The Love Me Nots - Detroit Sans avertissement aucun, The Love Me Nots nous happe dès que "Walk around them", premier titre de l'album, entre en action et nous fait immédiatement part de ce dont il est question : des amplis à lampes, de la fumée au fond d'un bouge miteux, des lunettes noires, de la sueur, de la bière mais pas uniquement. Enième revival lambda, The Love Me Nots ? Pas si sûr...
Fabuleux agencement fait d'orgue vintage (mais jamais kitsch) mis en avant, d'une rythmique en béton, d'une guitare passant d'un registre psyché à un terrain corrosif et crasseux, le tout survolé par le chant de Nicole, autant emprunt de rock'n'roll que de soul et de blues, le quatuor nous fait remonter jusqu'aux glorieuses 60's tout en interceptant une foule d'éléments en route. Jim Diamond (The White Stripes, Detroit Cobras, Gore Gore Girls, ...) aux manettes a prodigué un son en adéquation totale avec ce Detroit, fumeux et fameux amalgame à la croisée du garage, surf-rock, (post-)punk et psychédélisme sans fioriture tout en étant gracieusement inspiré par la "musique noire" (soul et blues en tête). Et la force de The Love Me Nots est d'associer autant de "clichés" sans étioler son identité... Mieux, il les agrège pour en tirer une substance aussi prodigieuse que sauvage, diablement efficace. Chaque titre de Detroit est démoniaque, contient sa dose de nitroglycérine prête à détoner à chaque instant, tout simplement.
Les auto-proclamés initiateurs d'une sonorité "spy-surf-fuzz-gogo" peuvent être fier d'avoir monté ce projet et crier à qui veut l'entendre que le rock n'est décidemment pas prêt de crever.