Los Disidentes del Sucio Motel - Arcane Ils sont de retour, toujours hébergés par l'écurie Deadlight Entertainment mais également par le biais de leur propre "marque" : Hell Prod. Trois ans après l'excellent et sous excellente influence cinématographie (célébrant le culte de la série B sous toutes ses coutures) Soundtrack from the motion picture, la "fratrie" - aka la Maverick Family - la plus électrique de la scène stoner-rock francophone remet ça avec Arcane. Cette fois, le concept est moins affirmé (ça évoque vaguement l'occultisme et les croyances surnaturelles, d'où l'artwork plus "dark" que pour son prédécesseur) et le résultat envoie du groove par palettes, quelques wagonnets de riffs caniculaires à souhait comme une énorme dose de cool qui fait du bien par où ça passe.

Mais pas que. Car dans cet Arcane-là, il y a du feeling stoner diabolique, des incantations rythmiques effleurant les contours d'un doom aux volutes psychédéliques, du charisme vocal porteur de mélodies inflammables et, on l'a dit on le répète, de pleines cargaisons de riffs fuzz renvoyant à leurs chères études bon nombres de formations américaines (celles de chez Small Stone Records compris... à quelques exceptions près). On met de côté l'effet de surprise inhérent à l'excellence de la première œuvre qu'était à sa sortie Soundtrack from the motion picture et on déguste l'imparable "A.T.A.R.I" d'ouverture (merci la référence geek 80's), ses refrains taillés pour le live, ses climax solaires et sa densité instrumentale quasi idéale. Fatalement, en étant lancés de la sorte, ils ne pouvaient que continuer dans cette voie. Alors, il le font avec un "Lucky man" légèrement calibré "single" et qui laisse sa place au gros morceau qu'est le troisième titre de l'album.

Retour à l'atmosphère de série B horrifique pour un "Z" qui distribue les lignes de grattes assassines comme un certain joueur de foot au patronyme commençant lui aussi par un Z envoie les sacoches nettoyer les lucarnes adverses. Idée géniale : la bonne dose de gras qui appuie une mélodie terriblement vénéneuse et la laisser se développer d'elle-même au beau milieu du désert, non sans avoir au préalable absorbé quelques breuvages psychotropes dont une seul poignée de chamans locaux détient la recette secrète. Rock, stoner, psychédélique, le deuxième album des Los Disidentes Del Sucio Motel est tout cela... mais un peu plus aussi, car possédant sa propre identité artistique. A laquelle s'accroche le groupe pour balancer de petits hits en puissance (génial "Santa Muerte", le bandant "Mojo") ou pour se lâcher à provoquer les dieux du Rock majuscule dans un "Ouija" diabolique ou encore ce "Godfather" à l'indécente arrogance de patrons parfaitement assumée (comme les influences cinématographiques... une belle habitude décidément).

Quand vient l'heure de passer au dernier acte, les Maverick Bros lâchent tout ce qu'ils ont dans le futal en accélérant le rythme sur un "Deathproof" hargneux et viril ou en le ralentissant considérablement pour libérer son "Kraken" et de conclure en un ultime road-trip ("Journey") qui permet de se faire un avis définitif sur Arcane... qui n'est autre que l'album de la confirmation du plus gros talent de la scène stoner/rock hexagonale. Rien de moins.