février 2009 et remporte le prix de l'album alternatif de l'année lors du Gala de l'ADISQ et amène le groupe à jouer lors des Jeux Olympiques d'hiver de 2010 organisé à Vancouver.
Malajube annonce son nouvel opus, La caverne, pour avril 2011.

Malajube / Chronique LP > Labyrinthes

Malajube-Labyrinthes Lors de la tournée de Trompe l'oeil et après la conception en un peu plus d'un an de deux albums au concentré de pop énergique et attachante, Malajube avait prévenu (par la voix de son chanteur) que le meilleur restait à venir. Non content de s'arrêter en si bon chemin après un succès respectable à travers le monde, les canadiens sortent Labyrinthes, trois ans pile après Trompe l'oeil. Une période plus longue qui a laissé place à de nombreux concerts et, l'on imagine également, à la composition. Une prise de recul bien sentie lors de l'ouverture du disque avec la progression d'"Ursuline". Quelques notes de piano et la machine québécoise s'emballe comme à son habitude. Malajube n'a pas perdu de son dynamisme mais vient à nous déconcerter sur son évolution plus subtile et mature. Alors que sur les anciens albums, les morceaux avaient tendance à subir des changements brutaux d'ambiances et avoir plus de chaleur, ceux de Labyrinthes respirent et une certaine linéarité s'installe. La fin d'"Ursuline", la quasi-instrumentale "Cristobal" ou bien "Casablanca" et son univers un peu emprunté à California de Mr. Bungle en sont de parfaits exemples. La pop-bonbon n'a pas pour autant disparue, preuve en est avec "333", taillée pour les playlists de radio, ou la très jolie "Les collemboles". Si Malajube peut se targuer d'être un des groupes francophones les plus écoutés par les non-francophones, leurs paroles restent toujours autant imagées et frôlent parfois le non-sens (j'ai soigné ton langage, j'ai poli ta coquille pour les collemboles). La raison à cela doit se trouver dans le mix des voix qui, assez souvent, sont noyées dans les instruments. En effet, les guitares sont souvent aériennes, notamment sur les refrains, et le travail solide des claviers qui accentue cet univers atypique des québécois est globalement mis en avant. Toujours est-il que Julien maîtrise toujours aussi bien sa voix en studio (en live, cela reste parfois à la limite du concevable, son organe montrant ainsi ses limites) à l'instar de "Porté disparu" avec son ping-pong sur le couplet. Hormis "Dragon de glace" et "Le tout-puissant" où ces deux morceaux sonnent un peu convenu et deviennent assez vite lassants à la longue, ce dernier opus s'en sort avec les honneurs. A défaut d'être une suite logique des deux premiers, Malajube aura au moins essayé de proposer avec Labyrinthes quelque chose de différent sans pour autant perdre son âme.

Malajube / Chronique LP > Trompe l'oeil

malajube : trompe l'oeil Par un beau soir de février 2006, alors que je venais fraîchement de débarquer à Montréal, je décidais de me rendre à un concert anniversaire pour une radio étudiante montréalaise (CISM). De nombreux groupes y étaient prévus dont Malajube, ils venaient de sortir Trompe l'oeil. A la base, je n'étais pas spécialement venu pour eux mais quand ils sont arrivés, j'ai assisté à un sacré bordel sonore et scénique. Des gens déguisés notamment en ours venaient danser sur la scène pendant que les musiciens jouaient avec énergie et puissance. J'avoue que j'ai pris une claque, et ce n'était que le début. Reparti de ce concert, je décide d'acheter Trompe l'oeil pour écouter plus en détail le travail de ce groupe un peu foufou, à la limite punk. J'ouvre le packaging, c'est très coloré et blanc à la fois, les dessins représentent des espèces un peu bizarres à l'instar de la pochette montrant un papillon hybride avec des poumons à l'intérieur de ses ailes et une fleur en guise de tête. Un trompe-l'oeil parfait ! On se rend compte de suite que Malajube a vraiment un univers à lui. Chaque chanson, exceptée la dernière, correspond à une maladie ou a un rapport avec celle-ci. Ainsi, une chanson comme "Le crabe" représente le cancer, etc.. Je vous l'avais bien dit : tout un univers.
Malajube fait du Malajube, car ils ont un son et une façon de faire de la musique propre à eux. Tout le long du processus d'écoute, on passe à travers différentes ambiances (rock, pop, folk, hip-hop, funky, psyché, groovy...) tel un aventurier qui s'accrocherait aux harmonies et à la folie de ces 12 titres. Les claviers de Thomas sont omniprésents et apportent ce côté à la fois planant et mélodique du groupe. Les textes de Julien sont complètements hallucinés, très imagés et tordus un peu comme l'univers vidéo du groupe mêlant animation et réel. La voix se range dans une tonalité aigüe, souvent noyée de divers effets et parfois criarde (elle peut faire penser sur certaines chansons à la voix de Feverish). Les guitares sont à la fois tranchantes, funky, noisy, claires mais ne prennent jamais le dessus sur le reste des instruments contrairement au clavier. Au rayon invités, le quatuor a fait appel à la crème de la scène québécoise actuelle : Loco Locass qui vient déverser son flow sur "La russe", Pierre Lapointe qui chante sur "Montréal -40°C", Simon Proulx des Trois Accords et un membre de The Dears.
Véritable succès au Québec, Trompe l'oeil commence à avoir des échos positifs notamment aux Etats-Unis où le groupe y fait une tournée actuellement et en France où quelques concerts ont déjà été donné. Malajube donne une bouffée d'air frais au paysage musical rock francophone, et selon son chanteur, n'a pas encore écrit ses meilleurs chansons. Ca promet pour la suite.